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samedi 5 février 2022

DOCTEUR M.

     L'accorte Bahar Alvandorez me fait parvenir une double invite photographique, à laquelle je réponds par souci de courtoisie.

    Chère Bahar -si tel est bien votre prénom- vous me voyez impressionné, non par votre frais minois, mais par vos capacités anatomiques ; en effet, hormis une étudiante en Lettres (et non en Langues) que je connus dans ma jeunesse modérément dissolue, je n'avais jamais vu quelqu'un toucher le dessous de son menton avec sa langue. Je serais vous, je mettrais un frein à cette pratique avant une rupture du muscle stylo-glosse, par laquelle, maigre avantage, vous auriez la langue bien pendue. 

    Pour ce qui est de vos propositions, je me vois au regret de décliner, ayant ce qu'il faut à la maison ; si moult vous chaut, je vous conseille l'onanisme -et non le nanisme- qui est, du point de vue de l'orgasme, ce que le Margnat-Village fut au Morgon.

   

jeudi 4 février 2021

NOTULE

     Parfois la pensée atteint des abysses insondables. Je crois que j'ai visité un des ces abîmes dernièrement alors que, dérivant sur le net, l'oeil aussi frais qu'un merlan de huit jours,  je tombai sur ce nom : Robert Wadlow.

    Qui est ce Bob Wadlow ? Un sportif américain ? Un romancier britannique ? Un acteur australien ? Que nenni. Ce bon vieux Bob est l'homme le plus grand qui ait jamais existé sur Terre : 2,72 mètres pour 230 kgs ! Mazette, j'imagine le format de son lit et de son placard à chaussures...

    Bon, bon, bon... juste un mètre de plus que moi. Je l'aurais presque envié, si ce n'est que notre malheureux Bob, s'il avait de longs os, n'en a pas fait de vieux : 22 ans et couic ! Alors je vais me contenter de ma modeste altitude tout en regardant de haut le parfait oxymore de Bob, à savoir Chandra Bahadur Dangi, népalais (là, je réprime un jeu de mots) de 54,6 centimètres, qui m'inspire tout de go l'axiome suivant : si Chandra peut coucher aisément dans le lit de Bob, Bob ne peut pas coucher dans le lit Chandra.



jeudi 24 janvier 2019

BILLET DU RÉAC EN CHEF

    Protestations de gilets jaunes, de militants écolos, de femmes indignées... Comment peut-on être si aveugle à la perfection de ce monde ?
   "... nous mettons l'accent sur les questions environnementales..." a dit le président du forum de Davos : que vous faut-il de plus, vils sceptiques ? Et ne venez pas me chauffer les oreilles avec les 15 000 vols en jets privés nécessaires pour amener tous ces militants presque verts, ou les norias d'hélicoptères de l'aéroport vers le lieu de réunion, un joli bâtiment édifié pour la modique somme de 28 millions de francs suisses ! Dieu, comme le mauvais esprit sévit dans la patrie de Voltaire, alors qu'un Bolsonaro déclare que "l'environnement et les efforts de développement doivent avancer la main dans la main" ; on en verserait presque une petite larme.
    Certains vont jusqu'à se plaindre d'inégalités sociales : billevesées ! Quelle bassesse de s'indigner des démêlés d'une brave femme comme la veuve de M. Daniel Wildenstein (modeste marchand d'art) qui, quasi grugée de moult millions par ses beaux-fils indignes, a dû se résoudre à refuser un appartement de 500 m2 à Paris et une rente annuelle de 400 000 euros par an ; une aumône, une humiliation...

     Que reprocher à un monde où des chaînes de télévision nous offrent l'édifiant spectacle de jeunes béotiens qui étalent leurs pseudo amourettes équipés de sandales, short et débardeur, baisenville* en bandoulière, avec la pertinence d'un bidochon et le vocabulaire d'un australopithèque ? Le dernier raffinement de ce type d'émissions nous expose les affres prémaritales de couples anencéphales,  ô merveille ! Ne voilà-t-il pas un condensé de justesse psychologique et de subtilité sentimentale ?
    Que voulez-vous de plus ? JE VOUS LE DEMANDE. Un monde où les humains cultiveraient tous leur jardin et aimeraient les arbres ? Un monde où les richesses seraient réparties avec modération et  bienveillance ? Un monde où les émissions de téléréalité récompenseraient l'empathie, l'intelligence et les gestes environnementaux ? Foutaises. Vous ne méritez même pas un tweet de M. Trump...



*Réticule ridicule dans lequel ils transportent leur viatique.

