Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

mercredi 12 février 2025

SPÉCIAL CLUNOBÉ

     Chers membres du Clunobé,

     Je sais que vous êtes des érudits modestes, que sous votre carapace de citoyen bougon et rugueux, se cache un penseur subtil, amateur des belles lettres, c'est pourquoi je n'hésite pas, aujourd'hui, à "taper dans le haut niveau". Je pousserai même l'audace, le culot, voire le toupet, jusqu'à vous conseiller une lecture !

    L'envie de vous concocter cet article m'est venue comme pousse un bouton de fièvre sur la lèvre d'une jeune beauté. En fait, je lisais -à la fois ignominieux et concupiscent- Le banquet des Léopards du regretté Alphonse Boudard, auteur de quelques livres roboratifs, tels que La cerise, Le corbillard de Jules et, œuvre par laquelle je perdis ma virginité argotique, La métamorphose des cloportes (à moins que ce ne fût par Si "queue d'âne" m'était conté de Frédéric Dard).

     Alors que je tournais les pages d'un doigt ému et pudique, je suis tombé sur ces lignes :

 "Il aimait lui les femmes bien en chair... les grosses, comme Dédé Hardellet le poète. [...] Hardellet, on ne l'a jamais reconnu pour ce qu'il était, pour ce qu'il reste... Un écrivain infiniment précieux, un chercheur proustien du temps perdu... un ange fourchu du bizarre. Dans les belles lettres comme partout règne l'injustice la plus évidente. On adule plusieurs générations de pauvres plumitifs à l'écriture fade... faux penseurs, poètes pacotilles ! Certains, dès leur apparition, leur premier bout de texte. Un pâlichon roman gallimardien, toute la coterie, les affectés spécieux, les salons, les petites revues vous le proclament grand tauteur... celui qu'on attendait. Ça se discute plus ultérieur... c'est admis une fois pour toutes. Il peut pondre n'importe quel pensum, faribole... on étudie ses pauvres fientes en faculté, on ensnobe les garnements... on le traduit dans toutes les langues. Il est le messager de la France. D'autres pourront produire, pendant ce temps, des choses sublimes, des petits joyaux ciselés d'émotion, d'expérience, de goût... personne, mis à part quelques amateurs obscurs sans influence aucune, ne parle de leurs œuvres. Ce qu'il faut faire je crois, beaucoup de schproum, de salades, de proclamations, de scandale, un exercice pour lequel Hardellet n'était pas doué." 

    Je ne commenterai pas ce texte ; je me contenterai de vous conseiller la lecture de Irréfutable essai de successologie, de Lydie Salvayre. Elle m'a fait sourire plus d'une fois.

    Pour alléger cet article, permettez-moi, chers Nobés, de vous transmettre une nouvelle, que seul mon ignoble abandon de Yadupéku? ces dernières années m'a empêché de diffuser : il y a un peu plus de quatre ans, Gwyneth (à l'origine, je crus que c'était gouinette) Paltrow, l'actrice américaine, a commercialisé un parfum puis une bougie aux senteurs* de son vagin. La chandelle a connu un succès éclatant, même pour un prix oscillant entre 67 et 75 dollars. Brutale rupture de stock : j'eus une pensée émue pour cette courageuse personne qui dut pratiquer des milliers de fois l'inductio lucernae (enfin, je suppose).

  Allo! Non, mais allo, quoi !



*Senteurs définies comme "un mélange de pamplemousse acidulé, de néroli et de baies de cassis mûres mélangées avec du thé en poudre et des absolus de rose turque".

vendredi 7 février 2025

DÉGONFLER LE MELON

     Parmi les écrivains, il en est dont l'orgueil suinte par tous les pores de la peau ; ils commencent par avoir les chevilles qui gonflent, puis, la vanité suivant un mouvement ascendant, ils finissent par avoir le melon. Si l'on peut comprendre cette hypertrophie autophile chez des célébrités comme Philippe Sollers (Dieu ait son âme), on peut s'étonner de celle d'auteurs bien plus obscurs (j'en fus le témoin sidéré).

