Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

mardi 26 mai 2026

     Objet de mon étonnement constant et de mon admiration permanente, notre propension à happer toutes les modes qui passent continue à faire de moi un (néo) béotien béat, baba, babillant bêtement sur le sujet.

    En ai-je vu passer de ces passions passagères pour des objets qui, quelques mois plus tôt, fussent passés pour ridicules, grotesques, voire débiles : les scoubidous, les slinkys, les figurines Termitor, les crados, les pokémons, aujourd'hui les lapupus.

    Ne reculant devant aucun sacrifice, je me suis lancé dans une enquête sur cette peluche mystérieuse. Tout d'abord, un problème d'orthographe : j'ai pu lire labubu aussi bien que lapupu ; je n'entrerai pas dans une querelle byzantine mais cette graphie hésitante en dit long sur le caractère équivoque du lapupu... D'autre part, sans vouloir polémiquer (et encore moins Paul et Mickey) les couleurs sont d'un goût douteux, le visage n'est pas très sympa et le truc ressemble au fruit de l'accouplement d'un lapin perclus de myxomatose et d'un ours malais.

    Son prix, d'une vingtaine d'euros en général, varie avec la spéculation, les sujets les plus rares pouvant se négocier à 1500 euros. À ce tarif, je ne risque pas de mettre ma paluche sur la peluche.

    Rayon psychologie, cet objet transitionnel -qui connaît un réel succès chez des adultes- nous rappelle qu'une partie de l'humanité persiste dans une niaiserie qui confine à la bêtise et gageons que, l'IA aidant, les progrès de l'épidémie d'imbécillité seront fulgurants. 

    Sur ce, ne me remerciez pas d'avoir attiré votre attention sur cette information capitale : c'est cadeau.

 Ah, oui, mais alors... non !! 

dimanche 26 avril 2026

PROVERBES EN GOGUETTE, II

 De retour d'un séjour en Tunisie et fidèle à ma mission de sévice public, je vous administre une seconde série de pilules sentencieuses , d'apophtegmes vaseux ou dénaturés.

 

Plus merle est vieux, plus il tient à ses plumes.

Qui remue le fumier sent mauvais.

Jeune paresseux sera vieux nécessiteux.

Peine de gueux ne fait duc malheureux.

Même pot fêlé a son couvercle.

Jeunettes n'aiment pas novices mais vieillettes regrettent nos vices. 

Beau profit emplit la bourse, beau déduit la vide. (double sens total)

Ruisseau qui grossit vite, eaux boueuses...

Les puissants attrapent les scorpions avec la main d'autrui.

Calu ne pète que quand il tonne.

Il n'est d'escarpin qui finit savate. 

Habit du gueux a des trous, robe du riche a des taches.

Vieilles chattes aiment fromage frais.

Le gnon fait la force. 

lundi 30 mars 2026

AUTOPORTRAIT

Chers Nobés, quel bonheur de pouvoir contempler son insignifiance. Quand je vois ma tête dans le miroir et que, me rasant, bougon, j'aperçois les reliques d'un visage qui fut acceptable, j'ouvre une trappe sur un puits de réflexions. Une question, en particulier, me taraude : à quoi ressemblé-je à présent ? Et hier, alors que le rasoir éradiquait mes soies de sanglier cacochyme (ou de phacochère anonyme), il m'est venu une réponse...

    J'ai quelque chose du tardigrade, cet insecte ridicule d'un millimètre, d'une laideur presque sympathique, dit l'ourson d'eau ou le porcelet des mousses. Certes, il n'a pas les appas d'une K.K ou d'une B.B., mais il supporte des températures extrêmes, des radiations mille fois plus fortes que celles qui nous tuent ; en cela nous différons, peut-être, un petit peu, mais... il s'adapte aux milieux hostiles et, privé d'eau, il se réduit de 40%. Ça, c'est tout moi. 

    Enfin, et surtout, il excelle dans les préliminaires amoureux (je ne commente pas, ma modestie naturelle en souffrirait).

    Du coup, mon miroir m'a semblé bien plus sympathique, presque amical. 

  Ah, oui, mais alors... non !! 

mercredi 18 mars 2026

PROVERBES EN GOGUETTE

 Chers Nobés, 

    J'ai décidé d'être votre anxiolytique (pas jusqu'au somnifère, cependant) en vous offrant une brève liste de proverbes qui détourneront votre esprit de toute la chiasse médiatique qui s'abat sur nous. La majorité de ces formules est de moi : soit j'ai dénaturé un proverbe existant, soit j'en ai créé au moyen de ma petite cafetière cérébrale. Ci-dessous, par exemple, seuls six sont authentiques.

Proverbes en goguette va du côté de la braguette. 

Mouette en haut du mât, fiente bientôt sur toi.

L'admiration est la fille de l'ignorance.

On guerroie mieux de loin que de près.

Qui lave la tête d'un couillon est sûr de perdre son savon.

Mieux est d'arriver en retard que d'arriver en corbillard.

Qui se couche avec une chienne se réveille avec un collier.

Grosse panse peine à la danse.

Grand parleur, petit faiseur.

À la mort d'un imbécile les héritiers sont légions.

Qui mal embrasse mal éteint.

L'espérance est le pain des malheureux.

À la trogne on voit l'ivrogne.

Mal aux noix, hiver froid.

Qui fait la mouche craint les tapettes. 

 

     Ne me remerciez pas pour cette tranche de littérature, c'est du cent bourses déliées, à titre gras cieux, à discrets scions.

     Ah, oui, mais alors... non !! 

 

samedi 7 mars 2026

MAUX DE MOTS


     Chers Nobés, vous n'êtes pas sans connaître ma passion pour les oeuvres de la philosophe hypertétinoïdée qui porte le doux nom de Nabilla. Au point que j'ai adopté, pour conclure mes misérables billets d'humeur, son impérissable formule, cette pensée qui me rappelle irrésistiblement Montaigne dans ses meilleurs moments : Allo, non, mais allo quoi ! 

    J'ai pensé, dans mon cerveau que le temps rabougrit comme il dessèche le bout de gruyère abandonné sur son assiette aux caprices de l'air estival*, j'ai pensé, donc, à adopter une autre sentence comme point final de mes pitoyables productions : Ah, oui, mais alors...non !!