Nota bene : Je ne peux plus rien pour ceux qui prendraient ce billet au premier degré. Pour les autres, une réflexion  : Quand j'entends parler de "théorie du ruissellement", je pense toujours à ce proverbe brésilien qui dit que "le jour où il pleuvra de la soupe, les riches auront des cuillers et les pauvres des fourchettes".

samedi 5 janvier 2019

PREMIERES BREVES

    Cinq janvier 2019 : il est temps que je fasse l'ouverture de la chasse... aux conneries terrestres, d'autant que la saison est prometteuse tant le gibier est abondant.


    Auchan va expérimenter un magasin sans caisses ni employés : à nous de soutenir cette courageuse innovation en en faisant le premier hypermarché sans clients. Quitte à ne plus avoir d'humains... autant aller au bout de la logique ultralibérale.

    Il y a quelques années je me suis fait remarquer -hélas si peu- en inventant le syndrome du dodo-nauru* ; je suis au regret de vous dire que ce qui pouvait passer pour une fantaisie intellectuelle est quotidiennement corroboré par l'actualité. Ainsi les Japonais nous fournissent deux exemples de notre propension à "dévorer" toutes les ressources de la planète : primo, ils s'apprêtent à repartir à la chasse à la baleine, vous savez ce gros machin qui se goinfre du krill dont on pourrait faire de la pâtée pour chien !  Deuxième exemple édifiant : à Tokyo un thon rouge vient d'être vendu à 10 000 euros le kilo (petit problème d'arithmétique amusante : soit un thon de 278 kilos vendu à dix mille euros le kg : combien le timbré qui l'a acheté a-t-il déboursé ?)**  Croyez-moi, si un jour on vend le dernier couple de thons aux enchères, l'argent coulera à flots et les acquéreurs ne se poseront pas la question de savoir s'il aurait mieux valu les faire se reproduire.

    Enfin, je ne peux terminer cette première parution sans vous parler de la dernière facétie de M. Ribéry, footballeur professionnel de son état. L'évènement se déroule à Dubaï, lieu où règne le sens de la mesure et l'amour de l'écologie (malgré une température moyenne de 27° et une quasi absence de pluie, on y trouve une piste de ski et plusieurs golfs !). En ce lieu, donc, notre quidam a bouloté une entrecôte couverte d'or pour la modique somme de 1200 euros. Dire que ces braves gilets jaunes se battent pour un meilleur pouvoir d'achat : je vous le dis, les gars, allez à Dubaï et vous vous taperez des beurgueurs à huit carats !

*Pour vous rafraichir la mémoire tapez cette expression sur votre moteur de recherche.
**Et oui, 2,7 millions d'euros ; ça va faire cher le sashimi.

dimanche 13 mai 2018

REMARQUE


   1° J'effectue ma dernière correction après la publication du billet ; les petits futés qui aspirent l'article à parution ont donc une version avec fautes éventuelles.
   2° Par solidarité avec les cheminots je ne vais pas en faire une rame pendant un mois, alors n'attendez pas mes papiers (rame, papier... très fin !)

lundi 7 mai 2018

SANS TERRES PARCS

    Jusqu'à ce que mon articulation devienne déficiente, je ne cesserai de répéter qu'un de nos plus gros problèmes c'est notre conception faussée du monde, plus précisément de notre environnement. En même temps que nous détruisons la Nature si elle constitue un gisement de ressources ou d'espaces à bâtir, nous l'idéalisons à travers une imagerie presque naïve, dans des films ou dans des mises en scène touristiques.
    La concrétisation la plus représentative de notre incompréhension est concentrée dans le phénomène du Center parc. Outre l'anglichonnerie de rigueur, il est remarquable de constater que, sous une sorte de bulle, nous nous délectons d'une nature artificielle et aseptisée.
    Pour moi la nature ce sont des odeurs, suaves comme violentes, des moments contrastés en lumière, en température et en climat, des visions d'une incroyable douceur autant que des instants d'une grande brutalité.
    La nature sous cloche c'est comme la poésie chez Disneyland et la cuisine des viandes chez Maqueued'os : une fois, ça va, mais au quotidien je préfère consommer les produits d'origine.
    Des Centre parcs en ville -ou tout près- pourquoi pas, mais en pleine nature, non ! Lâchez-nous la grappe et laissez-nous renifler nos fleurs des champs...

