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samedi 8 juin 2019

VERT... DE RAGE

    Je suis un mauvais sujet, vous le savez tous : écolo, anti-libéral, politicosceptique, pubophobe et désespérément hétérosexuel, mais là je n'y tiens plus !
    Depuis quelques temps c'est le grand bordel Vert : moi qui ai connu le sahel écologiste des années 70, je vois débouler de l'écolo de tous les côtés ! Ils pullulaient tout autour de moi, et je ne m'en étais pas rendu compte. Je ne parle même pas de nos chers zopos qui nous ont sorti les violons environnementaux pendant la dernière campagne, ni même de moult journalistes qui ne vont pas tarder à nous donner des leçons d'écologisme. Non, non, je pense à tous ces bavards, résistants de la dernière heure, qui saturent les antennes pour nous expliquer ce que nous avions compris depuis plus de quarante ans : comme James Dean, l'humanité roule vers le mur à tombeau ouvert.
    Je crains que l'avalanche d'informations que déclenchent ces beaux parleurs n'ait un effet répulsif sur ceux qu'il faut motiver à rejoindre les jeunes qui se battent pour le climat et leur avenir sur cette planète...
    Depuis deux semaines je ne croise que des gens qui me disent "Tu sais, j'ai voté écologiste". Du coup, je ne comprends pas bien pourquoi les Verts n'ont pas fait 40% des voix aux européennes !
    Enfin, par les mille pustules de Belzébuth, tout cela fouette mon ire et je suis d'une humeur de chien : par bonheur deux humoristes ont apaisé mes crises atrabilaires ; en dilatatant ma rate ils ont soulagé mon pancréas.
    D'abord, Christian Jacob qui a affirmé que la droite avait beaucoup fait en matière d'écologie : j'ai tellement ri que c'était un coup à avaler mon dentier. Par bonheur, je n'en porte pas.
    Ensuite, Patrick Balkany ; lui, c'est le stand-up hors classe, le talent à l'état pur : au cours de son procès il nous déroule toute sa science du sketch. Palinodies, dénégations callimériques, culot sidéral et, surtout, art dans lequel il est un maître absolu, le mensonge téléscopique. Avec M. Al-Jaber, il nous a même rejoué la partie de cartes pagnolesque (cartes de crédit, évidemment).
    Après toutes ces considérations, je vais aller me "descendre" une petite daube de seiches, non sans cracher un dernier jet de bile : à tous les beaux au bois dormant qui se réveillent aujourd'hui pour tirer la sonnette d'alarme environnementale, je dis que, depuis le temps qu'on la tire, elle doit être sacrément usée et qu'un de ces jours elle va rendre l'âme.

dimanche 2 juin 2019

PLANÈTE BRINDEZINGUE

    Jésumarijosef, voilà un moment que je me dis "ils ont perdu la boule", en dépit des dénégations ou des offuscations des uns et des autres : et bien, c'est à croire que les hommes font tout pour nourrir mes idées fixes !
    L'humanité est timbrée, givrée, fêlée, azimutée et sans doute complètement braque ! Comme on dit dans le midi, c'est le bal des muscats... Vous pensez "DMOS il délire grave, il fait dans l'outrance méridionale". Que nenni, mes biquets, je regarde juste tourner la planète et je peux vous dire que ça ne tourne pas rond du tout.
    Premier exemple : le dernier rhinocéros blanc -mâle- de Sumatra vient de disparaître... et le mâle blanc civilisé continue à bouffer des hamburgers.
    Deuxième exemple : pour accéder à l'Everest il y a de véritables embouteillages... et bientôt un guichet au dernier camp de base tenu par un poinçonneur népalais (ou nez pas beau, c'est pas mon problème).
    Troisième exemple : un petit focus sur une ville de ouf. L'agglomération de Chongqing a déjà consommé la surface de l'Autriche (ou presque) pour accueillir ses 34 millions d'habitants ; les Chinois, considérant que cette mégapole est honteusement sous-peuplée, font de louables efforts pour stimuler sa démographie anorexique, au rythme de 300 000 arrivants par an.
    Vous, je ne sais pas, mais moi ça me file le vertige. Alors je prends mon morey et je me casse dans un coin désert, tant qu'il en reste. DMOS

vendredi 22 février 2019

LE DENIER DU CUCUL

    Une de mes soeurs, et quelques bons amis, ont été agressés récemment par un pirate informatique qui tentait une extorsion de 400 à 500 euros, au motif qu'ils s'octroyaient un petit plaisir devant leur écran tout en zyeutant un film dard et d'essais, dans lesquels les dialogues sont optionnels et la vaseline obligatoire. Jusqu'à ce que je reçoive moi-même un courriel de ce type, je vous propose une réponse type qui vous permettra de répondre à ce coupe-bourses* moderne, si tant est que vous teniez à lui répondre.