    S'ils ne sont pas affligés, comme certains de mes confrères et moi-même, d'une tendance féroce à l'autodérision, les infatués risquent un éclatement du bulbe, particulièrement dangereux pour leurs thuriféraires qui bourdonnent et volètent dans leur aura. Dans un esprit à la fois charitable et œcuménique, je leur propose trois remèdes pour éviter cette explosion cérébrale.

    1- Le passe-livre : j'en ai visité un, dernièrement, à Colmars-les-Alpes, fort bien fourni, cimetière des éléphants d'une autre époque. Les "gros vendeurs" d'hier gisaient, éparpillés sur le sol, mordant la poussière : les Troyat, Sabatier, Denuzière, Des Cars... Cet édicule bourré d'ouvrages m'est apparu comme une sorte de purgatoire, lieu transitoire avant la disparition dans les limbes.

    2- La librairie d'occasion : hormis quelques recoins où, comme la laisse de mer, des bouquins ont échoué, pêle-mêle, déjà empoussiérés, c'est un espace où les exemplaires sont à peu près rangés. Ici demeure un reste de dignité, mais les couvertures gercées et le papier jauni trahissent le début de la déchéance, la glissade initiale dans la pente fatale de l'oubli. 

    3- Le catalogue de dernière page d'un livre déjà daté : c'est peut-être l'expérience la plus radicale. Elle éradique toute illusion. J'ai parfois épluché ces listes de quelques pages, sans trouver auteur que je connusse, moi qui ai quelques connaissances en littérature. Cinquante, cent écrivains parfois, dont je n'avais pas lu une traître ligne : espoirs de leur éditeur, vedettes en devenir, aujourd'hui cadavres décomposés, victimes de la broyeuse temporelle.

    Alors, chers confrères, faites comme moi : cueillez dès à présent les roses du lectorat, avec simplicité et reconnaissance. Déjà heureux d'avoir procuré quelque plaisir à d'honnêtes gens. Dites-vous bien que dans cinquante ans, presque toutes les gloires seront parties en fumée, que les jeunes gens du futur se jetteront sur vos livres comme je me jette sur le chansons de Rina Ketty.

    Avant de laisser le dernier mot à ma philosophe préférée (qui restera, elle, ne serait-ce que pour ses pleins et ses déliés), permettez-moi, amis Nobés, de donner la parole à Céline : "Invoquer la postérité, c'est faire un discours aux asticots."

      Allo! Non, mais allo, quoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche 26 janvier 2025

SE BERLURER

    Voyons, comment dit-on ?  Prendre des vessies pour des lanternes, se monter le bourrichon, s'autocouillonner, se balancer du guano dans les mirettes, se jouer de la mandoline ? 

    L'humain, dont je suis un exemplaire lambda (mais néo-béotien) a l'art de se faire des illusions : comme mon ami Trump qui croit sauver la planète en la forant (Drill, baby, drill !) ;  comme Bryan Johnson qui pense ne jamais vieillir et encore moins mourir.

    Ceci dit, en ce qui concerne Bryan Johnson, je confesse une certaine mauvaise foi. Mais j'ai des excuses ; en fait, je suis terrifié à l'idée que lui ou un autre transhumaniste trouve le moyen de renvoyer Jeanne Calmant au statut d'ex-recordwoman du retard à clamser. Pourquoi ? S'ils y arrivent, connaissant ces humanistes désintéressés, ils mettront leurs produits et technologies sur le marché à des prix stratosphériques. Et qui se les paiera ? Moi, mon épicier arabe, mon facteur, mon garagiste ?

    Pas besoin de vous faire un dessin : j'en transpire déjà... Trump*, Poutine, Kim Jong-UN, vivant jusqu'à 130, 140, 150 ans. Allo ! Non mais allo, quoi !