vendredi 20 avril 2018

MÉDITATION OU IRRITATION

    Tous les matins je me le répète : n'ouvre pas ta radio ! Médite, assis en tailleur, dans les parfums d'encens et la musique de Ravi Shankar, plutôt que d'avaler, avec ton bol de thé, un saladier de nouvelles irritantes. Mais, bernique ! Mon doigt refuse de m'obéir et appuie sur la touche, libérant l'acide médiatique.
    Ce matin, je fus promptement puni de ma faiblesse et atteint de plein fouet par deux brèves à caractère irritant. Occasion de savourer toute l'amertume de mon énervement.
    Première pastille anti-calme : l'annonce d'une fédération française de foot virtuel : encore des gonzes qui vont demander à figurer aux jeux olympiques ! Déjà que -quoique pétanqueur occasionnel- je vois mal ce que vont faire les boulistes au milieu des décathloniens ou des kayakistes, alors les rois du pouce en folie...
    Deuxième pastille : TF1 demande à pouvoir diffuser trois coupures publicitaires pendant les films, au lieu de deux. Prêtez-moi une masse d'arme, un bazooka, une bombe à neutrons, que je taille en pièces toute cette valetaille mercantile, ventre-saint-gris ! Une coupure c'est insupportable, alors trois, c'est massacre à la tronçonneuse, charcutage cathodique, carpaccio de films et longs métrages en chiffonnade.
    J'ai la faiblesse de penser qu'un des plaisirs du film (ou du livre) c'est l'immersion : or une pub vous arrache la tête de l'eau au moment où vous contemplez les algues et les poissons. Même pour ceux qui enregistrent les films, le seul fait de devoir zapper est déjà un arrachement à la plongée douillette dans l'espace sidéral du cinéma.
    Dès demain, j'irai porter un cierge à Sainte Rita pour qu'on ne touche pas à notre télé du service public, dernier refuge gratuit de la diffusion sans rondelles.

jeudi 19 avril 2018

EXCÈS DE VITESSE

      Je viens de réaliser avec stupeur que je ponds mes infamies littéraires depuis plus de quatre ans : le premier article de ce blog date du 27 avril 2014 ! Comme quoi, on peut durer dans l'humour besogneux et la philosophie de pilier de bar...
    Pour fêter dignement cette performance inespérée, je me dois de vous asséner une de ces turlupinades intellectuelles qui laisseraient pantois les Finkielkraut et autres Onfray (d'ailleurs Onfray pas mieux).

    Quel germe diabolique a-t-il atteint les hommes dans le courant du 19ème siècle ?
     Celui de la vitesse, qui s'est porté instantanément au cerveau. Et, depuis lors, cette maladie mentale -que j'appellerai dromomanie- n'a cessé d'empirer ; elle pousse l'individu à tout évaluer selon le filtre de la vitesse et engendre chez lui une horreur de la lenteur. Des mots tels qu'attente, délai, patience, provoquent chez le malade des horripilations, allant même jusqu'aux convulsions.
    La vitesse étant addictive, le sujet atteint est en demande constante de nouveaux gains de temps et son affection finit par gangrener tous les aspects de sa vie. 
    Les transports, par exemple : dans le années 60 la dauphine de mon grand-père nous emmenait de Nice à l'Auvergne en deux jours ; aujourd'hui une grosse matinée suffit et nous avons l'impression de nous traîner. D'aucuns rêvent d'un train en tunnel sous vide (une sorte de suppositoire ferroviaire) qui mettrait Paris à moins d'une heure de Bayonne. Il s'appelle Hyperloop et s'il peut remplacer l'avion je suis preneur : ceci dit, mettre deux ou trois heures pour aller au bout du monde et constater que toutes les villes se ressemblent ou que les Chinois portent des Nike et du Tacchini, bof !
    Dans l'industrie, les robots finiront par permettre de produire nuit et jour, dimanche et férié pendant que nous regarderons d'un oeil attendri l'artisan qui confectionnera notre chaussure inusable et ressemelable à vie, en plusieurs heures.
    Dans le sport, on trouve une forme particulière de dromomanie : la recordite aigüe. S'il ne veut pas passer pour un ringard, l'athlète victorieux se doit de pulvériser les chronos, le nombre de victoires ou de titres. Ne parlons pas de ceux qui ont le mauvais goût de terminer quatrième ou cinquième d'une compétition mondiale : pour garder un semblant de dignité, ils devraient se faire hara-kiri sur le champ, ou sur la piste, ou sur le stade !
    Dans la communication le règne de la vitesse est absolu : tout ce qui la ralentit provoque des réactions hystériques ou violentes. Dire qu'à une époque Monsieur de la Popelinière s'esbaudissait de recevoir un pli contenant information en huit jours ; aujourd'hui, une minute et son descendant, le doigt sur sa tablette, atteint le seuil de l'intolérable.
    Quelle est la morale de l'histoire ? Bien que quelques trublions isolés fassent l'éloge de la lenteur, gageons que nous pousserons la dromomanie jusqu'à son point ultime, jusqu'au stade où nous irons tellement vite que tous les objets deviendront invisibles pour l'oeil humain. Il ne nous restera plus, alors, qu'à nous diluer dans l'espace-temps et à laisser les fourmis prendre en main le destin de la Terre.