    "Monsieur l'extorqueur de fonds -puisque telle est votre profession- vous menacez de révéler à tout un chacun mes turpitudes domestiques : la belle affaire ! Vous me dites que vous avez filmé mes ébats avec moi-même au moyen de ma webcam et que vous vous apprêtez, en cas de non-paiement de ce denier du cul, à diffuser à mes proches les images ignominieuses. Cornegidouille ! Outre que je ne possède pas de ouèbcame, voilà belle lurette que mes parents et amis ne se font plus guère d'illusions sur mon érotomanie dégénérative. Alors, peu me chaut...
    Sachez, jeune paltoquet, que je ne pratiquerai la manustupration qu'une fois devenu ermite dans le désert du Néguev. Dans l'état actuel des choses je préfère qu'une personne du sexe féminin me rende ce menu service, en tout bien et tout honneur évidemment.
    Ceci dit, et vu mon grand âge, il ferait beau voir que j'allasse demander à quiconque la permission de me visionner un petit film de bons et de cites ; d'autant que cela me coûterait bien moins cher qu'une boîte de viagra, avec un résultat similaire. Quant à l'onanisme, je vous en laisse l'usage bien volontiers ; pour ma part, je vous conseillerais d'aller vous faire voir chez les Grecs ou d'aller au Diable pour lui demander si mes polissonneries me vaudront un séjour dans son antre.
    Je suis au regret de vous dire qu'à votre injonction point n'obtempèrerai. C'est un bien vilain métier que le vôtre, qui vous rapproche du camembert puisque, comme lui, vous vous êtes fait hackeur. Dieu me préserve de jamais rencontrer votre gueule d'empeigne !"


*Ou tire-laine, c'est comme vous voulez.

vendredi 12 octobre 2018

TRUFFAGE DE MUR

Jésumarijosef, depuis cinq mois je n'avais guère fréquenté les colonnes fessebouquiennes et le choc a été rude : les commentaires et photos de mes amis truffés d'annonces à caractère publicitaire, caviardés par des messages "sponsorisés". Je me suis d'abord emporté contre cette intrusion mercantile, puis je suis passé de l'ire au sourire.
 Il faut dire que les propositions étaient alléchantes :

Placage dentaire amovible  Même pas un dentier, juste un cache-quenottes pour chicots de traviole.
Voyance  Des fois que je voudrais savoir si j'aurai des rhumatismes à soixante-dix ans et des érections jusqu'à cent...
Amélia santé  Amélie te mêle pas de ma santé, t'auras pas mon blé.
Honoré plomberie  Enchanté, Honoré, et à part ça : ça plombe ou ça rit ?
Toupargel   Tu sais, je ne fréquente pas trop les bobotes qui ont le con gelé, alors je ne suis pas prêt de te commander des morues du capitaine Igloo.
Masterclass d'écriture par M. Éric-Emmanuel Schmitt  Proposer à un écrivain des leçons d'écriture...  quel à-propos, quelle délicatesse !
Où en êtes-vous avec votre prostate ? Euh, je ne sais pas trop ; Alain Prost se tâte pour reprendre la compétition ? Je ne savais pas!

Moi qui me sentais encore jeune, me voilà ratatiné, chenu et rechenu ! Allez, je prends mon morey et je le casse, avant qu'on me propose une baignore à ouverture latérale et un stannah pour monter dedans.  DMOS

dimanche 13 mai 2018

ET LA FANTAISIE, BORDEL !

    Jésumarijosef, je pourrais bêler comme la plupart des gars du troupeau, mais... je n'arrive pas à me satisfaire de ce monde ; bien que j'apprécie tout ce qui mérite d'être appelé progrès je ne peux m'empêcher de voir ce qui me déplaît, ce qui meut des plaies en fait.
    Je ne crois pas être le seul à regretter qu'en vertu de certaines "lois" (économico-socialo-urbanistico...) le mouvement général nous pousse vers une Terre : 1 affadie 2 uniformisée 3 dépoétisée, et cela sans que nous ayons voix au chapitre.
    Que certains se plaisent dans un monde formaté et aseptisé, pourquoi pas ? Ils trouvent facilement sur le globe des endroits pour les amateurs de villes rectilignes, débarrassées de toutes vieilleries, où l'urbanisme hygiénique prime sur toute autre considération.
    Mais pour nous, qui aimons les cités de caractère, les maisons qui ont une âme et la végétation profuse, les espaces ad hoc se réduisent comme peau de chagrin.
    Pourquoi n'existerait-il pas des villes qui garderaient un cachet ancien, des rues pittoresques et arborées, des espaces voués à l'imprévu , même dans leurs quartiers les plus récents? Des endroits où l'habitat resterait à taille humaine et accepterait de s'arrêter à la limite des espaces verts sanctuarisés ?
    Qu'il nous soit permis de vivre dans des lieux qui ont du jus et non aseptisés, qui ont du caractère et non dupliqués, qui ont gardé un charme et non dépoétisés. Est-ce trop demander ?
    J'aime la mer parce qu'elle est une mais sans cesse différente ; et il faudrait que j'aime des villes où tous les immeubles sont de la même laide banalité ?
    Allez, je prends mon morey et je me casse pour aller plonger dans l'unité sans cesse changeante des flots. DMOS


jeudi 12 avril 2018

FRANÇAIS, RÉAGISSEZ !