    Je sais, je n'arrive pas à la cheville de la penseuse mégamamélique mais, au moins, cette maxime sera nôtre.

    Puisque nous en sommes à parler de mots, permettez-moi d'épancher ma bile (ça coule comme le style, ô bile !) : je suis à cran à force d'entendre tant de mots maltraités, quand ils ne sont pas tartinés sur tranches de vide ou de prétention.

    Vous savez déjà tout le mal que je pense d'immersif ... À chaque fois que, tantôt, j'ouïs ces délits de langue**, cela me fit fulminer, bouillir, écumer, et aujourd'hui encore cela me tire l'ire (recyclage d'un de mes anciens jeu de mots). Quand je vois ce malheureux chafouin -dont j'avais appris, dans ma tendre jeunesse, qu'il synonymait avec rusé, sournois, voire cauteleux- affadi, réduit à un banal équivalent de contrarié... je monte sur mes grands poneys !

    Croyez-moi, la prochaine fois que j'entends au jour d'aujourd'hui... mais néanmoins...réserver à l'avance, je sors mon lance-pierre.

    Frères et soeurs néo-béotiens, révoltons-nous, ne laissons pas les néo-barbares martyriser notre langue ! 

Ah, oui, mais alors... non !! 

 

 *Je suis assez content de cette comparaison quasi poétique.

**J'admire ma contention face à un jeu de mots qui me faisait de l'oeil. 

jeudi 26 février 2026

L'OEIL D'ANTAN

     Chers Nobés, maintenant que j'ai précisé notre condition de néo-béotiens, il est temps de vous donner du foin, mes agneaux... du grain, mes poulets... des granulés, mes lapins, enfin, c'est comme vous voulez.

    Comme le verrat se vautre dans sa bauge (de soue, cochon, en quelque sorte) et comme Aliboron se gratte aux arbres,  je m'esbaudis de me plonger en un sujet qui fait l'unanimité bêlante des statisticiens. Pour moi, c'est la délicieuse occasion de titiller les tenants des imprécations suivantes : on ne fornique plus comme avant, ma bonne dame ; réarmez la France nom de Dieu (... l'Italie, l'Allemagne, le Japon...) ; lapinez fissa, nous sommes en danger d'extinction !!!

    Bien que nous voguions paisiblement vers dix milliards d'homoncules humanoïdes (je ne peux rien pour les malvoyants qui pensent lire "oh mon cul, l'hémorroïde"), il se trouve quelques penseurs notoires pour nous alerter sur la disparition à venir de la race humaine (les insectes, oiseaux et mammifères, c'est une autre chanson). À ce propos, je vous conseille La fin de l'humanité de Christian Godin, que j'ai eu le front de lire intégralement.

    Ah, les bélitres, les pense-menu, les dolichocéphales ! M'enfin, ils vivent sur la planète Mars, ou quoi* ? Le surtourisme -simple incidente de la surpopulation- explose, le jour du dépassement avance inexorablement chaque année**, le sommet de l'Everest est une décharge à ciel ouvert, la guerre de l'eau a commencé. L'impact des Terriens sur leur planète est terrifiant... et ils trouvent que nous ne sommes pas assez !

    Moi qui assume ma qualité d'obtus congénital, je pose une question : en quoi le fait d'avoir quadruplé la population de la Terre en cent ans (c'est à dire un souffle à l'échelle du monde) nous a rendus plus heureux et meilleurs ?

    Je suis un amoureux incorrigible des paysages naturels, humbles ou sublimes, et je peux vous dire que je pleure quand je regarde des photos anciennes, des toiles impressionnistes ou des tableaux des peintres provençaux du 19ème siècle. Les vallons bucoliques, les bois ponctuant des champs de blés, ont fait place aux grands ensembles, aux zones artisanales (zones d'activités, technopoles, gènopoles, métropoles, mégapoles, décapoles, et vas-y popol !), tout ce fatras de hangars que je considère comme une fulgurante cacoscopie -j'ai dû commettre un article sur ce sujet, mais je ne sais plus son titre.

    Et quand, au milieu des Tousalons, Mammouth, Buffalo Grill et autre Foirfouille, je découvre un fragment miraculé de ce qui fut une jolie campagne, j'essaie d'imaginer le paysage d'autrefois. Ah, le joli crève coeur ! Sans m'enlever les progrès de la médecine et du confort domestique, rendez-moi les paysages dont nous avons commis l'holocauste et que nous continuons à assassiner allègrement. Que nous puissions écrire comme Victor Hugo et Paul Arène...

    "Le golfe Juan est une petite baie mélancolique et charmante, abritée à l'est par le cap d'Antibes dont le phare et la vieille église font une assez belle masse à l'horizon, à l'ouest par le cap de la Croisette chargé à sa pointe d'une vieille forteresse écroulée qui se mêle aux rochers. Un demi-cercle de hautes croupes vertes entoure le golfe et le ferme aux vents de terre. Je me suis arrêté, et j'ai contemplé cette mer qui vient mourir doucement au fond de la baie sur un lit de sable au pied des oliviers et des mûriers..." Victor Hugo, Carnets de voyage

    "... Blanquet [l'âne de Jean-des-Figues], mis en joie par l'odeur du vert, était pour le moins aussi gai qu'au départ, en parcourant cette Ile-de-France si mouillée, et les mignons paysages des environs de Paris." Paul Arène, Jean-des-Figues 

    On croit rêver.

 

*...ou quoi ? J'ai l'impression d'écrire comme Nabilla, ma philosophe préférée. Allo! Non, mais allo, quoi !

**Au bout du dépassement, il y a l'effondrement : relire l'incontournable Les limites à la croissance de D. et D. Meadows.

 

 

 

 

mardi 17 février 2026

SPORTIVITE AIGUË

Chers Nobés, on ne peut pas me soupçonner de malveillance à l'encontre du sport.

 Jugez vous-mêmes : dans le ventre de ma mère je nageais comme un têtard ; à ma naissance j'étais déjà tout équipé de petites boules aux mollets et aux bras ; à un mois, à chaque pet, je contractais mes tablettes de chocolat. Dans ma petite enfance j'étais un zébulon, et depuis plus de soixante ans je m'esbats quasi quotidiennement. J'ai été deux fois dans les dix meilleurs nationaux d'un sport pour mecs sévèrement burnés. Alors, je peux me permettre de la ramener.  