lundi 16 avril 2018

DEUX PÉTALES D'AVRIL


   C'est fou comme mon bol de thé m'ouvre des mondes chaque matin : il suffit que je le contemple, comme un puits sans fond, et les idées viennent éclater comme des bulles à la surface d'un étang.

    Aujourd'hui, allez savoir pourquoi, j'ai pensé à mon nom ? Ce prénom et ce patronyme qui me définissent, que je n'ai pas choisis mais qui me font l'usage d'un bon vieux tricot, finalement à ma taille, rassurants et confortables.
     Si j'ai un reproche à faire à ce daniel et à ce mathieu c'est plutôt à propos des livres : déjà, se faire un nom dans la littérature est à peu près aussi facile que monter au sommet de l'Everest en tongs, mais s'y présenter sous celui de Daniel Mathieu... Qu'est-ce que je reproche à ces deux mots ? Il leur manque le petit éclat qui attire le chaland-lecteur. Je me fusse appelé Daniel Blas de Roblès ou Daniel d'Ormesson qu'une petite paillette de noblesse m'aurait fait scintiller. Et si j'étais né Daniel Chandernagor ou Daniel Houellebecq, j'aurais promené avec moi un léger halo exotique.
    Certes, je pourrais opter pour une version anglo-saxonne, mais je crains que le pseudonymat soit un peu comme un exil de soi-même. Dan Matthews, pourtant, est assez tentant...
    Après tout, qu'importe le nom con pourvu qu'on ait livre, Hesse*.

    Il arrive parfois qu'une photo me tire l'ire** : au petit déjeuner, bouffée de contrariété en regardant le dessin du projet Europacity. Au nord de Paris, sur 280 hectares de terre à blé, le groupe Auchan et un malin Chinois, veulent édifier un méga centre commercial et de loisir : tout ce que j'aime. J'aurais bien des arguments mais je voudrais rester calme ; il vous faudra donc attendre la sortie de mon livre L'écologie décomplexée pour les connaître.
 


*J'ai bien le droit de m'adresser à un autre auteur ! Herman Hesse, un très grand du 20ème siècle : essayez Le loup des steppes ou Narcisse et Golmund.
*Comme on dit à la Caisse d'épargne.


   

mercredi 4 avril 2018

CONJUGAL EXTRA OU EXTRA-CONJUGAL

    Je préfère passer pour un père la pudeur, un prude sexagénaire, que cautionner un mode de comportement qui allie le cynisme à la vénalité. Certaines de mes connaissances s'étonneront : quoi, toi, au verbe gaillard et à la langue verte, toi, amateur de littérature libertine (du 18ème siècle principalement), de plastique féminine et de déduit amoureux, tu voudrais t'ériger en censeur des légèretés d'autrui ?
    Comprenez moi bien, je ne renie pas mes gentilles débauches, ni ma gynéphilie compulsive et encore moins mes fantasmes coquins, mais j'ai du mal à digérer deux pilules en matière d'érotiquerie : primo, le faux-culisme, la tartufferie, vous savez... bigot par devant et forniqueur par derrière (le moindre jeu de mots serait involontaire) ; secundo, toute forme de tromperie sur les sentiments.
    A ce stade de mon article vous pouvez légitimement vous demander où je veux en venir, et quelle est la cause de mon ire : en fait, tout à commencé par la vision, dans le métro, d'un affiche XXXL vantant les services d'un officine qui se targue d'organiser vos rencontres extra-conjugales. En fait, elle incitait le quidam -mâle ou femelle- à aller butiner d'autres calices que domestiques : que cela existe ne me hérisse pas les poils du dos et que cela se pratique, guère plus. C'est plutôt l'invitation à le faire sur le mode d'un innocent divertissement qui me turlupine. Beaucoup d'entre nous ont juré devant le maire et (ou) le curé fidélité à leur conjoint(e) : à moins de considérer que le respect d'une parole donnée ne vaut pas tripette, il est difficile de considérer l'incitation affichée à la tromperie comme un progrès de la civilisation ou un simple raffinement culturel.
    Je ne jetterai pas la première pierre à celui qui n'a pas su rester de marbre devant la tentation du fruit vicinal -nul n'est à l'abri- mais ça me défrise qu'on m'y pousse, qui plus est pour des raisons bassement commerciales. De là à nous laisser entendre que la fidélité dans le couple est démodée... Et la confiance, alors ?
    Par les testicules de Bélzébuth, que la chaude lance me titille si je n'abhorre les pisse-froid, les trique-menu et les coincés du radada, toutefois, ce n'est pas une raison pour oublier le sentiment et la dignité, verge de bouc* !