    Jésumarijosef, allez savoir pourquoi, l'émotion, parfois, vous étreint de façon incongrue : je mastiquai ma pomme matutinale lorsque mon esprit s'attrista à la pensée de trois grands frères disparus. Je ne peux m'empêcher d'imaginer ce qu'ils diraient devant les aberrations de notre monde. Vous me manquez, Albert (Camus), Pierre (Desproges) et Jean (Cabu). Et maintenant, Jacques (Higelin) vous a rejoints.
    Par exemple, quels-les lignes assassines, dessins corrosifs ou chansons poético-satiriques inventeriez-vous devant ce déferlement crétinoïde d'anglichonneries ?
    J'en suis arrivé à un tel degré de saturation que je suis prêt à en appeler à l'émeute, à l'insurrection, voire à la révolution. J'aimerais que l'on réintroduise le carcan et le pilori pour exposer les cuistres en place publique, en particulier les journalistes -surtout sportifs- et les publicitaires !
    Avez-vous honte de votre langue ou la maîtrisez-vous aussi peu qu'une phrase sur deux est émaillée de pitch, de followers qui likent à doigts raccourcis ? Les commentateurs sportifs vous assènent des coaches qui font du turn-over pour booster leur team. Et moi j'ai envie de sortir mon bazooka pour dézinguer toute cette race moutonnière qui croit pratiquer le "top" du langage contemporain.
    Mes poils se hérissent, mes yeux s'exorbitent et ma panse s'acidifie en oyant les vols low coast*, les open space ou les fashion week. Je frôle l'apoplexie quand j'esgourde que transposer les mots anglais constitue un Tchallenge...
    Même mon Télérama me trahit. Cette semaine, à la page 5, annonce pour les vêtements Gudrun Sjoden : "It's all about flowers". Trahison, infiltration, amertume et ignominie. L'ennemi langagier est parmi nous !
    Si seulement nos baragouineurs de frangliche domestiquaient la langue de Shakespeare : la charité chrétienne nous pousse à ne pas faire état de certaines entrevues (interview, mes fesses !) pitoyables et de prises de paroles hilarantes.
    D'aucuns diront que je radote -ils n'ont pas tort- mais je propose d'envoyer à tous les services concernés, des listes de propositions dès qu'un mot superfétatoire anglichon fait irruption dans notre quotidien. A vos plumes, à vos dicos ! Donnez libre court à votre imagination afin que l'entraîneur puisse requinquer son équipe en faisant tourner son effectif, palsembleu !
    Allez, je prends mon body-b... ma planche à glisser et je me casse.

*Pourquoi pas les vols éco ?

mercredi 21 mars 2018

TYRANNOSAURUS REX

    Jésumarijosef, mais quelle est donc cette maladie qui foudroie les chefs d'état ? Quel potion violente les déforme, de docteur Jekyll, brave démocrate, en Mr Hyde, hideux dictateur ?
    Ce mal atteint-il tout homme propulsé à ce poste ? Moi-même si, d'aventure, je me fusse retrouvé dans la peau d'un président, me serais-je mué en tyran qui se proclame chef à vie et consacre le plus gros de ses efforts à éliminer ses opposants ?
    Voilà l'abîme de perplexité dans lequel je me suis plongé tout en préparant des tentacules d'encornets à la provençale (ne cherchez pas le rapport). J'ai déjà consacré un article à notre sympathique Poutine [Race Poutine], cet humoriste primesautier -au huitième degré, mais je vais devoir me pencher sur ce cher Xi Jinping dont je subodore que, dans le privé, il est un roi de la déconnade.
    S'ils n'éprouvaient une détestation invétérée des autres, tous les dictateurs du monde pourraient créer une association des malades de la phlébite autocratique : ils pourraient se rencontrer pour discuter, en la présence d'un psy paterne, de leurs enfances malheureuses, de l'injustice du monde et de son incompréhension pour leur moi délicat.
    Imaginons les Kagame, Loukachenko, Omar el-Bechir, Karimov et autres Bachar el-Assad ou Kim jong-un, assis en cercle et s'épanchant sur leurs vicissitudes, ou leur "vice attitude"...
    J'accorderai une mention spéciale au maître du Turkménistan, dont le nom est déjà une séance de torture (Gurbanguly Berdimuamedow), qui fut dentiste dans une première vie ; à cause de lui, et depuis un certain temps, je regarde ma dentiste d'un autre oeil -ce qui serait plus convenant à l'égard de mon ophtalmo- et n'entends sa roulette qu'avec une certaine inquiétude, envahi par des réminiscences de la fameuse scène de Brazil.
    Ne doutons pas que, même dans nos démocraties, quelques petits napoléons nationaux caressent du bout des rêves l'idée d'un présidence à vie...
    A ceux que cela pourrait dérider je signale que le mot poutine à Nice désigne une friture d'alevins ; de là à dire que le chef des Russes à une tête de morue, c'est un pas que je ne franchirai pas.
    Sur ce, je prends mon morey et je me casse. DMOS

samedi 9 décembre 2017

UNE NOUVELLE FORME DE PUB...ALGIE

    Enfer et putréfaction, la crétinerie de la publicité n'a-t-elle pas de fond ? A la regarder quelques temps il vous vient un vertige ; à l'écouter trop souvent on en souhaiterait la surdité...
    Le cadeau Bonux, l'efficacité de Génie, le détartrage de Calgon, le petit coup d'Omo (hou, la vilaine !) c'est le lessivage cérébral . Vos tissus cérébelleux sont liquéfiés, décolorés et ramollis, comme neufs, quoi.
    Toutes ces grandes enseignes qui ne veulent que mon bien et qui me font comprendre que lorsque j'achète un produit à son prix normal je suis un dolichocéphale puisque, si je l'avais acheté en promotion, gratuit à partir du troisième article, j'aurais fait une économie phénoménale. Évidemment, à ce train-là, pour stocker toutes mes promos il faudrait que je construise une annexe à ma modeste demeure, mais cela est une autre histoire.
      Le problème c'est que la pub, pire que le gaz moutarde et le pet dans le lit, s'insinue partout : à la radio, il n'y a plus que France culture et France Musique pour épargner à mes oreilles les fadaises commerciales. A la télévision, je suis obligé d'enregistrer les films pour pouvoir zapper les avalanches de tromblonneries ; et encore, je dois asticoter frénétiquement la télécommande pour sauter d'une pub à l'autre. Épuisant !
    Je ne lui échappe que sur la mer, lorsque les seuls bruits qui m'atteignent viennent des vagues, de ma pagaie et des mouettes. A l'horizon, pas un faux capitaine pour me dire que les croquettes de poisson Tartempion sont les plus croustillantes, ni un navigateur de music-hall pour me vanter le déodorant qui attire les sirènes.
    A quand les annonces muettes sous-titrées ? Sauf pour les sonotones, cela va de soi.