    Toujours dans le registre du doux rêve, du pot au lait pérettien, du château espagnol, je me délecte de la floraison des monnaies virtuelles : ah ! mes agneaux, heureusement qu'il y a cette bonne vieille amnésie qui nous vide le carafon, sinon, nous nous rappellerions le papier-monnaie du père Law, les assignats, les emprunts russes (j'en ai une liasse dans un dossier), les placements Madoff**. Même le bitcoin m'inspire un anxieux respect ; déjà que ce nom fait chauffer ma cafetière cérébrale : la machine à biter les cons, le paradis du bête et con, effondrement des bourses et des bit co(i)ns. Doux Jésus ! 

    Pour achever cet article, dont je suis particulièrement content, je vous signale, chers Nobés, que, dorénavant, je conclurai mes bafouilles par cette citation de ma philosophe préférée, l'hypertétinoïdale Nabilla : Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Je vous conseille mon article du 3/06/2016, Trump (Trump pète, de là renommé).

**Pour la petite histoire, Madoff, mort à 83 ans, était un sacré bon financier, puisqu'il s'est gavé 48 ans et n'a remboursé sa dette que 11 ans et 4 mois.

vendredi 17 janvier 2025

DÉCHIRURE PSYCHOLOGIQUE

     Ah, mes enfants, quel souk astronomique s'annonce à Prayagraj, petite bourgade d'à peu près 1,2 millions d'habitants, qui accueille le fameux (soyons francs, je le connais depuis avant-hier) pèlerinage du Kumb Mela !

    Un mois et demi à se marcher sur les pieds, à se baigner dans une eau qui fait concurrence à la Seine ; les quatre cents millions de fidèles qui vont barboter dans le Sangam (confluent du Gange et de la Yanuma), sous les largages de fiente des tapées de mouettes en goguette, dans les pissettes des pèlerins incontinents et les diverses sanies de tout ce populo, ont un métabolisme en béton pour ne pas revenir avec la malaria, le typhus ou la chaude-lance !

    On peut subodorer que l'eau va un peu perdre en qualité ; mauvais temps pour le danio moustachu ou le stigmatogobius sadanundio, à moins que ces sympathiques poissons ne trouvent nourriture dans ce qui va flotter sur les eaux sacrées.

    J'étais plongé dans cet abîme de réflexions quand une information m'a foudroyé, preuve que je suis le mauvais sujet, l'escargot informatique, l'aï -paresseux- du net, l'holothurie des réseaux sociaux : et oui, mes chers Nobés, j'ignorais que Britney Spears (et d'autres, paraît-il) diffuse régulièrement des selfies où elle se montre en petite culotte fripée, mules mickey et autres tenues désaffriolantes.

    Le choc de ces deux informations m'a anéanti, au point que j'ai dû recourir à un remède extrême pour rétablir ma psyché dévastée : je me suis "tapé" trois carrés de chocolat, une bière ambrée avant de feuilleter un San Antonio. C'est dire la gravité de la situation.

    Aujourd'hui, après avoir longuement invoqué sainte Paris Hilton* et sainte Kim Kardashian, je reprends le dessus et songe même à lire les oeuvres complètes de Nabilla. Non, mais allo quoi !

 

*À genoux devant une photo d'elle recueillant un chien abandonné (véridique).

mardi 7 janvier 2025

VOUS AVEZ DIT SPORT ?

         En tant que Nobé (nouveau béotien) assumé, je tiens à m'indigner : trop c'est trop !

     Parler de sports mécaniques à propos des compétitions de motos et voitures relève de l'abus linguistique ; considérer la pétanque comme une activité sportive me paraît abusif ; quant à aujourd'hui, en visionnant un championnat du monde, je me suis dit "la coupe est pleine".