    Trop c'est trop (je sais, c'est tropico, je dirais même anthopopico... ) : le sport, pratique hygiénique, espace de socialisation, spectacle, activité commerciale... soit. Mais pas cette inflation, cette hyperbolisation permanente, cette surenchère abêtissante (appétissante, non). J'ai atteint le point de non retour, la réplétion, la "stouffia" comme disent les Niçois. J'ai l'impression d'être un canard le dernier mois avant le marché au gras.

    Sur mon téléviseur je dispose d'une quarantaine de chaînes de sport en continu. Une vraie devanture de pâtisseries orientales : on n'a pas mangé qu'on a déjà les amygdales qui baignent. 

    Partout des émissions de commentaires sportifs à n'en plus finir, une forme de lobotomie existentielle. 

    Plus une épreuve en direct sans les cris et couinements de reporters en rut médiatique, à croire qu'ils se sont pris les génitoires dans la fermeture éclair.

    Plus une grande compétition sans record de médailles impératif, comme si gagner une épreuve prestigieuse équivalait à trouver le saint Graal. On regarde le tableau des médailles comme on éplucherait la liste des saints ou des prix Nobel.

    Et, histoire de toucher le fond, on fait une idole d'une personne qui tape dans un ballon ou une balle, peu importe qu'il puisse être un australopithèque, un salopard, un m'as-tu-vu, un autophile, un insupportable Narcisse. Je n'ai pas l'estime facile, encore moins l'admiration, alors la dévotion...

    Peu me chaut que Kylian Mbapé marque le but du siècle ou que Taylor Swift remue ses fesses et sa glotte sous mes yeux. Certes j'apprécie le beau geste, la belle plastique, la belle voix, mais de là à planter un poster dans ma chambre, bernique, palsembleu ! Dans mon bureau, je n'ai qu'une photo de vedette : il s'agit de Marguerite Yourcenar, à près de 80 balais. Je la regarde parfois avec la tendresse que j'accorde à l'intelligence sans chichis, que pimente l'amour de la Nature.  

    À propos de sport je ne résiste pas à l'envie de vous transmettre cette annonce qu'un algorithme sournois m'a adressée : "Aux hommes de 50 et + qui n'ont pas fait d'exercices depuis des années... le défi de Tai Chi sur chaise." Ah, mes agneaux, il ne faut pas m'envoyer ce genre de friandise : aussitôt ma petite cafetière cérébrale se met à bouillir. C'est le kaléidoscope cérébral... Venir me provoquer, alors que je vais commettre un de mes plus ignobles jeu de mots de la décennie (voir mon prochain article L'OEIL D'ANTAN). Je vous le dis, le Thaï chie sur sa chaise n'est pas pour moi, d'autant que la photo du monsieur assis en tailleur* sur son siège me rappelle cette publicité pour une crème hémorroïdaire dans laquelle un tabouret dansait. Personnellement, je me vois mal danser sur un tabouret, ou alors, après m'être consciencieusement soûlé, en quelque sorte danser en tas, bourré (en taboulé il faudrait déjà que j'en prenne de la graine, en tamouré il me manque le paréo en raphia).

    Chers Nobés, je ne veux pas épuiser votre patience mais, franchement...  Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*La posture, pas le vêtement. 

dimanche 8 février 2026

À NOBÉS ANOBLIS

     Chers lecteurs, permettez-moi de revenir sur la notion de Nobé, c'est-à-dire de néo-béotien, notion à la fois simple et subtile, un peu comme ces expressions rustiques mais ô combien lourdes de sens, comme je t'emm...., va te faire f....., tu me fais ch... et autres joyeusetés de la conversation matrimoniale musclée.

    Car, qu'est-ce qu'un nouveau béotien, ce que vous êtes puisque, par imprégnation mentalo*-visuelle, en parcourant mes lignes vous êtes forcément contaminés ,

    Le Nobé, c'est celui/celle qui assume la part de mauvaise foi, de jugements primaires et d'idées à la mords-moi le doigt inhérente à tout humain.

    Après tout, nous nous beurrons bien la tartine de ces beaux messieurs qui pontifient sur les ondes, bavassent sur nos écrans et se répandent sur le papier : cuistre qui brandit les mots nouveaux (dont beaucoup d'anglichonneries) comme les thuriféraires secouaient l'encens dans les cathédrales ; doctus cum libro, qui vous écrase de son savoir tout frais, lequel ne survivra pas à son prochain repas au resto du coin ; sapiens économicus, sorti bien calibré du moule, plus orthodoxe et mortellement ennuyeux qu'un témoin de Jéhovah qui a réussi à mettre son pied dans votre porte.

    Alors, pourquoi nous, Nobés, ne pourrions pas joindre nos petites vomissures verbales au Niagara de mots pour rien, de sentences prétentieuses, de gloubi-boulga logorrhéique ?

    Et si le coeur vous en dit, commentez mes éructations stylistiques ; j'en ferai mes délices. Par ailleurs, mes agneaux, répandez la bonne parole, recrutez les lecteurs : il serait tordant que Yadupéku? fasse autant de vues que K.K., Nab... ou T.Swift !!

  

 Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*C'eût été une menthe à la limonade j'aurais écrit diabolo-visuel... 

mercredi 4 février 2026

FAIBLESSE COUPABLE

           Chers Nobés*, 

 

    Voulant vérifier le pluriel d'orang-outan, je me suis -ah, le benêt- imprudemment aventuré sur le mur de nouvelles qui tapissait mon écran. Je plaide coupable : on recherche pour s'instruire et puis, dans un instant de faiblesse, on jette un oeil concupiscent sur l'innommable quotidien, le vomitorium informatique, le cloaca maxima planétaire.

    Las ! comme tout un chacun, je suis attiré par l'ignominie  ; ainsi, je vois les mâchoires du piège se refermer sur moi, animalcule pensant réduit à l'état d'oeil décérébré. Et que vois-je ? Une tartine d'âneries qui finiraient bien par me faire braire ; jugez-vous-mêmes de la saveur de cette mixture de publicités et d'infos...