dimanche 3 décembre 2017

ÉPUISEMENT MENTAL

    Je ne sais trop quelle expression employer : le coeur au bord des lèvres, l'estomac qui se soulève, les amygdales qui baignent... Je suis terrassé par ce crétinisme prétentieux qui consiste à tartiner de l'anglais de cuisine ou des anglichonneries mal digérées dans les moindres discours techniques, commentaires sportifs et publicités en tous genres.
    Cet après-midi, roulant béatement vers ma maison du Pradet, le ventre agréablement plein d'une fondue vietnamienne et le cerveau enchanté par un spectacle de Jacques Gamblin, que vois-je ? Un de ces panneaux publicitaires dont le volume n'a d'égal que la signifiance de l'information : l'affiche appelle le chaland à acquérir un appartement dans la résidence Nature Park.
    Déjà, la barre d'immeuble à la place d'un espace vert me titille l'humeur mais, ventredieu, le  mot park la transforme en fulmination !! La langue française est-elle devenue si indigente ? Et encore, j'ai supposé que le mot nature n'était pas employé dans sa forme anglaise.
    En plein autoallumage colérique,  je fais subir à ma malheureuse femme une diatribe sur ces "cons de sportifs" (sportif moi-même, je sais de quoi je parle) qui sont les premiers à émailler leurs commentaires d'anglichonneries. Les journalistes de l'Équipe, ou d'ailleurs, pourraient-ils nous lâcher avec leurs warm up et leurs turn over ? Si les mots échauffement et tour de chauffe, roulement et rotation, leur arrachent la gueule, qu'ils retournent à l'école... Je connais de très bons élèves de CM2 qui pourraient les coach... les remettre à niveau, quoi !
    Dans ma ville se trouve le chemin de la Mounine (la chatte dans le midi, et dans tous les sens du terme) et je supporterais mal qu'un cuistre vienne la rebaptiser la Cat road, ou la Pussy street s'il a l'esprit mal tourné !
    Quoi qu'il en soit, comme disent les Anglais : Gode save the gouine !

jeudi 23 novembre 2017

A CONTRE-POIL

    Puisque je reprends du service, autant vous rappeler que ce blog n'est que le salmigondis de mes petites éructations littéraires : pas de publicité pour mézigue, pas de détails croustillants sur ma vie intime, pas de hautes considérations sur des sujets que je ne maîtrise pas. En revanche, feu vert pour passer à la moulinette tout ce qui fâche.
    Un truc qui commence à me courir sur le haricot c'est la sanctification de la voiture électrique et la diabolisation des moteurs à carburant. Peste, devez-vous penser, le vieux sanglier écolo vire sa cuti ! Que nenni : comme le disait très justement je ne sais plus vraiment qui, "la technologie déplace les problèmes (environnementaux) sans vraiment les résoudre".
    La preuve : plus de voiture à essence ou gazole, plus de pollution atmosphérique. Certes, mais une "zoé" n'est pas moins redoutable car sa batterie exigera sa ration d'électricité (nucléaire, charbon ?) et son recyclage pose un fameux problème.
    Alors, bien que Vert foncé, je n'entonne pas béatement l'hymne à l'auto électrique. Qui plus est, comme je suis un jobastron de première classe, je me pose des questions de couillon : et si, au lieu de couvrir les terres agricoles de ZI et de ZA, nous cultivions des plantes pour produire de l'éthanol* ou du diester ? Et si, au lieu de bétonner les zones maraîchères, nous récupérions les déchets verts aptes à fournir ces deux carburants ? Et si nous envisagions de commencer à être autonomes pour faire rouler nos autos et alimenter nos chaudières ?
    Je ne connais qu'un véhicule 100 % propre : c'est mon vélo...

* Seul problème de ce carburant : à 1,50 euros le litre, les poivrots vont siphonner les réservoirs !

vendredi 24 mars 2017

ROT BEAU D'HOMME, EST-CE TIC ?