* Les lecteurs de mes romans auront reconnu l'un des jurons préférés de Grattedevant.

vendredi 16 mars 2018

ENNUI MONDIALISÉ

   En regardant le film Taxi Téhéran, tourné en totalité de l'intérieur d'une voiture,  j'ai pu vérifier à quel point les villes modernes se ressemblent. Le bâtiments iraniens sont les clones des bâtiments de Puteaux ! Si l'on excepte les centres anciens et quelques réussites contemporaines (en général des commandes publiques à de grands architectes) le tout-venant de nos cités est à pleurer de banalité.
    On en viendrait presque à envier le voyageur du 19ème siècle qui pouvait à coup sûr identifier, sur une photo, un lieu à ses constructions : ici Istanbul, là Pékin, Téhéran, Cologne. Encore un demi-siècle et les urbanistes auront laminé la diversité.
    Terrorisée par l'idée de n'être pas "moderne" l'architecture à totalement évacué les notions de pittoresque, de fantaisie. La pire insulte serait l'adjectif décoratif ! Au nom de cet hygiénisme, on reproduit à l'infini les formes massives et anguleuses héritées du Bauhaus, dans lesquelles l'imagination est plus une affaire de technologie que de poésie.
    En vertu de cette architecture répétitive, pire que tous les académismes, nous pourrons, de plus en plus, arpenter le monde et retrouver partout les mêmes immeubles, les mêmes aménagements. Dans la perspective d'un insondable ennui, nous cesserons de voyager et nous battrons comme des chiffonniers pour acquérir, dans les communes épargnées, les anciennes demeures d'humbles gens ; tous les lieux où des matériaux primitifs, des irrégularités dans les finitions ou des originalités d'aménagement, rendent le séjour délicieux.
   Quoiqu'en eût dit Le Corbusier, le béton est une matière triste. On sait aujourd'hui qu'il est très énergivore et dévorateur de ressources qui s'épuisent, le sable en particulier.
    Alors, prions pour que les immeubles en bois qui s'édifient ici et là fassent leurs preuves. Par exemple la tour Hypérion de Jean-Paul Viguier, à Bordeaux.

dimanche 11 mars 2018

DE L'AMOUR CORDONNIER

    J'ai un avantage sur les philosophes, c'est que je peux écrire des conneries sans culpabiliser. C'est pourquoi vous n'allez pas échapper à ma pensée dominicale, si vous avez eu l'imprudence d'ouvrir ce blog.

    Le bon couple c'est comme une paire de chaussures : deux sujets presque identiques quoique différents dans la forme. Pour l'un la concavité à droite, pour l'autre à gauche. Si on les inverse il devient impossible de marcher. A moins d'une maladresse, elles s'usent à la même vitesse ; si l'une des deux veut s'apparier avec une autre godasse, ça fait mal aux pieds, parfois même mal aux seins !
    Comme dit le proverbe, on trouve toujours "chaussure à son pied" qu'on soit escarpin de Louboutin ou savate de souillon. Le couple est souvent la meilleure façon de marcher sur le chemin de l'existence ; avancer seul c'est aller à cloche-pied, même s'il y a des sandales solitaires qui vont gentiment leur train.
    Et puis, si vous vivez avec la pompe qui vous correspond vous êtes assurés de prendre votre pied...

jeudi 8 mars 2018

LUDONYME

    Ce matin, instruit radiophoniquement de la journée des droits de la Femme, j'ai manifesté ma solidarité avec la gent charmante en passant l'aspirateur. Ce midi j'ai fait la vaisselle. Ce soir, rien ne s'oppose au sexe avec le sexe opposé...