    Etl'eaufraîche (à moins que ce ne soit Elle est fraîche -la tambouille- ou, peut-être, Hello Fresh ; désolé, je cite de mémoire), Etl'offrerêche, donc, dans le but de maigrir (de m'aigrir... je n'ai pas encore atteint ce stade de la mégalomanie), nous propose un colis-repas à 2,68€ ; je subodore un intermédiaire entre la gamelle du poilu et le brouet spartiate. J'en ai déjà l'eau à la bouche...

    Faut-il se mettre au Lüften, pratique allemande qui consiste à aérer sa maison toute l'année, plusieurs fois par jours ? Ah, mes agneaux, la bienfaisante caillette, quand le vent du nord vient animer un petit -20° dans la grisaille de la Ruhr. Je me vois bien, pratiquant l'hébertisme, en débardeur et short tuyau de poêle, face à la fenêtre grand ouverte...

    Trump (inépuisable) projette de construire un arc de triomphe...  le prochain coup, ce sera la pyramide, (vous l'avez senti venir, le calembour, "la pyramide pour la pire amibe", le monument au virus trumpien). Peut-être refaire la binette de la statue de la liberté à son image. Ce genre de nouvelle c'est comme manger du mou de veau très bien cuisiné : la première bouchée est délicieuse (ici, on rit) puis, au fur et à mesure qu'on mâche, la consistance bizarre écoeure vite (là, on rit jaune)...

    Graisse de ventre ? un truc pour la dissoudre...  Je sais ! Passer un an chez un ermite qui se nourrit de tisane de camomille et de graines de chia (comme je suis en période d'abstinence, je me refuse tout jeu de mots).

    Trou de mémoire ? Faites ce geste... Oui, je sais, je me frappe le front.

    Mal aux articulations ? Truc simple pour les soulager... Suicidez-vous ? 

    Froid polaire aux USA : les climatosceptiques se délectent. Titre accompagné de la photo d'un dangereux écoterroriste qui jogge en short par -25°... 

    Avant de rejoindre mon orang-outan et ses S bien placés, j'avale ma dernière bouchée de Blédine lobotomisante : Du burger de ragondin... Bientôt dans le colis à 2,68 € ?

 

   Allo! Non, mais allo, quoi !

 

* Pour les nouveaux venus sur le blog, les Nobés, dont je suis le président autoproclamé, sont les néo-béotiens, inscrits au Clunobé (club des nobés).

dimanche 25 janvier 2026

PILULE DU MATIN

    Chers Nobés, je vais être honnête : j'envie mon ancêtre Cro-Magnon. Certes, quand, le matin, il posait son pied, fourré de toison d'auroch, hors de la grotte, il pouvait mesurer les aléas de la vie préhistorique : la concurrence déloyale d'autres tribus de chasseurs-cueilleurs, le mètre cinquante de neige tombé dans la nuit, la raréfaction hivernale du gibier, Cro-Magnonne qui râlait devant le garde-manger bientôt vide...

    Mais, franchement, c'était le bon temps !

    Les primitifs les plus astucieux -ou les plus chanceux, vivaient dans une région tempérée et consacraient, selon les calculs du fameux ethnologue Marshall Sahlins, trois heures à la quête de nourriture alors qu'un smicard doit travailler deux heures et demie pour s'acheter une côte de boeuf et pas loin d'un mois s'il veut siroter un Château Margaux.

    Aujourd'hui ? Le matin, au bord du lit, en enfilant la charentaise (je ne tolèrerai aucun jeu de mots) les vicissitudes modernes s'abattent sur l'homme : dans la salle de bains, pas d'eau chaude (cumulus mort dans la nuit) ; dans les latrines, pas de PQ (et vous comprenez l'interrogation fondamentale de ce blog) ; dans la cuisine, plus de café, ou plus de confiture, ou plus de pain. C'est le début du calvaire, l'entame du golgotha, l'entrée du purgatoire, suivi du plat de résistance : la première douche de la matinée, l'aspersion médiatique. Télé, tablette, smartphone ou journal papier, pas une bonne nouvelle à se mettre sous la dent... La dernière turlupinerie du grand blond à la banane orange et au teint étrange (à moins que ce ne soit l'inverse) ; le dernier "running gag" du tsar kremlinois (qui est plus gremlins que kremlin's) : un éconduit qui trucide belle-maman (à la limite on comprend), femme, enfants, chien, voisins, facteur, avant de s'autocider ; un train qui déraille et qui ratatine x personnes ; un missile qui ne déraille pas et ratatine xxx personnes (pour le pays, vous avez l'embarras du choix) ; un fatigué du bulbe qui prédate sexuellement tout ce qui bouge ; une vague de licenciements dans le narcotrafic (signature de la lettre à l'aide d'un pistolet PSS2 -le silencieux au format de poche)...

    Il y a des matins où je me demande pourquoi je me réveille. Ah, sortir de ma hutte, aux pieds mes charentaises en peau de mammouth, avec, pour seule préoccupation, de trouver un peu de bois sec, quelques baies et un lagopède roupillant sous les saules !

    Ceci dit, finissons sur une note enjouée. Scrollant sans espoir de sourire, je suis tombé sur une photo de Veronika... Le vache des Alpes autrichiennes qui se gratte le dos avec un balai, comme une grande.

    L'homme s'avachit, la vache s'humanise. 

     

     Allo! Non, mais allo, quoi !

 

P.S. : pour ceux qui ont la charentaise morose, je conseille mon article du 7/4/2017. Marcel Prou(s)t. Ils ne seront pas déçus.

lundi 19 janvier 2026

JOURNAL D'UN PRISONNIER

     Mes chers Nobés, vous savez que je n'ai aucune propension à la satire, pas plus qu'à la raillerie ou à la dérision. Donc, je vais vous raconter une histoire édifiante dans un esprit dépourvu de fiel comme d'acidité.

    N'y voyez pas de similitude sarcastique avec le livre d'un certain N.S., dont quelques esprits pervers se sont gaussé comme quoi jouer les Hugo (Le dernier jour d'un condamné) quand on a passé quinze jours dans le carré VIP de la Santé, c'est un peu gonflé.

