Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

dimanche 25 janvier 2026

PILULE DU MATIN

    Chers Nobés, je vais être honnête : j'envie mon ancêtre Cro-Magnon. Certes, quand, le matin, il posait son pied, fourré de toison d'auroch, hors de la grotte, il pouvait mesurer les aléas de la vie préhistorique : la concurrence déloyale d'autres tribus de chasseurs-cueilleurs, le mètre cinquante de neige tombé dans la nuit, la raréfaction hivernale du gibier, Cro-Magnonne qui râlait devant le garde-manger bientôt vide...

    Mais, franchement, c'était le bon temps !

    Les primitifs les plus astucieux -ou les plus chanceux, vivaient dans une région tempérée et consacraient, selon les calculs du fameux ethnologue Marshall Sahlins, trois heures à la quête de nourriture alors qu'un smicard doit travailler deux heures et demie pour s'acheter une côte de boeuf et pas loin d'un mois s'il veut siroter un Château Margaux.

    Aujourd'hui ? Le matin, au bord du lit, en enfilant la charentaise (je ne tolèrerai aucun jeu de mots) les vicissitudes modernes s'abattent sur l'homme : dans la salle de bains, pas d'eau chaude (cumulus mort dans la nuit) ; dans les latrines, pas de PQ (et vous comprenez l'interrogation fondamentale de ce blog) ; dans la cuisine, plus de café, ou plus de confiture, ou plus de pain. C'est le début du calvaire, l'entame du golgotha, l'entrée du purgatoire, suivi du plat de résistance : la première douche de la matinée, l'aspersion médiatique. Télé, tablette, smartphone ou journal papier, pas une bonne nouvelle à se mettre sous la dent... La dernière turlupinerie du grand blond à la banane orange et au teint étrange (à moins que ce ne soit l'inverse) ; le dernier "running gag" du tsar kremlinois (qui est plus gremlins que kremlin's) : un éconduit qui trucide belle-maman (à la limite on comprend), femme, enfants, chien, voisins, facteur, avant de s'autocider ; un train qui déraille et qui ratatine x personnes ; un missile qui ne déraille pas et ratatine xxx personnes (pour le pays, vous avez l'embarras du choix) ; un fatigué du bulbe qui prédate sexuellement tout ce qui bouge ; une vague de licenciements dans le narcotrafic (signature de la lettre à l'aide d'un pistolet PSS2 -le silencieux au format de poche)...

    Il y a des matins où je me demande pourquoi je me réveille. Ah, sortir de ma hutte, aux pieds mes charentaises en peau de mammouth, avec, pour seule préoccupation, de trouver un peu de bois sec, quelques baies et un lagopède roupillant sous les saules !

    Ceci dit, finissons sur une note enjouée. Scrollant sans espoir de sourire, je suis tombé sur une photo de Veronika... Le vache des Alpes autrichiennes qui se gratte le dos avec un balai, comme une grande.

    L'homme s'avachit, la vache progresse. 

     

     Allo! Non, mais allo, quoi !

 

P.S. : pour ceux qui ont la charentaise morose, je conseille mon article du 7/4/2017. Marcel Prou(s)t. Ils ne seront pas déçus.

lundi 19 janvier 2026

JOURNAL D'UN PRISONNIER

     Mes chers Nobés, vous savez que je n'ai aucune propension à la satire, pas plus qu'à la raillerie ou à la dérision. Donc, je vais vous raconter une histoire édifiante dans un esprit dépourvu de fiel comme d'acidité.

    N'y voyez pas de similitude sarcastique avec le livre d'un certain N.S., dont quelques esprits pervers se sont gaussé comme quoi jouer les Hugo (Le dernier jour d'un condamné) quand on a passé quinze jours dans le carré VIP de la Santé, c'est un peu gonflé.

    Voici, mon journal d'un prisonnier... 

    "Un jour, dans une zone isolée d'un lieu public, un de mes amis, M.X, torturé par une envie de miction matutinale, se mit en quête d 'un lieu d'aisance, un goguenot quoi ! De nature timide, il en a recherché un sis dans un secteur discret, éloigné de toute foule. Quand ce fut chose faite, il s'empressa de vidanger ce que certains prennent pour des lanternes et, s'étant rembraillé, sa prostate satisfaite, il empoigna d'une main, douteuse sur le plan microbien mais virile, la poignée des latrines. 