    Crâne, carne, rance, nacre, caner, narce, voire écran : c'est fou ce que l'on peut faire avec cinq lettres ! La langue française est un trésor inépuisable où il n'y a qu'à puiser les jeux de mots. Par exemple, le hareng gai, poisson qui n'a plus ni oeufs, ni laitance ; quand on connaît les sens du mot hareng en argot... Et ne parlons pas de hareng gay !
    Autre merveille : à Péronne vivent les Péronnais. Un footballeur aussi violemment taclé que blessé nous permettrait ce ludonyme : à la sortie de l'hôpital, on a adressé une facture au Péronnais pour sa fracture au péroné !
    Certes, tout cela est affligeant, mais moins que la tête de Trump à la télévision, l'homme qui a le mérite de déboulonner le mythe du superhéros entrepreneurial. Comme président, je préfèrerais un vrai comique, comme l'acteur Beppe Grillo ou, encore mieux, un écrivain comme Vaclav Havel.
   

    

lundi 5 mars 2018

VOUS BOIREZ BIEN UN P'TIT COUP ?

     J'ai ma littérature à moi, et ma façon de classer les auteurs : dans ma bibliothèque-cave, les livres sont autant de bouteilles et ouvrir un bouquin c'est comme déboucher un vin.
    Il y a les écrivains champagne : c'est léger, souple et pétillant. Une flûte de Cocteau ou de d'Ormesson, ça ne se refuse pas !
    Il y a les écrivains bons crus de terroir : une belle fiasque de Vincenot ou de Pourrat, aux saveurs boisées, vous met sur la langue le souvenir des lieux sauvages.
    Il y a les écrivains AOC : on sait ce qu'on boit. Cela a de la cuisse et du bouquet, jamais en perte de qualité. Ne pas se refuser un godet de Marcel Aymé, de Colette ou de Modiano.
    Il y a les écrivains piquettes : on voit un échantillon qui traîne, on le débouche et toc ! Dévastation du palais, destop dans la tuyauterie intime. On ne cherche même pas à lire le nom sur l'étiquette...
    Il y a les écrivains Kiravi* : c'est du pinard sous plastique, ça désoiffe sur le coup mais ça manque de caractère. On en boit toujours trop, mais on y revient : pour les uns c'est du Harlequin, pour d'autres du Série noire, etc.
    Il y a les écrivains vieux cognac (armagnac ou calva, je ne suis pas sexiste) : ça tient longtemps en bouche avec des parfums de violettes et de fruits buissonniers. Impossible de se lasser de déguster un ballon de Montaigne, de Diderot, de Flaubert, de Hesse ou de Camus.
    En ce qui concerne les vins trop jeunes, laissons-les mûrir en cave. Le temps fera son oeuvre.

* Ou Margnat Village, si vous préférez, et toute autre bibine d'antan.

mercredi 3 janvier 2018

LA PÊCHE AU CON

    Comme beaucoup de vilains garnements alermondialistes je scrute avec attention la décision de l'Europe quant à la pratique de la pêche électrique en mer...
    Le pillage par les chaluts géants étant lucratif, mais pas encore assez, cette technique a été testée disons... généreusement par des flottes d'Europe du Nord. D'ici la fin de ce mois de janvier nous saurons si elle est autorisée officiellement.
    Pour ma part, j'aimerais contribuer à l'effort de réflexion des instances européennes. En leur proposant d'autres types de pêche tout aussi efficaces, dans le désordre : on pourrait promener des mégapompes dans les océans pour aspirer tout ce qui y traîne, poissons, plancton, algues et crustacés, enfin tout ce qui fait qu'un homme normal n'a pas envie de s'y baigner.
    On pourrait également verser des citernes d'anesthésiant dans l'eau ce qui permettrait d'éponger les excédents des entreprises chimiques, assurerait des pêches fructueuses et, une fois les mers vidées, de les utiliser comme une sorte de gigantesque pisciculture.
    On pourrait enfin inventer un appeau à poissons, lequel, comme le sifflet avec les canards, convoquerait à notre gré bars, daurades et turbots, ce qui permettrait de congédier le menu fretin, lequel serait prié de repasser à sa maturité.
    Cette dernière technique a ma faveur parce qu'elle cueille la ressource dans la douceur.
    Ceci dit, nous pourrions capturer une autre espèce à l'électricité : je propose la pêche au con. Tous ces beaux poissons à cravate qui considèrent que les mers sont surpeuplées (ils ne doivent pas lire souvent les rapports sur l'état des stocks) qu'une petite décharge de 40 volts aiderait à visualiser les effets de l'électropêche... Malheureusement, comme leur viande est vite avariée, on ne peut envisager de la commercialiser. La pêche au con ne doit donc rester qu'un "loisir sportif". Le con blanc pourra être pêché sans quotas ; le con rouge, de plus en plus rare dans nos mers européennes, sera traité avec parcimonie. Avis aux gastronomes : le filet de con étant un peu sec, il est bon de le faire tremper dans l'oseille avant de le cuisiner.