    Voici, mon journal d'un prisonnier... 

    "Un jour, dans une zone isolée d'un lieu public, un de mes amis, M.X, torturé par une envie de miction matutinale, se mit en quête d 'un lieu d'aisance, un goguenot quoi ! De nature timide, il en a recherché un sis dans un secteur discret, éloigné de toute foule. Quand ce fut chose faite, il s'empressa de vidanger ce que certains prennent pour des lanternes et, s'étant rembraillé, sa prostate satisfaite, il empoigna d'une main, douteuse sur le plan microbien mais virile, la poignée des latrines. 

    Las ! Sort funeste, scoumoune ignoble, injuste poisse, le coude métallique lui resta dans la main. Impuissant, il entendit l'autre moitié (celle qui commandait le pêne) tomber à l'extérieur. Impossible d'ouvrir la porte. Il leva les yeux : l'espace entre le haut du mur et le plafond était trop étroit pour pouvoir s'échapper. Il était prisonnier. Il appela, cria, tambourina, vitupéra, couina, feula : en vain. Quelle idée de venir se soulager dans la partie la plus déserte d'un espace très fréquenté ! 

    Il dut attendre plus d'une heure pour être désincarcéré, subissant, après les affres de l'emprisonnement, les ricanements mal contenus de ses sauveteurs." 

    Eh bien, croyez moi, mon ami X aurait eu de quoi écrire le journal d'un prisonnier, mais cédant à son tempérament pétri de modestie et d'humilité, il s'est contenté de me narrer sa mésaventure. Moi-même, je me sentirais bien d'en tirer un best-seller, comme l'illustre N.S., que j'intitulerais Deep inside the gogues.

     Allo! Non, mais allo, quoi !

lundi 12 janvier 2026

RETOUR D'ÂGE

     Chers Nobés, vous avez cru que j'avais cassé ma pipe, avalé mon extrait de naissance, passé l'arme à gauche. Que nenni ! Les termites de la vieillesse ont bien commencé à m'attaquer, mais elles n'en sont qu'à l'écorce. Et puis, que voulez-vous, je ne peux pas être au four et au moulin, en Auvergne en train de soigner des brebis, des radis et des taillis, et en Provence à tapoter sur un ordi mes ordinaires billevesées.

    Voilà, c'est dit. Maintenant, vous pouvez -légitimement- vous demander : pourquoi cette résurrection, cette réapparition, cette épiphanie (pour utiliser un mot à mode) ?

    Mais, mes agneaux, vous avez regardé par la fenêtre* ? Je n'arrive plus à compter sur mes doigts les timbrés au pouvoir, les grands projets délirants, les guerres hallucinantes. Certes, vous me direz que Cro-Magnon écrasait déjà la gueule de son voisin à coups de massue, mais c'était un gentil amateur, un bricoleur préhistorique, un pisse-menu de la violence délirante. 

    Si vous n'êtes pas éco-anxieux, ou anxieux tout court, ce monde est une merveilleuse source d'hilarité sarcastique et de poilades amères. L'humanité est trop généreuse avec nous ; c'est le festin, la régalade, la fête du slip sur la tête. Juste Trump... à lui seul, il enfonce le père Ubu, big brother, Caligula et Néron.

    Alors je vous le dis, chers Nobés, sucez l'os jusqu'à la moelle, faites vos choux gras des dérapages de nos autocrates, sirotez les nouvelles des furiosités diverses, de mon côté j'essaierai de trouver le temps pour quelques articles aussi agréables que le moustique de minuit qui vient vrombir près de vos esgourdes. En attendant, n'hésitez pas à remonter le cours de ce blog : vous y trouverez de vieux textes consacrés à Trump, Poutine et d'autres, qui aideront à votre édification.

 

*fenêtre médiatique, bien sûr. 

dimanche 13 avril 2025

JACK LONDON

 Comme tout le monde, j'ai connu la littérature de London par des ouvrages adaptés aux jeunes lecteurs, notamment Croc-Blanc.

    Devenu adulte, j'ai rencontré un auteur un peu différent en feuilletant Martin Eden et Les contes des mers du Sud, mais j'étais encore loin du compte. 

    Mon premier choc fut, vers la cinquantaine, la lecture de Le peuple des abîmes -traduit aussi par Le peuple d'en-bas-, une étude saisissante de la misère à Londres au début du XXème siècle. Rien, là, d'une plaisante aventure pour distraire le lecteur en herbe.

    Mon second choc, à plus de soixante ans, je l'ai éprouvé en dévorant les pages de Le talon de fer, ce qui a dissous à jamais, dans mon esprit, l'image d'un romancier pour enfants et adolescents. J'ai, d'ailleurs, conservé une citation de ce texte, que j'aimerais, aujourd'hui, appliquer à notre cher Mr. T., le Ubu contemporain, qui, en dépit de ses nombreuses faillites, s'érige en roi de la finance universelle.

    "En dehors du domaine commercial, ces gens-là sont stupides. Ils ne connaissent que les affaires. Ils ne comprennent ni le genre humain, ni le monde, et néanmoins ils se posent en arbitre du sort des millions d'affamés et de toutes les multitudes en bloc." Jack London, Le talon de fer

    Du coup, je me suis offert une relecture de L'appel de la forêt, dans une édition intégrale et j'y ai trouvé toute la dureté impitoyable de notre monde. Certes, c'est enrobé dans un récit d'aventure, mais sans concession quant à la cruauté humaine. 

    Il y a un malentendu à considérer Jack London comme un écrivain pour ado ; je me demande s'il n'existe pas la même confusion à propos de Robert Louis Stevenson.

jeudi 10 avril 2025

DÉLIRE BÉOTIEN

     Voilà quelques jours que je me disais "Pourquoi ne pas aborder un sujet consensuel ? Un de ces thèmes qui ne soulèvent ni polémiques, ni énervement..." Et puis, toc, ce matin j'ai trouvé la perle : le truc qui zénifie toute assemblée, qui fait descendre la paix dans les cœurs les plus enragés. Alors, chers Nobés, vous qui êtes de plus en plus nombreux (et je redoute le moment où je ferai de l'ombre à Taylor Swift), préparez vos mandibules de lecteurs, vos crocs de bibliophiles, car je vais vous parler de... démographie !