    Las ! Sort funeste, scoumoune ignoble, injuste poisse, le coude métallique lui resta dans la main. Impuissant, il entendit l'autre moitié (celle qui commandait le pêne) tomber à l'extérieur. Impossible d'ouvrir la porte. Il leva les yeux : l'espace entre le haut du mur et le plafond était trop étroit pour pouvoir s'échapper. Il était prisonnier. Il appela, cria, tambourina, vitupéra, couina, feula : en vain. Quelle idée de venir se soulager dans la partie la plus déserte d'un espace très fréquenté ! 

    Il dut attendre plus d'une heure pour être désincarcéré, subissant, après les affres de l'emprisonnement, les ricanements mal contenus de ses sauveteurs." 

    Eh bien, croyez moi, mon ami X aurait eu de quoi écrire le journal d'un prisonnier, mais cédant à son tempérament pétri de modestie et d'humilité, il s'est contenté de me narrer sa mésaventure. Moi-même, je me sentirais bien d'en tirer un best-seller, comme l'illustre N.S., que j'intitulerais Deep inside the gogues.

     Allo! Non, mais allo, quoi !

lundi 12 janvier 2026

RETOUR D'ÂGE

     Chers Nobés, vous avez cru que j'avais cassé ma pipe, avalé mon extrait de naissance, passé l'arme à gauche. Que nenni ! Les termites de la vieillesse ont bien commencé à m'attaquer, mais elles n'en sont qu'à l'écorce. Et puis, que voulez-vous, je ne peux pas être au four et au moulin, en Auvergne en train de soigner des brebis, des radis et des taillis, et en Provence à tapoter sur un ordi mes ordinaires billevesées.

    Voilà, c'est dit. Maintenant, vous pouvez -légitimement- vous demander : pourquoi cette résurrection, cette réapparition, cette épiphanie (pour utiliser un mot à mode) ?

    Mais, mes agneaux, vous avez regardé par la fenêtre* ? Je n'arrive plus à compter sur mes doigts les timbrés au pouvoir, les grands projets délirants, les guerres hallucinantes. Certes, vous me direz que Cro-Magnon écrasait déjà la gueule de son voisin à coups de massue, mais c'était un gentil amateur, un bricoleur préhistorique, un pisse-menu de la violence délirante. 

    Si vous n'êtes pas éco-anxieux, ou anxieux tout court, ce monde est une merveilleuse source d'hilarité sarcastique et de poilades amères. L'humanité est trop généreuse avec nous ; c'est le festin, la régalade, la fête du slip sur la tête. Juste Trump... à lui seul, il enfonce le père Ubu, big brother, Caligula et Néron.

    Alors je vous le dis, chers Nobés, sucez l'os jusqu'à la moelle, faites vos choux gras des dérapages de nos autocrates, sirotez les nouvelles des furiosités diverses, de mon côté j'essaierai de trouver le temps pour quelques articles aussi agréables que le moustique de minuit qui vient vrombir près de vos esgourdes. En attendant, n'hésitez pas à remonter le cours de ce blog : vous y trouverez de vieux textes consacrés à Trump, Poutine et d'autres, qui aideront à votre édification.

 

*fenêtre médiatique, bien sûr. 

dimanche 13 avril 2025

JACK LONDON

 Comme tout le monde, j'ai connu la littérature de London par des ouvrages adaptés aux jeunes lecteurs, notamment Croc-Blanc.

    Devenu adulte, j'ai rencontré un auteur un peu différent en feuilletant Martin Eden et Les contes des mers du Sud, mais j'étais encore loin du compte. 

    Mon premier choc fut, vers la cinquantaine, la lecture de Le peuple des abîmes -traduit aussi par Le peuple d'en-bas-, une étude saisissante de la misère à Londres au début du XXème siècle. Rien, là, d'une plaisante aventure pour distraire le lecteur en herbe.

    Mon second choc, à plus de soixante ans, je l'ai éprouvé en dévorant les pages de Le talon de fer, ce qui a dissous à jamais, dans mon esprit, l'image d'un romancier pour enfants et adolescents. J'ai, d'ailleurs, conservé une citation de ce texte, que j'aimerais, aujourd'hui, appliquer à notre cher Mr. T., le Ubu contemporain, qui, en dépit de ses nombreuses faillites, s'érige en roi de la finance universelle.