samedi 9 décembre 2017

RIP

    Johnny s'en est allé. C'est notre lot à tous. Depuis que ses albums étaient moins rock je le suivais de loin. Je reconnais sa puissance vocale et sa présence scénique exceptionnelles ; je comprends qu'on éprouve admiration et sympathie pour lui, mais l'idolâtrie c'est un truc qui m'échappe. En revanche, j'ai trouvé le petit mot de sa femme très touchant.
    Regrets de voir parti Jean d'Ormesson. Je n'ai lu aucun de ses livres, je n'avais pas les mêmes goûts politiques, mais j'admirais sa culture et son sens de la répartie. Il a longtemps fait mes délices, le vendredi soir, quand, sur France Inter, il se mesurait à Roland Leroy, le communiste. D'Ormesson ? Ce qu'on appelait autrefois un bel esprit ; peut-être une race en voie d'extinction...
    Je déplore qu'on ait si peu parlé de la disparition du professeur Cabrol, il y a cinq mois. Il a plus fait pour la survie de ses contemporains que les millionnaires du ballon rond dont on nous rebat les oreilles (sauf sur France Culture, Dieu merci).
    Ma plus grande tristesse de cette dernière quinzaine, c'est le décès de Daniel, un ami simple et rayonnant, qu'on ne pouvait pas ne pas aimer. Ses funérailles n'étaient pas nationales mais ses amis nombreux, et navrés. La gentille Louise ne méritait pas cela. Dire que la dernière fois que je l'ai croisé, j'ai failli ne pas m'arrêter, pris en vélo dans un flot de voitures ; nous avons échangé quelques mots, une brève étreinte. C'était quasiment hier. Il nous manque déjà.

vendredi 17 novembre 2017

LES VOMIS DE LA SEMAINE

    Chers petits vampires lecteurs, je m'essaie à un retour timide au blog avec une rubrique sur mes exécrations...
    Tout un chacun étalant ses états d'âme dans tous les médias complaisants, je ne vois pas pourquoi je n'irais pas de mes petits écoeurements, de mes modestes dégoûts ou de mes révulsions intimes.
    Je parlerais bien de la COP 23 mais je garde cela pour un futur renvoi aigre.

    Gerbe d'or
J'apprends aujourd'hui la mort, à 87 ans, du parrain italien Toto Riina qui, avant d'aller pourrir en prison -il y a quand même une justice- a empoisonné la vie de bien de ses contemporains ; à entendre cette nouvelle je repense à ce brave Pinochet qui décéda à 90 ans dont son lit... Comme quoi le service de ramassage des ordures ne fonctionne pas si bien.
    Gerbe d'argent
450 millions de dollars pour un Vinci... Un million d'euros étant déjà -pour moi- un objet virtuel, comment pourrais-je réaliser qu'on puisse soustraire de son pécule personnel une telle somme ? En tous cas, je constate que la répartition des richesses ne cesse de s'améliorer en ce siècle d'émancipation et de progrès.
    Gerbe de bronze
Une information m'avait échappé : la plus grande ferme du monde, en février 2017, était située en Arabie Saoudite (cherchez l'erreur) et non en Chine, comme je le pensais, béotien que je suis. Amalrai : 93711 vaches, 2750 employés, 1,2 milliard de litres par an du nectar blanc... Devant ce tsunami de lait on rendrait volontiers gorge, estomac et boyaux ! Je ne sais pas pourquoi, j'ai tout à coup envie d'un bon verre d'armagnac.

    

dimanche 4 juin 2017

ET SI J'ARRÊTAIS ?

    Chers petits vampires lecteurs, voilà presque deux mois que je me tâte pour savoir si je continue ce blog ou si je le voue dès maintenant à l'oubli, ne faisant qu'anticiper sur son destin inéluctable. Finalement, je vais le laisser vivoter, et il vous faudra bien de la vertu pour me suivre puisque mes articles deviendront aussi imprévus que sporadiques...
    Je ne me sens pas l'âme d'un fonctionnaire du billet d'humeur et la répétition me lasse, alors il se peut que le style et le ton de mes textes changent. Ceux qui seront en quête de vannes ne seront pas forcément déçus, mais certainement frustrés.
    Ce n'est pas la matière qui me manque -l'actualité est d'une générosité princière, c'est plutôt l'envie de concocter mes fricandeaux humoristiques qui me fait défaut.
    Ceci dit, je ne suis pas encore tout à fait sec. La preuve...