    En effet, en tant que béotien de première classe, je ne comprends pas cet acharnement reproductif, cette trouille de la dépopulation, cet affolement devant la dénatalité. Nous serions un million sur la planète, j'admettrais l'angoisse de la disparition, le genre de sentiment que l'on doit éprouver quand on est un orang outan, un tigre ou une truite dans la Seine. Mais 8 milliards ! C'est pas demain qu'on va risquer l'extinction ; et même si la population mondiale baissait, un p'tit coup dans les miches et on relance la machine, non ?

    Avec tout ça, il y en a qui ont peur qu'il y ait trop de noirs, trop de jaunes, trop de... vivement qu'on soit tous caca d'oie. Et puis, comme à la récré on se montrait nos biceps ou nos mollets, c'est à qui aura le plus gros populo, au moins plus que son voisin (histoire de pouvoir lui péter la gueule un des ces jours ?). Les Chinois se la jouaient avec leur milliard et voilà que les Indiens sont en train de les rattraper ; les gars, il ne faut pas se laisser faire. Amis de l'Empire du Milieu, réarmez le bazooka à spermatozoïdes et reprenez votre leadership.

    Blague à part, on nage en plein délire. Pour faire tourner la machine il faudrait se reproduire à couilles rabattues, au moins trois morveux, voire quatre, par famille. Dix, douze, quatorze milliards de Terriens, qu'importe. Allez, enfournez, entassez, construisez, lotissez, et, si vous avez le temps, lisez Les monades urbaines de Robert Silverberg.

    Hormis l'équilibre des organismes de retraite et le soutien de la consommation, je ne vois pas en quoi l'augmentation de la population est bénéfique. On me donne parfois l'argument des progrès scientifiques : le progrès en science n'a pas forcément besoin de nombre pour exister, mais plutôt de temps, de partage et de transmission. Enfin, je ne vois pas en quoi on est mieux à 20 000 plutôt qu'à dix dans une ville : que gagne-t-on à l'augmentation de la population -rêve de presque tous les maires- si ce n'est plus de circulation, moins de place, moins d'espaces verts et d'endroits charmants, moins de communication entre les gens ?

    Allez, amis Nobés, faites votre devoir séminal si vous ne voulez pas passer pour un vilain malthusien, un trique-menu, une petite bourse, un peine à jouir.  Et entonnez ce chant martial : "Aux dames citoyens, formez vos bandaisons, baisons, baisons, qu'un jet bien pur abreuve leurs sillons... " *

  Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Ce paragraphe est le résultat d'une crise de trumpite aigüe.

mardi 1 avril 2025

FÉMININ DE COURAGE

     Je n'idéalise pas les femmes ; j'en ai connu, j'en connais, des crétines, des tordues, des sadiques et des businesswomen sans pitié. Malgré tout, il est difficile d'ignorer que plus de 90 % de la criminalité est l'affaire des hommes ... que le monde, globalement mené par des hommes depuis des siècles, est un bordel sans nom... que les masculinistes se trompent quand ils pensent qu'ils ont le monopole de la force physique, de la lucidité politique et de l'aptitude scientifique.

    Un truc qui m'a toujours épaté, c'est le courage des femmes dans les conflits : quand elles s'exposent sciemment à l'arrestation, la prison, l'exécution. Sans compter le viol, dommage collatéral presque automatique (plus rare pour les hommes, encore que...).

    Alors aujourd'hui, moi qui n'arrive pas à cent folohoueurses, qui me bats l'œil d'influencer les achats de qui que ce soit, qui n'ai pas la moindre envie de balancer un selfie pour montrer que je suis un des plus musclés vieillards au monde, j'ai juste besoin de penser à trois femmes formidables...

 

Nargues Mohammadi (normalement, encore en vie) qui défie les théocrates iraniens.

Anna Politkovskaïa qui a défié Poutine, le psychotique.

Berta Caceres (honduras) qui a défié le pouvoir des écocidaires.

 

    Il est temps de trouver un synonyme féminin à courage ; bravoure n'est pas mal ; je préfèrerais force d'âme.

mercredi 12 mars 2025

MOTPHOBIE

     Après un billet dont j'assume la noirceur et le pessimisme, il est temps, chers Nobés, que je revienne à des préoccupations plus légères et que je laisse parler ma fibre d'obtus congénital, mon fond néandertalien, ma goguenardise de nouveau béotien.

    Car, enfin, il faut que j'expectore toute mon irritation quant à certains mots dont on nous rebat les esgourdes, à commencer par genré ! Genré, non genré, pas tout à fait genré, genré mais pas trop... Ça commence à me courir sur le haricot. Depuis ma naissance, je me balade avec mon petit costume trois pièces et je ne me suis jamais plaint à ma maman de ce choix que je n'ai pas fait ; et comme je suis un gentil garçon, je me réjouis de ce que les femmes, de leur côté, promènent des attributs particuliers, auxquels je voue une tendresse particulière. Tout le reste n'est que littérature.

    Réenchanter : celui-là, il me file des frissons dans les dents. Un sommet de niaiserie, de cuculerie pralinesque, souvent récupéré par les plus sordides propositions commerciales. Réenchanter le monde : après vingt siècles de guerre et tous leurs dommages collatéraux : bon courage !

    Tiens, je m'étais presque calmé, et puis voilà qu'un petit présentateur pommadé vient me susurrer, avec la bouche en cul de poule, un inclusif qui me tire l'ire* derechef. Ventre Saint-Gris, l'envie brutale de faire de la purée de cuistre, de la bouillie de trissotin, de la compote de cons !

    Un qui m'a amené au bord de l'explosion, c'est réensauvager : un brave nordique, végan pur et dur, prônait la disparition de la viande et des pâtures concomitantes. L'innocent : près des villes, ce serait la porte grande ouverte à l'urbanisation. Commencez, déjà, par laisser la vie sauvage tranquille.

    Moi qui aime me plonger dans le cœur des forêts auvergnates, rentrer jusqu'à la taille dans les rivières (sans bottes), on vient me provoquer, m'escarmoucher avec des spectacles et des expériences immersifs. Et les mecs, vingt ans de kayak en mer, je ne vous ai pas attendu pour m'immerger, mais pas dans une salle obscure ou avec un coach pour me tenir la main. Cornegidouille !