    "En dehors du domaine commercial, ces gens-là sont stupides. Ils ne connaissent que les affaires. Ils ne comprennent ni le genre humain, ni le monde, et néanmoins ils se posent en arbitre du sort des millions d'affamés et de toutes les multitudes en bloc." Jack London, Le talon de fer

    Du coup, je me suis offert une relecture de L'appel de la forêt, dans une édition intégrale et j'y ai trouvé toute la dureté impitoyable de notre monde. Certes, c'est enrobé dans un récit d'aventure, mais sans concession quant à la cruauté humaine. 

    Il y a un malentendu à considérer Jack London comme un écrivain pour ado ; je me demande s'il n'existe pas la même confusion à propos de Robert Louis Stevenson.

jeudi 10 avril 2025

DÉLIRE BÉOTIEN

     Voilà quelques jours que je me disais "Pourquoi ne pas aborder un sujet consensuel ? Un de ces thèmes qui ne soulèvent ni polémiques, ni énervement..." Et puis, toc, ce matin j'ai trouvé la perle : le truc qui zénifie toute assemblée, qui fait descendre la paix dans les cœurs les plus enragés. Alors, chers Nobés, vous qui êtes de plus en plus nombreux (et je redoute le moment où je ferai de l'ombre à Taylor Swift), préparez vos mandibules de lecteurs, vos crocs de bibliophiles, car je vais vous parler de... démographie !

    En effet, en tant que béotien de première classe, je ne comprends pas cet acharnement reproductif, cette trouille de la dépopulation, cet affolement devant la dénatalité. Nous serions un million sur la planète, j'admettrais l'angoisse de la disparition, le genre de sentiment que l'on doit éprouver quand on est un orang outan, un tigre ou une truite dans la Seine. Mais 8 milliards ! C'est pas demain qu'on va risquer l'extinction ; et même si la population mondiale baissait, un p'tit coup dans les miches et on relance la machine, non ?

    Avec tout ça, il y en a qui ont peur qu'il y ait trop de noirs, trop de jaunes, trop de... vivement qu'on soient tous caca d'oie. Et puis, comme à la récré on se montrait nos biceps ou nos mollets, c'est à qui aura le plus gros populo, au moins plus que son voisin (histoire de pouvoir lui péter la gueule un des ces jours ?). Les Chinois se la jouaient avec leur milliard et voilà que les Indiens sont en train de les rattraper ; les gars, il ne faut pas se laisser faire. Amis de l'Empire du Milieu, réarmez le bazooka à spermatozoïdes et reprenez votre leadership.

    Blague à part, on nage en plein délire. Pour faire tourner la machine il faudrait se reproduire à couilles rabattues, au moins trois morveux, voire quatre, par famille. Dix, douze, quatorze milliards de Terriens, qu'importe. Allez, enfournez, entassez, construisez, lotissez, et, si vous avez le temps, lisez Les monades urbaines de Robert Silverberg.

    Hormis l'équilibre des organismes de retraite et le soutien de la consommation, je ne vois pas en quoi l'augmentation de la population est bénéfique. On me donne parfois l'argument des progrès scientifiques : le progrès en science n'a pas forcément besoin de nombre pour exister, mais plutôt de temps, de partage et de transmission. Enfin, je ne vois pas en quoi on est mieux à 20 000 plutôt qu'à dix dans une ville : que gagne-t-on à l'augmentation de la population -rêve de presque tous les maires- si ce n'est plus de circulation, moins de place, moins d'espaces verts et d'endroits charmants, moins de communication entre les gens ?

    Allez, amis Nobés, faites votre devoir séminal si vous ne voulez pas passer pour un vilain malthusien, un trique-menu, une petite bourse, un peine à jouir.  Et entonnez ce chant martial : "Aux dames citoyens, formez vos bandaisons, baisons, baisons, qu'un jet bien pur abreuve leurs sillons... " *

  Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Ce paragraphe est le résultat d'une crise de trumpite aigüe.

mardi 1 avril 2025

FÉMININ DE COURAGE

     Je n'idéalise pas les femmes ; j'en ai connu, j'en connais, des crétines, des tordues, des sadiques et des businesswomen sans pitié. Malgré tout, il est difficile d'ignorer que plus de 90 % de la criminalité est l'affaire des hommes ... que le monde, globalement mené par des hommes depuis des siècles, est un bordel sans nom... que les masculinistes se trompent quand ils pensent qu'ils ont le monopole de la force physique, de la lucidité politique et de l'aptitude scientifique.