    Jésumarijosef, j'étais presque calme, les doigts de pieds épanouis dans mes chaussettes et, tout à coup, pire qu'une démangeaison de galeux, une envie, une impatience, un désir inouï d'être déjà après-demain et de connaître ce temps béni où les robots vont faire de la Terre un paradis de farniente, que nous agrémenterons d'activités artistiques, culturelles et écologiques !
    Sots sceptiques que vous êtes, ne voyez-vous pas ces après-midis où farmrobot (farmbot pour les intimes) plantera les graines de votre potager, les arrosera, enlèvera les mauvaises herbes, tandis que vous userez les ressorts du divan en vous délectant de la cinquante-huitième diffusion de Derrick (réhabilité par la présidente Le Pen), Le Renard ou Un cas pour deux !?
    Vils passéistes, vous n'éclatez pas de bonheur en pensant aux jours où, devenus cacochymes, Buddy changera votre culotte incontinence avant de vous border (en somme une version de Buddy au lit, mais en moins rock'n roll).
    Enfin, ignobles réactionnaires, souriez en pensant au moment où la version humanoïde de lokomat vous fera craquer les vertèbres pendant que vous suivrez une allocution du président Macron en sirotant un armagnac vieilli en fût de chêne de la Ténarèze.
    Le robot, c'est trop beau !
    Je ne sais pas ce que j'ai, moi, mais j'ai envie d'aller bousiller de la mécanique : je vais désosser une vieille radio. Après, je prends mon morey et je me casse. DMOS

    

samedi 18 mars 2017

GODE SAVE THE GOUINE

    Jésumarijosef, méfiez-vous de votre four haute technologie ou de votre robot multifonctions : après les scandales du téléviseur espion et du nounours avec caméra cachée, me voici contraint de vous parler de sex toy, alors que cela ne fait pas deux mois que j'ai glosé sur le hot doll canin *!
    Un séisme secoue le milieu du jouet sexuel, du bibelot à cupidonneries, du hochet à galipettes : le We-Vibe, sex toy intelligent (autant qu'un sex toy puisse l'être) collectait des données personnelles -et là, je suppute sur ces données- au point que le fabricant, pris la main dans le sac -là, je préfère ne pas supputer sur le jeu de mots- a accepté d'indemniser les clients, révoltés, à hauteur de 3,75 millions de dollars.
    Permettez-moi de m'insurger trois fois !
   1- Contre la robotisation de l'amour (déjà qu'on doit la subir dans le travail). Autrefois, carottes, courgettes, radis noirs, salsifis et panais étaient promis à une belle carrière érotique avant d'agrémenter pot-au-feu, blanquette ou salades.
2- Contre l'emploi d'un mot anglo-saxon ; dans mon jeune temps, je n'ouïs parler de ce type d'objet que mon adolescence bien entamée, quand, feuilletant d'un doigt concupiscent des ouvrages libertins, je découvris les mots godemiché puis olisbos, surnommés les "consolateurs de l'épouse délaissée".
3- Contre la méfiance rampante que de tels agissements vont instiller en chacun de nous ; déjà, je ne regarde plus ma box du même oeil... Et je ne suis pas prêt d'acheter un rasoir ou une brosse à dents électrique !
    Allez, je prends mon morey (après avoir vérifié qu'il n'est pas équipé d'une puce) et je me casse. DMOS

*POLITIQUES ou POLIS TIQUES, article du 1/2/2017.

mercredi 1 février 2017

CABOTS : POLITIQUES OU POLIS TIQUES ?

    Jésumarijosef, quelle purge dans nos entrailles d'électeur, quel gavage de notre gésier citoyen ! Le porridge de la parole politique inonde le moindre canal médiatique et j'ai l'impression d'avoir subi le supplice de l'eau...
    Ceci dit, malgré le rassasiement et la digestion difficile qui s'en sont suivi, j'ai encore eu la force de me poser deux questions.

   1) Outre la capacité à l'insomnie, à serrer la louche à tout quidam et à mémoriser des trucs plus mortels que le code des impôts, le caractère distinctif des zopos* c'est l'intarissable bagout ; quelle que soit la question posée, ils dégainent un point de vue, une solution ou une critique. Et c'est là que moi, béotien de première classe, je me demande pourquoi, avec tous ces messieurs réponsatou aux affaires, nous ne vivons pas dans un monde de béatitude et de fluidité ?
   2) Je commençais à cuver ma cuite de logorrhées quand une autre interrogation a surgi dans mon cerveau déjà vacillant : tous les candidats étant anti ou hors système, qu'est-ce donc que ce fameux système ? Et qui en fait partie ?

    À l'instant, ces questionnements font bouillir ma cafetière cérébrale, mais -merci Sainte Rita- une image divertissante revient à mon esprit, ainsi que l'information qui l'a produite : le sex toy canin, la poupée gonflée pour chien, qui répond au doux nom de Hot Doll.
    Cet objet présente les deux qualités qui font rêver toute jeune fille nubile de bonne famille, puisqu'il est dit "à la fois doux et rigide". Il constitue également un must technologique, avec ses pieds ventouses (sinon bonjour la ballade des chiens heureux dans l'appartement), son cône en silicone (le réceptacle de l'amour, à nettoyer "après chaque utilisation, à l'eau et au savon"), son bouchon à placer sur l'orifice susdit qui permet "d'éviter l'entrée dans le corps d'objets divers... et de ne pas dévoiler la fonction sexuelle à votre entourage").
    Moi, je vous le dis, lorsque le progrès atteint ce genre d'Everest, on peut aller dormir tranquille. Du coup, je laisse mon morey et je pars siester. DMOS

*zopos : les hommes politiques, pour ceux qui ne suivent pas mon blog ou qui ont tout oublié.

