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mardi 17 février 2026

SPORTIVITE AIGUË

Chers Nobés, on ne peut pas me soupçonner de malveillance à l'encontre du sport.

 Jugez vous-mêmes : dans le ventre de ma mère je nageais comme un têtard ; à ma naissance j'étais déjà tout équipé de petites boules aux mollets et aux bras ; à un mois, à chaque pet, je contractais mes tablettes de chocolat. Dans ma petite enfance j'étais un zébulon, et depuis plus de soixante ans je m'esbats quasi quotidiennement. J'ai été deux fois dans les dix meilleurs nationaux d'un sport pour mecs sévèrement burnés. Alors, je me peux me permettre de la ramener.  

    Trop c'est trop (je sais, c'est tropico, je dirais même anthopopico... ) : le sport, pratique hygiénique, espace de socialisation, spectacle, activité commerciale... soit. Mais pas cette inflation, cette hyperbolisation permanente, cette surenchère abêtissante (appétissante, non). J'ai atteint le point de non retour, la réplétion, la "stouffia" comme disent les Niçois. J'ai l'impression d'être un canard le dernier mois avant le marché au gras.

    Sur mon téléviseur je dispose d'une quarantaine de chaînes de sport en continu. Une vraie devanture de pâtisseries orientales : on n'a pas mangé qu'on a déjà les amygdales qui baignent. 

    Partout des émissions de commentaires sportifs à n'en plus finir, une forme de lobotomie existentielle. 

    Plus une épreuve en direct sans les cris et couinements de reporters en rut médiatique, à croire qu'ils se sont pris les génitoires dans la fermeture éclair.

    Plus une grande compétition sans record de médailles impératif, comme si gagner une épreuve prestigieuse équivalait à trouver le saint Graal. On regarde le tableau des médailles comme on éplucherait la liste des saints ou des prix Nobel.

    Et, histoire de toucher le fond, on fait une idole d'une personne qui tape dans un ballon ou une balle, peu importe qu'il puisse être un australopithèque, un salopard, un m'as-tu-vu, un autophile, un insupportable Narcisse. Je n'ai pas l'estime facile, encore moins l'admiration, alors la dévotion...

    Peu me chaut que Kylian Mbapé marque le but du siècle ou que Taylor Swift remue ses fesses et sa glotte sous mes yeux. Certes j'apprécie le beau geste, la belle plastique, la belle voix, mais de là à planter un poster dans ma chambre, bernique, palsembleu ! Dans mon bureau, je n'ai qu'une photo de vedette : il s'agit de Marguerite Yourcenar, à près de 80 balais. Je la regarde parfois avec la tendresse que j'accorde à l'intelligence sans chichis, que pimente l'amour de la Nature.  

    À propos de sport je ne résiste pas à l'envie de vous transmettre cette annonce qu'un algorithme sournois m'a adressée : "Aux hommes de 50 et + qui n'ont pas fait d'exercices depuis des années... le défi de Tai Chi sur chaise." Ah, mes agneaux, il ne faut pas m'envoyer ce genre de friandise : aussitôt ma petite cafetière cérébrale se met à bouillir. C'est le kaléidoscope cérébral... Venir me provoquer, alors que je vais commettre un de mes plus ignobles jeu de mots de la décennie (voir mon prochain article L'OEIL D'ANTAN). Je vous le dis, le Thaï chie sur sa chaise n'est pas pour moi, d'autant que la photo du monsieur assis en tailleur* sur son siège me rappelle cette publicité pour une crème hémorroïdaire dans laquelle un tabouret dansait. Personnellement, je me vois mal danser sur un tabouret, ou alors, après m'être consciencieusement soûlé, en quelque sorte danser en tas, bourré (en taboulé il faudrait déjà que j'en prenne de la graine, en tamouré il me manque le paréo en raphia).

    Chers Nobés, je ne veux pas épuiser votre patience mais, franchement...  Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*La posture, pas le vêtement. 

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