    Un truc qui m'a toujours épaté, c'est le courage des femmes dans les conflits : quand elles s'exposent sciemment à l'arrestation, la prison, l'exécution. Sans compter le viol, dommage collatéral presque automatique (plus rare pour les hommes, encore que...).

    Alors aujourd'hui, moi qui n'arrive pas à cent folohoueurses, qui me bats l'œil d'influencer les achats de qui que ce soit, qui n'ai pas la moindre envie de balancer un selfie pour montrer que je suis un des plus musclés vieillards au monde, j'ai juste besoin de penser à trois femmes formidables...

 

Nargues Mohammadi (normalement, encore en vie) qui défie les théocrates iraniens.

Anna Politkovskaïa qui a défié Poutine, le psychotique.

Berta Caceres (honduras) qui a défié le pouvoir des écocidaires.

 

    Il est temps de trouver un synonyme féminin à courage ; bravoure n'est pas mal ; je préfèrerais force d'âme.

mercredi 12 mars 2025

MOTPHOBIE

     Après un billet dont j'assume la noirceur et le pessimisme, il est temps, chers Nobés, que je revienne à des préoccupations plus légères et que je laisse parler ma fibre d'obtus congénital, mon fond néandertalien, ma goguenardise de nouveau béotien.

    Car, enfin, il faut que j'expectore toute mon irritation quant à certains mots dont on nous rebat les esgourdes, à commencer par genré ! Genré, non genré, pas tout à fait genré, genré mais pas trop... Ça commence à me courir sur le haricot. Depuis ma naissance, je me balade avec mon petit costume trois pièces et je ne me suis jamais plaint à ma maman de ce choix que je n'ai pas fait ; et comme je suis un gentil garçon, je me réjouis de ce que les femmes, de leur côté, promènent des attributs particuliers, auxquels je voue une tendresse particulière. Tout le reste n'est que littérature.

    Réenchanter : celui-là, il me file des frissons dans les dents. Un sommet de niaiserie, de cuculerie pralinesque, souvent récupéré par les plus sordides propositions commerciales. Réenchanter le monde : après vingt siècles de guerre et tous leurs dommages collatéraux : bon courage !

    Tiens, je m'étais presque calmé, et puis voilà qu'un petit présentateur pommadé vient me susurrer, avec la bouche en cul de poule, un inclusif qui me tire l'ire* derechef. Ventre Saint-Gris, l'envie brutale de faire de la purée de cuistre, de la bouillie de trissotin, de la compote de cons !

    Un qui m'a amené au bord de l'explosion, c'est réensauvager : un brave nordique, végan pur et dur, prônait la disparition de la viande et des pâtures concomitantes. L'innocent : près des villes, ce serait la porte grande ouverte à l'urbanisation. Commencez, déjà, par laisser la vie sauvage tranquille.

    Moi qui aime me plonger dans le cœur des forêts auvergnates, rentrer jusqu'à la taille dans les rivières (sans bottes), on vient me provoquer, m'escarmoucher avec des spectacles et des expériences immersifs. Et les mecs, vingt ans de kayak en mer, je ne vous ai pas attendu pour m'immerger, mais pas dans une salle obscure ou avec un coach pour me tenir la main. Cornegidouille !

    Enfin, je vais abréger mon martyre avec, peut-être, le pire de tous : iconique. Et vas-y que je te vois des icônes partout ! Enlève le premier i, ça te fera du bien. Un chanteuse iconique, un(e) acteur(-trice) iconique, un sportif iconique ; enlève le i et met un m, ça me fera des vacances. Ironique, encore, ça passerait.            

   Non, j'ai beau chercher, je ne vois qu'une personnalité iconique -il faut dire qu'elle a deux sacrés jolis cônes- c'est Nab, ma philosophe préférée. Allo! Non, mais allo, quoi !


*Celui-là, déjà fait dans un vieil article de Yadupéku, ne m'a pas rapporté un kopek ! Si vous avez le goût de l'archéologie, vous pouvez toujours le chercher...