vendredi 20 janvier 2017

LA PREUVE PAR TROIS

    Jésumarijosef, quelle béatitude !
       Alors que nous devons avaler les tartines d'idôlatrie sirupeuse que produisent la publicité et les médias, l'actualité nous sert un digestif bienvenu.
    En effet, à moins d'habiter le fin fond du Groenland, il est impossible d'échapper à cette vénération envahissante pour des gravures de mode, femmes à longues jambes et poitrines avantageuses, hommes aux abdominaux aussi huilés que les cheveux mais épilés des sourcils aux testicules (il paraît).
    Vu que je pousse rarement mes sympathies jusqu'à la vénération, j'ai du mal à idolâtrer ces messieurs et dames qui exercent leurs talents dans le domaine du football, de la fringue ou du divertissement bas de plafond.
    Quoique sensible à la plastique féminine, je ne possède, en tant que fan, qu'une seule photo dédicacée, celle de Marguerite Yourcenar, à près de 80 ans, qui n'avait pas grand chose à voir avec Kim Kardashian. Hétérosexuel invétéré, je n'éprouve rien de particulier devant un cliché de Christiano Ronaldo, bien de sa personne, certes, mais nain au regard de la pensée humaniste si je le compare à Albert Camus, autre footballeur.
    Si je me suis fait bien comprendre vous apprécierez ma délectation devant ce constat : trois hommes, de taille ridicule et de corps insignifiant pour tous les adorateurs du physique parfait, infligent à tous ces ectoplasmes affamés de superficialité une gifle magistrale.
    Leur trois corps -qui feraient hurler d'horreur la foule des Ronaldolâtres et autres Nabilaphiles- témoignent de capacités exceptionnelles : pour l'un,une énergie et une longévité uniques, pour l'autre une intelligence inouïe, pour le dernier une force mentale et une humanité hors du commun.
    Le premier, c'est Robert Marchand, 105 ans, qui du haut de ses 1m50 a pédalé à 22 km/h pendant soixante minutes. A un âge où les survivants pédalent plutôt dans la semoule, il a roulé à une vitesse que bien des pros du canapé seraient incapables de tenir.
    Le deuxième, c'est Stephen Hawking, 75 ans, une des plus belles intelligences de notre siècle. Il  résiste à la maladie de Charcot, une sacré saloperie qui vous tue, en moyenne, dans un délai de 2 à 10 ans. Quelle force d'esprit faut-il pour survivre (corps et intellect) quand on ne peut ni se lever, ni se nourrir seul, ni parler !
    Le troisième, c'est Pierre Rabhi, 78 ans, guère plus grand et gros que notre vélocipédiste centenaire, d'une simplicité magnétique. Si vous le croisez un jour, vous comprendrez.
    Alors, merci à tous les trois de nous rappeler que notre vie n'est pas foutue si nous ne ressemblons pas à un footballeur gominé ou une starlette siliconée.
    Allez, je prends mon morey, mes rides et je me casse. DMOS

vendredi 18 novembre 2016

SOS FANTÔMES

    Jésumarijosef, depuis mon réveil ma cafetière cérébrale est à un tel état d'ébullition que je n'arrive pas à trier dans mes exaspérations, alors ce billet s'annonce comme un remarquable fourre-tout.
    Je craque à force d'entendre "au plus haut sommet de l'État" : quand on voit la gueule du sommet on prie pour ne pas avoir à escalader toute la chaîne...
    Hier, dernière logomachie des primaires de droite. Qu'avons-nous vu ? J'hésite entre une réunion des ectoplasmes non-anonymes et une exhibition de clones tristes -vous avez vu, je fais des progrès, je n'ai pas mis de U après le O ! Un ennui mortel m'anesthésiant, j'aurais pu m'endormir sur mon divan, n'eût été ce goût bizarre sous le palais, comme si, revenu à ma prime jeunesse, je mastiquais une bouchée de viande mâchée tout l'après-midi (vous avez connu ça, aussi).
    Hier, c'était à la fois SOS fantômes et Le retour des morts-vivants ; les zombies avait l'air à peu près humains mais des trépassés parlaient par leur bouche. Il m'a semblé reconnaître les voix de Raymond Barre, de Balladur, d'Edgar Faure, de Couve de Murville, et même de Raymond Poincarré...
    Comme je ne voudrais pas que vous pensiez que je suis de gauche -en fait, je suis pire- je tiens à vous signaler que les primaires socialistes s'annoncent à peu près aussi passionnantes. Je ne sais pas encore quels spectres viendront les hanter, mais préparez l'aspirine.
   A propos de traces de défunts, vous aurez noté qu'hier la robe que Maryline portait le jour où elle chanta son petit couplet à JFK a été vendue 4,8 millions de dollars ; une nouvelle qui me ravit, au point que je suggèrerai aux commissaires priseurs de tenter quelques coups du même tonneau. Je ne sais pas, moi, avec un chandail bien cracra de Céline, un mégot d'une cigarette fumée par Humphrey Bogart en janvier 1957, un justaucorps non lavé de Véronique ou Davina.

    Bon, mon cerveau étant aussi agité qu'un boulier de loto, je prends mon morey et je me casse, histoire de me refroidir les neurones. DMOS