    Enfin, je vais abréger mon martyre avec, peut-être, le pire de tous : iconique. Et vas-y que je te vois des icônes partout ! Enlève le premier i, ça te fera du bien. Un chanteuse iconique, un(e) acteur(-trice) iconique, un sportif iconique ; enlève le i et met un m, ça me fera des vacances. Ironique, encore, ça passerait.            

   Non, j'ai beau chercher, je ne vois qu'une personnalité iconique -il faut dire qu'elle a deux sacrés jolis cônes- c'est Nab, ma philosophe préférée. Allo! Non, mais allo, quoi !


*Celui-là, déjà fait dans un vieil article de Yadupéku, ne m'a pas rapporté un kopek ! Si vous avez le goût de l'archéologie, vous pouvez toujours le chercher...

 

     

dimanche 9 mars 2025

JET D'HUMEUR NOIRE

     De tous les animaux, le plus indécrottable est l'homme. Aux bêtes, on peut apprendre à tempérer leur agressivité, à dominer leurs instincts, à faire société. L'homme ?

    Des saint laïcs, les plus fins moralistes, des philosophes lumineux, ont eu beau l'inciter à la bienveillance, l'équanimité et la modération, échec sur toute la ligne ! En dépit de vingt siècles de civilisation, de leçons historiques et de vertueuses pensées, ce sont toujours les mêmes violences, les mêmes accaparements, le même sadisme.

    Qu'importe que le viol et le meurtre soient perpétrés en toge, en armure ou en treillis, si la férocité imbécile demeure ! Car, comment appeler celui qui investit une fortune dans des outils de mort et refuse l'argent à la médecine ? Un idiot, un inconséquent, un aliéné ? 

    Malheureusement, c'est un genre d'homme éternel, dont chaque génération engendre sa portée, toujours bien trop nombreuse. Il est parfois considéré comme un héros -au moins au sens historique-, héros dont la légende n'est, sous le manteau de la fable, que ruines de peuples agressés, meurtres, exactions ou destructions. Cet homme, il s'appelle Gengis Khan ou Alexandre le Grand, Napoléon ou Hitler, Franco, Caucescu ou Pinochet, Staline ou Poutine, voire Trump... Tout à sa gloire, à ses rêves de grandeurs, il piétine et écrase, incapable de ressentir la douleur, la souffrance et le désespoir qu'il inflige aux autres.

    Où est l'intelligence de celui qui estropie sous les bombes, torture de façon organisée, viole parce qu'il a momentanément pouvoir sur l'autre ? On en préfèrerait presque l'IA -si elle n'est pas programmée par un des ces dangereux "humanistes"- ou on en viendrait à espérer une invasion d'extra-terrestres qui ratatineraient toutes les fientes humaines, souteneurs, dictateurs, narcotrafiquants, politiciens véreux, marchands de sommeil, prédateurs de tout poil...

    Autant rêver de l'arrivée de Jésus, en astronef, sur la place Saint-Pierre.

 

*Palmarès des trucideurs

Champion, avec félicitations du jury : Mao, 70 millions de morts 

Prix d'excellence : Gengis Khan, 40 millions

Prix d'honneur : Hitler, 25 millions

Premier accessit : Staline, 20 millions

Prix spécial du jury : Pol Pot, 2 millions (mais 1/4 de sa population). 

Prix d'encouragement : Napoléon, 2 millions.

Prix du meilleur espoir : Poutine.

 

jeudi 27 février 2025

PETIT PAPA NOËL

     Ah, mes agneaux, tout un chacun prétend ne pas croire au Père Noël, et pourtant... Des pernoëls, cela fait belle lurette qu'il en traîne, et pas en traîneau, dans la fourmilière démente qu'on appelle le monde ; des lustres qu'ils nous font prendre des vessies pour des lanternes, des corbeaux pour des ortolans, des œufs de lump pour du caviar, et qu'ils nous font étinceler leurs "joujoux par milliers". Tiens, le grand blond foutraque, l'agité du bocal, l'homme au hennin capillaire dit à coiffure papillon, c'est pas un beau pernoël, ça : ils avaient des paillettes dans les yeux, les amerlinches, quand il leur disait "je vais nettoyer tout ça, les métèques, les fonctionnaires, l'union européenne et tous les niaquoués de la planète". Et, cherry on the cookie, il leur a fait don du mot magique, de la parole ultime : le maga* !

    Ce nonobstant, soyons objectifs, on n'a pas attendu Mister T. pour gober à plein bec les billevesées, les charres et autres calembredaines. Je vous ai mis de côté trois petites friandises, chopées dans un livre de référence, le Dictionnaire du Diable, de Roland Villeneuve...

    Dans les années 50, Paul Decoray, un charlatan, créa un talisman, le pentacle sacré hindou, qui vous mettait à l'abri des coups du sort mais pas des aigrefins.

     En 1969, un mage, qui se baptisait Prophète du soleil, avait coutume, dans le jardin de la secte, de s'enfermer dans une tente avec une belle disciple, pour mettre à l'épreuve la force de sa vertu. Avant de procéder à ce test effrayant, il demandait aux autres membres de prier avec vigueur contre les démons qui viendraient interrompre son "commerce mystique". Hélas, à son corps défendant, il faisait subir les derniers outrages à la jeune personne, à "couilles rabattues", si vous me permettez l'expression. Après avoir cédé sans rémission au sortilège lubrique, il sortait de la tente et engueulait les disciples pour la mollesse de leurs prières...

    Autre pernoel cocasse, le Père Ginoux qui avait créé, dans les années 80, Le temple d'exorcisme. Il pouvait désenvouter le quidam pour 200 francs la consultation et, n'écoutant que son altruisme, il organisait des séances collectives pour lesquelles les malheureux maléficiés ne s'acquittaient que de 600 misérables francs !

 

Et vous me dites que le Père Noël n'existe pas... Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Make America great again.

mercredi 12 février 2025

SPÉCIAL CLUNOBÉ

     Chers membres du Clunobé,

     Je sais que vous êtes des érudits modestes, que sous votre carapace de citoyen bougon et rugueux, se cache un penseur subtil, amateur des belles lettres, c'est pourquoi je n'hésite pas, aujourd'hui, à "taper dans le haut niveau". Je pousserai même l'audace, le culot, voire le toupet, jusqu'à vous conseiller une lecture !