 

     

dimanche 9 mars 2025

JET D'HUMEUR NOIRE

     De tous les animaux, le plus indécrottable est l'homme. Aux bêtes, on peut apprendre à tempérer leur agressivité, à dominer leurs instincts, à faire société. L'homme ?

    Des saint laïcs, les plus fins moralistes, des philosophes lumineux, ont eu beau l'inciter à la bienveillance, l'équanimité et la modération, échec sur toute la ligne ! En dépit de vingt siècles de civilisation, de leçons historiques et de vertueuses pensées, ce sont toujours les mêmes violences, les mêmes accaparements, le même sadisme.

    Qu'importe que le viol et le meurtre soient perpétrés en toge, en armure ou en treillis, si la férocité imbécile demeure ! Car, comment appeler celui qui investit une fortune dans des outils de mort et refuse l'argent à la médecine ? Un idiot, un inconséquent, un aliéné ? 

    Malheureusement, c'est un genre d'homme éternel, dont chaque génération engendre sa portée, toujours bien trop nombreuse. Il est parfois considéré comme un héros -au moins au sens historique-, héros dont la légende n'est, sous le manteau de la fable, que ruines de peuples agressés, meurtres, exactions ou destructions. Cet homme, il s'appelle Gengis Khan ou Alexandre le Grand, Napoléon ou Hitler, Franco, Caucescu ou Pinochet, Staline ou Poutine, voire Trump... Tout à sa gloire, à ses rêves de grandeurs, il piétine et écrase, incapable de ressentir la douleur, la souffrance et le désespoir qu'il inflige aux autres.

    Où est l'intelligence de celui qui estropie sous les bombes, torture de façon organisée, viole parce qu'il a momentanément pouvoir sur l'autre ? On en préfèrerait presque l'IA -si elle n'est pas programmée par un des ces dangereux "humanistes"- ou on en viendrait à espérer une invasion d'extra-terrestres qui ratatineraient toutes les fientes humaines, souteneurs, dictateurs, narcotrafiquants, politiciens véreux, marchands de sommeil, prédateurs de tout poil...

    Autant rêver de l'arrivée de Jésus, en astronef, sur la place Saint-Pierre.

 

*Palmarès des trucideurs

Champion, avec félicitations du jury : Mao, 70 millions de morts 

Prix d'excellence : Gengis Khan, 40 millions

Prix d'honneur : Hitler, 25 millions

Premier accessit : Staline, 20 millions

Prix spécial du jury : Pol Pot, 2 millions (mais 1/4 de sa population). 

Prix d'encouragement : Napoléon, 2 millions.

Prix du meilleur espoir : Poutine.

 

jeudi 27 février 2025

PETIT PAPA NOËL

     Ah, mes agneaux, tout un chacun prétend ne pas croire au Père Noël, et pourtant... Des pernoëls, cela fait belle lurette qu'il en traîne, et pas en traîneau, dans la fourmilière démente qu'on appelle le monde ; des lustres qu'ils nous font prendre des vessies pour des lanternes, des corbeaux pour des ortolans, des œufs de lump pour du caviar, et qu'ils nous font étinceler leurs "joujoux par milliers". Tiens, le grand blond foutraque, l'agité du bocal, l'homme au hennin capillaire dit à coiffure papillon, c'est pas un beau pernoël, ça : ils avaient des paillettes dans les yeux, les amerlinches, quand il leur disait "je vais nettoyer tout ça, les métèques, les fonctionnaires, l'union européenne et tous les niaquoués de la planète". Et, cherry on the cookie, il leur a fait don du mot magique, de la parole ultime : le maga* !

    Ce nonobstant, soyons objectifs, on n'a pas attendu Mister T. pour gober à plein bec les billevesées, les charres et autres calembredaines. Je vous ai mis de côté trois petites friandises, chopées dans un livre de référence, le Dictionnaire du Diable, de Roland Villeneuve...

    Dans les années 50, Paul Decoray, un charlatan, créa un talisman, le pentacle sacré hindou, qui vous mettait à l'abri des coups du sort mais pas des aigrefins.