samedi 5 novembre 2016

TROIS RAISONS D'AIMER L'HIVER DANS LE MIDI

    Jésumarijosef, par honnêteté intellectuelle je dois signaler que -contrairement à ce que j'ai pu croire au matin du premier novembre dernier- je ne suis pas l'inventeur du mot ubutopie : Pascal Picq l'a créé il y a trois ans dans son livre De Darwin à Lévi-Strauss, que je vais m'empresser de lire. Tant pis pour moi...
    Les jours raccourcissent, la lumière perd de son éclat, le soleil s'attiédit : l'approche de la mauvaise saison a tout pour nous déprimer et pourtant, chaque année à cette époque, une petite joie me titille. Eh, oui, j'ai mes raisons d'aimer l'hiver !
    D'abord, je suis délivré du bruit des moteurs de piscine ainsi que des splashs et gloussements nocturnes des baigneurs de minuit. Seuls le chat-huant, la mouette noctambule et le technicien poubellier sont susceptibles de troubler mon sommeil.
    Ensuite, je peux errer dans mon jardin, à la tombée du jour, sans que mes narines marinent dans les parfums de chipolatas et de merguez.
    Enfin, sous un gentil soleil et 15 ou 17°, je peux penser à mes amis en Auvergne qui se gèlent les noisettes par -5 !
    Avant de vous quitter, une réflexion particulièrement profonde : si les policiers américains bousillent autant d'autos dans la réalité qu'ils en pulvérisent dans les films, Dodge, Ford et Chevrolet doivent se gaver.
    Allez, je prends mon morey et je me casse. DMOS

jeudi 20 octobre 2016

BIGASSOLES RETURN

    Jésumarijosef, alors que la faune sauvage se réduit comme peau de chagrin, les vols de bigassoles, plus denses que les nuages d'étourneaux, s'abattent sur notre pauvre monde !
    Non contents de nous tenir sous la menace de leurs fientes, ces oiseaux oligophrènes se sont mis à jeter des pierres. Moi qui éprouve peu de sympathie pour la douteuse pratique de la lapidation, notamment de la femme infidèle (et son amant, il compte les points?), je suis atterré par le caillassage des policiers, des pompiers et des médecins.
    Dans ces actions on peut apprécier toute la palette de la crétinerie bigassolienne et j'attends avec impatience le jour où un médecin légiste-ornithologue ouvrira le crâne d'un de ces animaux ; d'aucuns pensent qu'il trouvera un grain de sable à la place du cerveau. J'opterai plutôt pour une crotte de bique.
    Pour ma part, dans un esprit dépourvu de toute arrière-pensée, je propose d'organiser la chasse à cette variété de bigassole [racaillus decerebrus*] munis de fusil à chevrotines chargées de plombs culturels. Si cela pouvait leur rentrer dans la tête...
    Par ailleurs, un spécimen remarquable de bigassole à huppe blonde [trumpus bigassolus] a été repéré aux usa ; il semblerait qu'il ne puisse pas décoller. Malheureusement, il s'est déjà reproduit.
    Bon, au bord de la mer les mouettes chassent les bigassoles, alors je prends mon morey et je me casse. DMOS

*Proche cousin du bordillus anencephalus.

vendredi 14 octobre 2016

NOUVELLES DE PEU

    Jésumarijosef, nous vivons vraiment dans un monde formidable !
    Comment ne pas brûler d'optimisme quand la perspective d'être harrypotterisé puis halloweenisé se dessine sous nos faces ébaubies !
    Pour ma part je nage dans le bonheur depuis que j'ai appris qu'un cercueil en carton est à présent disponible ; avec mon adresse sur le couvercle et quelques jolis timbres je constituerai un paquet-poste qui m'autorisera un voyage post-mortem que, vu le managériat actuel  des P&T, j'espère assez long. Comme je prévois d'être incinéré, Saint-Pierre me pardonnera ce retard à l'allumage...
    Une nouvelle heureuse : le record mondial de la plus grosse citrouille a été pulvérisé. En effet, une cucurbitacée belge vient d'approcher les 1200 kilos. Cela force le respect. Quant à moi, pour le concours de la plus grosse cougourde, je connais une tapée de candidates...
    Autre information qui m'a particulièrement rasséréné : après une baisse préoccupante, le nombre des grandes fortunes est remonté à 1400. Toutefois, on note un effritement des revenus et je remarque, avec un soupçon d'inquiétude, que les avoirs de Mme Bettancourt culminent à 36 milliards. On n'en est pas encore à servir des nouilles avec le caviar, mais je lui conseillerais la circonspection, à défaut de prudence.
    Petit paragraphe d'indignation ; j'ai modérément apprécié que le dernier cyclone ait été appelé Matthew. Mon patronyme, même en version anglaise, ne devrait pas servir à ce genre de turlupinade. Il ne manquerait plus que de nommer le prochain Daniel !
    Enfin, quelques nouvelles de ma philosophe préférée, K.K. -et sa poitrine très situationniste- sauvagement volée dans un hôtel parisien. Il paraît qu'elle se remet difficilement du vol de sa bague, une pacotille de 4 millions de dollars. Les voleurs auraient dû venir chez moi : il doit traîner quelque part un billet de 50 euros, dans une enveloppe.
    Bon, pour ce qui est de mon morey je l'ai dans l'os (...la tendinite à l'épaule) mais je me casse dans mon salon, à l'abri de la pluie, pour relire le livre de Nabilla, Trop vite, histoire d'en rester au chapitre  philosophie. DMOS