    L'envie de vous concocter cet article m'est venue comme pousse un bouton de fièvre sur la lèvre d'une jeune beauté. En fait, je lisais -à la fois ignominieux et concupiscent- Le banquet des Léopards du regretté Alphonse Boudard, auteur de quelques livres roboratifs, tels que La cerise, Le corbillard de Jules et, œuvre par laquelle je perdis ma virginité argotique, La métamorphose des cloportes (à moins que ce ne fût par Si "queue d'âne" m'était conté de Frédéric Dard).

     Alors que je tournais les pages d'un doigt ému et pudique, je suis tombé sur ces lignes :

 "Il aimait lui les femmes bien en chair... les grosses, comme Dédé Hardellet le poète. [...] Hardellet, on ne l'a jamais reconnu pour ce qu'il était, pour ce qu'il reste... Un écrivain infiniment précieux, un chercheur proustien du temps perdu... un ange fourchu du bizarre. Dans les belles lettres comme partout règne l'injustice la plus évidente. On adule plusieurs générations de pauvres plumitifs à l'écriture fade... faux penseurs, poètes pacotilles ! Certains, dès leur apparition, leur premier bout de texte. Un pâlichon roman gallimardien, toute la coterie, les affectés spécieux, les salons, les petites revues vous le proclament grand tauteur... celui qu'on attendait. Ça se discute plus ultérieur... c'est admis une fois pour toutes. Il peut pondre n'importe quel pensum, faribole... on étudie ses pauvres fientes en faculté, on ensnobe les garnements... on le traduit dans toutes les langues. Il est le messager de la France. D'autres pourront produire, pendant ce temps, des choses sublimes, des petits joyaux ciselés d'émotion, d'expérience, de goût... personne, mis à part quelques amateurs obscurs sans influence aucune, ne parle de leurs œuvres. Ce qu'il faut faire je crois, beaucoup de schproum, de salades, de proclamations, de scandale, un exercice pour lequel Hardellet n'était pas doué." 

    Je ne commenterai pas ce texte ; je me contenterai de vous conseiller la lecture de Irréfutable essai de successologie, de Lydie Salvayre. Elle m'a fait sourire plus d'une fois.

    Pour alléger cet article, permettez-moi, chers Nobés, de vous transmettre une nouvelle, que seul mon ignoble abandon de Yadupéku? ces dernières années m'a empêché de diffuser : il y a un peu plus de quatre ans, Gwyneth (à l'origine, je crus que c'était gouinette) Paltrow, l'actrice américaine, a commercialisé un parfum puis une bougie aux senteurs* de son vagin. La chandelle a connu un succès éclatant, même pour un prix oscillant entre 67 et 75 dollars. Brutale rupture de stock : j'eus une pensée émue pour cette courageuse personne qui dut pratiquer des milliers de fois l'inductio lucernae (enfin, je suppose).

  Allo! Non, mais allo, quoi !



*Senteurs définies comme "un mélange de pamplemousse acidulé, de néroli et de baies de cassis mûres mélangées avec du thé en poudre et des absolus de rose turque".

vendredi 7 février 2025

DÉGONFLER LE MELON

     Parmi les écrivains, il en est dont l'orgueil suinte par tous les pores de la peau ; ils commencent par avoir les chevilles qui gonflent, puis, la vanité suivant un mouvement ascendant, ils finissent par avoir le melon. Si l'on peut comprendre cette hypertrophie autophile chez des célébrités comme Philippe Sollers (Dieu ait son âme), on peut s'étonner de celle d'auteurs bien plus obscurs (j'en fus le témoin sidéré).

    S'ils ne sont pas affligés, comme certains de mes confrères et moi-même, d'une tendance féroce à l'autodérision, les infatués risquent un éclatement du bulbe, particulièrement dangereux pour leurs thuriféraires qui bourdonnent et volètent dans leur aura. Dans un esprit à la fois charitable et œcuménique, je leur propose trois remèdes pour éviter cette explosion cérébrale.

    1- Le passe-livre : j'en ai visité un, dernièrement, à Colmars-les-Alpes, fort bien fourni, cimetière des éléphants d'une autre époque. Les "gros vendeurs" d'hier gisaient, éparpillés sur le sol, mordant la poussière : les Troyat, Sabatier, Denuzière, Des Cars... Cet édicule bourré d'ouvrages m'est apparu comme une sorte de purgatoire, lieu transitoire avant la disparition dans les limbes.

    2- La librairie d'occasion : hormis quelques recoins où, comme la laisse de mer, des bouquins ont échoué, pêle-mêle, déjà empoussiérés, c'est un espace où les exemplaires sont à peu près rangés. Ici demeure un reste de dignité, mais les couvertures gercées et le papier jauni trahissent le début de la déchéance, la glissade initiale dans la pente fatale de l'oubli. 

    3- Le catalogue de dernière page d'un livre déjà daté : c'est peut-être l'expérience la plus radicale. Elle éradique toute illusion. J'ai parfois épluché ces listes de quelques pages, sans trouver auteur que je connusse, moi qui ai quelques connaissances en littérature. Cinquante, cent écrivains parfois, dont je n'avais pas lu une traître ligne : espoirs de leur éditeur, vedettes en devenir, aujourd'hui cadavres décomposés, victimes de la broyeuse temporelle.

    Alors, chers confrères, faites comme moi : cueillez dès à présent les roses du lectorat, avec simplicité et reconnaissance. Déjà heureux d'avoir procuré quelque plaisir à d'honnêtes gens. Dites-vous bien que dans cinquante ans, presque toutes les gloires seront parties en fumée, que les jeunes gens du futur se jetteront sur vos livres comme je me jette sur le chansons de Rina Ketty.

    Avant de laisser le dernier mot à ma philosophe préférée (qui restera, elle, ne serait-ce que pour ses pleins et ses déliés), permettez-moi, amis Nobés, de donner la parole à Céline : "Invoquer la postérité, c'est faire un discours aux asticots."

      Allo! Non, mais allo, quoi !