     En 1969, un mage, qui se baptisait Prophète du soleil, avait coutume, dans le jardin de la secte, de s'enfermer dans une tente avec une belle disciple, pour mettre à l'épreuve la force de sa vertu. Avant de procéder à ce test effrayant, il demandait aux autres membres de prier avec vigueur contre les démons qui viendraient interrompre son "commerce mystique". Hélas, à son corps défendant, il faisait subir les derniers outrages à la jeune personne, à "couilles rabattues", si vous me permettez l'expression. Après avoir cédé sans rémission au sortilège lubrique, il sortait de la tente et engueulait les disciples pour la mollesse de leurs prières...

    Autre pernoel cocasse, le Père Ginoux qui avait créé, dans les années 80, Le temple d'exorcisme. Il pouvait désenvouter le quidam pour 200 francs la consultation et, n'écoutant que son altruisme, il organisait des séances collectives pour lesquelles les malheureux maléficiés ne s'acquittaient que de 600 misérables francs !

 

Et vous me dites que le Père Noël n'existe pas... Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Make America great again.

mercredi 12 février 2025

SPÉCIAL CLUNOBÉ

     Chers membres du Clunobé,

     Je sais que vous êtes des érudits modestes, que sous votre carapace de citoyen bougon et rugueux, se cache un penseur subtil, amateur des belles lettres, c'est pourquoi je n'hésite pas, aujourd'hui, à "taper dans le haut niveau". Je pousserai même l'audace, le culot, voire le toupet, jusqu'à vous conseiller une lecture !

    L'envie de vous concocter cet article m'est venue comme pousse un bouton de fièvre sur la lèvre d'une jeune beauté. En fait, je lisais -à la fois ignominieux et concupiscent- Le banquet des Léopards du regretté Alphonse Boudard, auteur de quelques livres roboratifs, tels que La cerise, Le corbillard de Jules et, œuvre par laquelle je perdis ma virginité argotique, La métamorphose des cloportes (à moins que ce ne fût par Si "queue d'âne" m'était conté de Frédéric Dard).

     Alors que je tournais les pages d'un doigt ému et pudique, je suis tombé sur ces lignes :

 "Il aimait lui les femmes bien en chair... les grosses, comme Dédé Hardellet le poète. [...] Hardellet, on ne l'a jamais reconnu pour ce qu'il était, pour ce qu'il reste... Un écrivain infiniment précieux, un chercheur proustien du temps perdu... un ange fourchu du bizarre. Dans les belles lettres comme partout règne l'injustice la plus évidente. On adule plusieurs générations de pauvres plumitifs à l'écriture fade... faux penseurs, poètes pacotilles ! Certains, dès leur apparition, leur premier bout de texte. Un pâlichon roman gallimardien, toute la coterie, les affectés spécieux, les salons, les petites revues vous le proclament grand tauteur... celui qu'on attendait. Ça se discute plus ultérieur... c'est admis une fois pour toutes. Il peut pondre n'importe quel pensum, faribole... on étudie ses pauvres fientes en faculté, on ensnobe les garnements... on le traduit dans toutes les langues. Il est le messager de la France. D'autres pourront produire, pendant ce temps, des choses sublimes, des petits joyaux ciselés d'émotion, d'expérience, de goût... personne, mis à part quelques amateurs obscurs sans influence aucune, ne parle de leurs œuvres. Ce qu'il faut faire je crois, beaucoup de schproum, de salades, de proclamations, de scandale, un exercice pour lequel Hardellet n'était pas doué." 

    Je ne commenterai pas ce texte ; je me contenterai de vous conseiller la lecture de Irréfutable essai de successologie, de Lydie Salvayre. Elle m'a fait sourire plus d'une fois.

    Pour alléger cet article, permettez-moi, chers Nobés, de vous transmettre une nouvelle, que seul mon ignoble abandon de Yadupéku? ces dernières années m'a empêché de diffuser : il y a un peu plus de quatre ans, Gwyneth (à l'origine, je crus que c'était gouinette) Paltrow, l'actrice américaine, a commercialisé un parfum puis une bougie aux senteurs* de son vagin. La chandelle a connu un succès éclatant, même pour un prix oscillant entre 67 et 75 dollars. Brutale rupture de stock : j'eus une pensée émue pour cette courageuse personne qui dut pratiquer des milliers de fois l'inductio lucernae (enfin, je suppose).

  Allo! Non, mais allo, quoi !



*Senteurs définies comme "un mélange de pamplemousse acidulé, de néroli et de baies de cassis mûres mélangées avec du thé en poudre et des absolus de rose turque".