mardi 6 septembre 2016

GOURMANDISES FUTURES

    Jésumarijosef, après avoir siroté un mois et demi de vacances j'ai déjà besoin d'une petite resucée de trois semaines ! Car j'ai déjà oublié le goût de la lenteur et l'odeur du silence. A part cela, la cafetière qui me sert de tête continue à bouillir régulièrement et je m'attends à vivre des mois particulièrement stimulants vu que l'approche des présidentielles va accélérer la distribution de friandises médiatiques.
    Nous avons pu, d'ailleurs, déguster les premières pralines : le tacle assassin de l'avant-centre Fillon ; le but contre son camp de l'Attali en herbe (l'Attila qui bouffe le gazon socialo), si grosse tête qu'on le surnomme déjà le Macroncéphale ; le petit crochet intérieur pour se débarrasser du marquage sur l'aile droite et la protection virile du ballon chez le candidat-président.
    Au chapitre ignominie et viscosité, un ancien ministre mis en justice vient de se défausser sur un mort : au niveau d'un excellent Dumas ou d'un bon Balzac.
    Croyez-moi, j'en salive déjà. Rien que d'y penser il me vient une faim de loup... Évidemment, nous allons bien moins rigoler quand il va falloir passer aux urnes ; le désespoir du vide pourrait nous saisir, et le lendemain du deuxième tour coïncider avec une belle gueule de bois.
    Si les coulisses de la campagne s'annoncent prometteuses, pour ce qui est des discours programmatiques je pronostique un ennui sans fond, un emmerdement sidéral, une monotonie migrainogène : les premières déclarations que j'ai pu entendre me laissent supposer que je vais pouvoir me passer de rasoir quelques temps...
    Il y a bien Mélanchon dont la parole et la pensée brisent la routine, mais je n'aimerais pas être traité de mélanchonien, le mot me paraissant râpeux sous la langue. Mélanchon, cela sonne comme merluchon, et malgré toute mon estime pour ce vaillant zopo je ne le rejoindrai que par défaut, lorsque tous les autres m'auront donné envie d'aller m'installer sur Mars.
    En attendant, je me casse pour finir mes valises. Je laisse mon morey, peu utile en Auvergne. DMOS

mardi 30 août 2016

BURKINI ROCK

    Jésumarijosef, je sors tout juste d'une cure de désintoxication ! Deux mois et demi sans une goutte d'internet, à peine un soupçon de télé, de temps en temps une larme de téléphone et, régulièrement, un zest de radio, avec modération...
    Je me disais "Au premier clic, ce sera la rechute", et puis non : j'ai siroté négligemment ma page fessebouque, à peine grignoté ma boîte mail, ignoré mon blog. Je vais donc mieux.
    Ceci dit, je n'ai pas pu échapper aux averses médiatiques ; j'ai notamment essuyé plusieurs gros orages sportifs, avec leur lot habituel de charabia hyperbolique, de pathos éléphantesque et de chauvinite aiguë. Broutilles à côté des grains à répétition provoqués par les nébulosités burkiniesques.
    Ah, le tube de l'été : Burkini rock, et son beat d'enfer !
    La première fois que j'ai entendu ce mot (d'une oreille distraite, je le confesse) j'ai cru à une métonymie monastique, du style "un cordelier se défroque... C'est la bure qui nie, et se renie", puis j'ai compris qu'un mot-valise était né : mixer bikini et burqa, il fallait l'oser.
    Bien entendu, le résultat est consternant en matière d'élégance vestimentaire mais le port de cet affûtiau serait anodin s'il n'y avait ce relent de provocation, de surenchère identito-religieuse. Il y a trente ans on provoquait le bourgeois en exhibant ses miches -même raplapla, aujourd'hui on choque le gaulois en affichant des signes extérieures de religiosité (de refrilosité ?).
    Comme si notre Seigneur se préoccupait du degré de recouvrement de notre peau... Il est à peu près aussi crétin de vouloir plaire à Dieu en cachant son épiderme que de penser cacher ses fesses derrière la ficelle d'un string.
    A l'écoute de ces histoires de burkini j'ai été titillé par l'envie de me promener à poil sur une plage, vêtu d'une simple croix pectorale en laine tressée. Finalement, je me suis contenté d'imaginer une tenue de bain pour curé, qu'on pourrait appeler le burkin'abbé : comme de plus en plus de prêtres  africains viennent suppléer le manque de vocations, nous pourrions ainsi voir sur nos côtes un burkinabé portant un burkin'abbé...
    Toutes ces histoires de voiles et de burkinis ont un parfum désagréable et me rappellent la bonne vieille intolérance qui indignait Voltaire. Non pas celle qui ne supporte pas son prochain "différent", plutôt celle qui veut signifier à autrui la supériorité ou l'éclat de sa croyance. Dans la sphère intime d'une maison ou d'un lieu de culte, exposez vos kippas, vos voiles, vos turbans ou vos crucifix, mais dans la sphère publique ne les imposez pas aux autres ; ils sont le signe ostentatoire de votre différence et un refus implicite de la neutralité sans laquelle toute vie sociale est un buisson de ronces.
    Pour clore dignement mon petit quart d'heure réac, je me suis demandé ce qui adviendrait d'une étrangère qui entreprendrait d'arborer son bikini sur certaines plages du Proche-Orient... Je ne suis pas certain qu'elle aurait le loisir d'enlever sa jupe. Il est aisé de hurler à l'intolérance dans un pays globalement bienveillant mais l'ouverture d'esprit dicte de se montrer réservé chez nos hôtes. Si je m'étais installé dans un pays étranger -par commodité ou envie- j'aurais mis un point d'honneur à en parler parfaitement la langue et donné à mes fils, futurs citoyens de ces lieux, des prénoms locaux. C'est la courtoisie que l'on doit à ceux qui vous accueillent, comme l'écrivait Montaigne.
    Bien, assez bavé... Il est temps que je prenne mon morey et que je me casse. Morbleu ! Je réalise que ma combi d'hiver ressemble terriblement à un burkini ! DMOS