    Depuis peu je trouve à Monsieur Trump (dont la moue me donne des envies de gifle, voire même d'homicide) des vertus pédagogiques : en effet, en bon bourrin qu'il est, il montre à ceux qui ont encore les yeux chassieux ce qu'est un ennemi de la planète. Contemplez cette suffisance, ce mépris des hommes et de la Terre, cette obstination à bousiller notre monde pour ne pas renoncer à l'ultra-confort, à la gabegie hyperconsumériste.
    Une fois que vous l'avez bien regardé, dites-vous que le même modèle existe en nombreux exemplaires, dans une version autrement plus discrète, à la tête de chaque multinationale écocidaire (par exemple les grandes compagnies du bois aux USA, au Canada...). Les Trump de l'ombre ne font pas de bruit ; ils n'en sont pas moins nocifs pour autant.

    Pour rester dans ma spirale optimiste, une pensée que je lègue à l'humanité (qui s'en balance, Dieu merci).
    La plupart de nos malheurs sont les fruits de notre cruauté et de notre avidité.

dimanche 9 avril 2017

PLAISIR D'HUMOUR

     J'emprunte ce titre à Alphonse Allais ( pas vache en l'occurance), pour vous parler de nos zopos, lesquels, actualité oblige, font régulièrement bouillir ma cafetière cérébrale.
    Curieux de savoir si les jeux de mots ont un sens, je me propose de tester quelques à-peu-près sur nos candidats à la présidentielle. 
 Fillon, filleul fielleux, auquel nous ne nous fions guère ?
 Le Pen, à peine pénible, à la clé de son destin en main.
 Macron (anagramme : mon car...), macro(n)céphale, mais creux ?
 Lassalle lassa la salle de ses saillies.
 Poutou pour tout pourri ?
 Dupont-Aignan, du bon teigneux ou du bon agneau ?
 Artaud en retard, en pétard.
Cheminade se minant en chemin.
 Asselineau assez linotte. 
    J'en ai oublié deux ? Ah, mon... ami on met l'anchois où l'on peut ! Si nous mélangeons Mélanchon et Hamon, nous obtenons Mélamon ; le titre Mélamon, amis ?, outre son harmonie sonore, prêterait à des sous-entendus douteux, mais je ne m'aventurerai pas sur ce terrain.
    Voilà, à vous de voir si le calembour "fait sens" , comme disent les gens qui causent bien.
    A propos, vous avez dit zopo ? Et pourquoi pas zippo, quand ils mettent le feu à la salle (pas à Lassalle) ou zeppo, quand ils font leurs comédiens (Poutou et Besancenot, eux aussi des Marx brothers) ? 
    Zappons les zopos d'opposition et finissons par un pompion* : à bas les zopositions !

Nota bene : attention, cet article est susceptible de recevoir des additifs.

*Bonjour wikipédia...

lundi 3 avril 2017

TROIS PETS DE LAPIN (Trois pins de la paix)

Violeurs, tortureurs, tueurs de sang-froid, exploiteurs de leurs frères humains, vous êtes des sous-hommes. Même une amibe est plus utile que vous. La place que vous occupez dans la littérature et le cinéma en dit long sur notre fascination pour le mal ; pourtant, être civilisé c'est faire taire en soi le monstre qui sommeille. Sinon, à quoi bon ces siècles de pensée, d'art, de technologie...

Dans les vestiaires socialistes traînent les promesses piétinées, dans ceux d'En marche les vestes retournées ; dans les couloirs des républicains errent les fantômes de la vérité et dans ceux du Front Mme Desmagots traîne ses savates éculées... Ici on parle d'harmonisation (une sorte de tournante* politique avec coups de poignard) là où il y a peu on se gargarisait d'union. La France insoumise séduit, sauf les médias qui renâclent à en trop parler (il faut dire que son chef les frappa de taille et d'estoc). Moult électeurs ne savent où ils vont donner de l'urne. Quant au futur débat à onze, gageons que cette partouze médiatique fera pfuiiit, à moins qu'elle ne soit un joyeux bordel, ou un slalom parallèle. Comme disait Lao Tseu "Ce n'est pas en mettant plusieurs litchis dans ta bouche que tu en sentiras mieux le goût."

La baudruche Trump -qui s'est un peu dégonflée- pourrait reprendre un peu d'air au détriment de la nature ; après tous ses échecs, le blond (qui en a moins sous le scalp que toutes les starlettes platine dont il se gausse) pourrait se venger un peu sur la Terre, cette rien du tout, en violant ses trésors enfouis, en la bousillant un peu, pour le plaisir. Sous-hommes de tous les pays, décomplexez-vous !

*Je prends ce mot pour ce qu'il est : ignoble.