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lundi 30 mars 2026

AUTOPORTRAIT

Chers Nobés, quel bonheur de pouvoir contempler son insignifiance. Quand je vois ma tête dans le miroir et que, me rasant, bougon, j'aperçois les reliques d'un visage qui fut acceptable, j'ouvre une trappe sur un puits de réflexions. Une question, en particulier, me taraude : à quoi ressemblé-je à présent ? Et hier, alors que le rasoir éradiquait mes soies de sanglier cacochyme (ou de phacochère anonyme), il m'est venu une réponse...

    J'ai quelque chose du tardigrade, cet insecte ridicule d'un millimètre, d'une laideur presque sympathique, dit l'ourson d'eau ou le porcelet des mousses. Certes, il n'a pas les appas d'une K.K ou d'une B.B., mais il supporte des températures extrêmes, des radiations mille fois plus fortes que celles qui nous tuent ; en cela nous différons, peut-être, un petit peu, mais... il s'adapte aux milieux hostiles et, privé d'eau, il se réduit de 40%. Ça, c'est tout moi. 

    Enfin, et surtout, il excelle dans les préliminaires amoureux (je ne commente pas, ma modestie naturelle en souffrirait).

    Du coup, mon miroir m'a semblé bien plus sympathique, presque amical. 

  Ah, oui, mais alors... non !! 

mercredi 18 mars 2026

PROVERBES EN GOGUETTE

 Chers Nobés, 

    J'ai décidé d'être votre anxiolytique (pas jusqu'au somnifère, cependant) en vous offrant une brève liste de proverbes qui détourneront votre esprit de toute la chiasse médiatique qui s'abat sur nous. La majorité de ces formules est de moi : soit j'ai dénaturé un proverbe existant, soit j'en ai créé au moyen de ma petite cafetière cérébrale. Ci-dessous, par exemple, seuls six sont authentiques.

Proverbes en goguette va du côté de la braguette. 

Mouette en haut du mât, fiente bientôt sur toi.

L'admiration est la fille de l'ignorance.

On guerroie mieux de loin que de près.

Qui lave la tête d'un couillon est sûr de perdre son savon.

Mieux est d'arriver en retard que d'arriver en corbillard.

Qui se couche avec une chienne se réveille avec un collier.

Grosse panse peine à la danse.

Grand parleur, petit faiseur.

À la mort d'un imbécile les héritiers sont légions.

Qui mal embrasse mal éteint.

L'espérance est le pain des malheureux.

À la trogne on voit l'ivrogne.

Mal aux noix, hiver froid.

Qui fait la mouche craint les tapettes. 

 

     Ne me remerciez pas pour cette tranche de littérature, c'est du cent bourses déliées, à titre gras cieux, à discrets scions.

     Ah, oui, mais alors... non !! 

 

samedi 7 mars 2026

MAUX DE MOTS


     Chers Nobés, vous n'êtes pas sans connaître ma passion pour les oeuvres de la philosophe hypertétinoïdée qui porte le doux nom de Nabilla. Au point que j'ai adopté, pour conclure mes misérables billets d'humeur, son impérissable formule, cette pensée qui me rappelle irrésistiblement Montaigne dans ses meilleurs moments : Allo, non, mais allo quoi ! 

    J'ai pensé, dans mon cerveau que le temps rabougrit comme il dessèche le bout de gruyère abandonné sur son assiette aux caprices de l'air estival*, j'ai pensé, donc, à adopter une autre sentence comme point final de mes pitoyables productions : Ah, oui, mais alors...non !!

    Je sais, je n'arrive pas à la cheville de la penseuse mégamamélique mais, au moins, cette maxime sera nôtre.

    Puisque nous en sommes à parler de mots, permettez-moi d'épancher ma bile (ça coule comme le style, ô bile !) : je suis à cran à force d'entendre tant de mots maltraités, quand ils ne sont pas tartinés sur tranches de vide ou de prétention.

    Vous savez déjà tout le mal que je pense d'immersif ... À chaque fois que, tantôt, j'ouïs ces délits de langue**, cela me fit fulminer, bouillir, écumer, et aujourd'hui encore cela me tire l'ire (recyclage d'un de mes anciens jeu de mots). Quand je vois ce malheureux chafouin -dont j'avais appris, dans ma tendre jeunesse, qu'il synonymait avec rusé, sournois, voire cauteleux- affadi, réduit à un banal équivalent de contrarié... je monte sur mes grands poneys !

    Croyez-moi, la prochaine fois que j'entends au jour d'aujourd'hui... mais néanmoins...réserver à l'avance, je sors mon lance-pierre.

    Frères et soeurs néo-béotiens, révoltons-nous, ne laissons pas les néo-barbares martyriser notre langue ! 

Ah, oui, mais alors... non !! 

 

 *Je suis assez content de cette comparaison quasi poétique.

**J'admire ma contention face à un jeu de mots qui me faisait de l'oeil.