    Jeu de mots pitoyable, j'en conviens, mais réalité irréfragable : dans ce siècle de flou et de relativisme, nous confondons sport et jeux de société, notamment lorsqu'une chaîne sportive, plutôt honorable, retransmet un mondial de fléchettes (à l'Alexandra Palace de Londres). L'idée qu'on appelle cette activité sport m'est insupportable.

    Tout béotien sachant pérorer, j'argumente donc, a contrario.

    I- D'abord, le sens du mot sport. Définition du Nouveau Larousse Universel, tome 2, de 1949 : "exercice physique intense [...] les jeux offrant trop peu d'activité physique ne sont pas des sports". Et tac, dans les gencives !

    II- Ensuite, le spectacle dans cette Mecque des fléchettes : d'une part, celui des spectateurs, dont la principale performance physique consiste à écluser un maximum de pintes de bière, à hurler et à trépigner sur place ; de l'autre, celui des compétiteurs, les deux finalistes en particulier, gras comme des moines, antithèses des silhouettes athlétiques des sportifs de haut niveau.

    III- Enfin, l'exemple de la pêche, domaine où l'on distingue la pêche sportive de celle pour retraités. 

Pêche à la papa : siège relax, petite mousse, amorçage, friture de gardons.

Pêche sportive : siège vissé au pont du bateau, matériel cyclopéen, prise de thon ou autre monstre. Évidemment, on fait travailler ses bras (quand on n'est pas aidé par le guide de pêche).

Le vraie pêche sportive : pour moi, dans des gorges où il faut sauter de roc en roc, grimper, lutter à chaque traversée contre le courant et le fond glissant, prendre à l'ultra-léger une truite à la défense explosive. 

    Voilà ce que j'appelle une vraie démonstration de Nobé assumé, de celles qu clouent le bec à toute réfutation. Quel bonheur ! Et encore, je ne compte pas le plaisir de me faire tant de nouveaux amis : motards, pilotes automobiles, boulistes et archers à mini-flèches. Peut-être, d'ici quelques temps, pourrais-je y ajouter les pokéristes, les rois de la queue de billard et autre gamers...

jeudi 2 janvier 2025

AGACEMENT MATUTINAL

     Et voilà, j'étais presque zen, tant bien que mal, buvant mon thé vert "mélange oriental" et toc, la petite étincelle qui enflamme la poudre... J'ai eu beau naviguer sur trois chaînes radio, même nouvelle de portée mondiale : le nouveau Squid Game, série coréenne, et blablabla. Les oreilles me cornaient, mes trompes d'eustache saturaient, mes esgourdes s'engourdissaient, mais, jusque-là, je ne m'impatientais que de la redite, lorsque, enfer et putréfaction, un journaliste profère les termes "idée totalement originale".

    Ah, le cuistre, le bélître, le sombre paltoquet ! Le thème du jeu dont la sanction, pour les perdants, est un prompt décès, on le trouve dans Le prix du danger (1982) d'Yves Boisset, qui s'était inspiré d'une nouvelle de 1958, de l'excellent Robert Sheckley, dont je recommande Et quand je vous fais ça vous sentez quelque chose ? (1971).

    Alors, petits trissotins de l'info, remuez vingt fois votre langue dans votre bouche et vos idées dans votre cerveau avant de parler d'idée totalement originale. À ce moment-là, je serai indulgent, car créer c'est souvent accommoder les restes ; comme le disait du théâtre Tristan Bernard "Le secret du best-seller, n'est-ce pas de surprendre le public avec ce qu'il attend ?"

    Vous direz que je m'emporte un peu facilement, mais j'avais des circonstances atténuantes : la veille, déjà, j'avais dû prendre un bain de siège avec glaçons pour rafraîchir ma bile car, après les martienneries de M. Musk, je venais d'apprendre des projets ubuesques : blanchir les nuages, poser des voiles réfléchissants dans l'espace (à construire sur la lune), tout cela pour lutter contre le dérèglement climatique*.

    Finalement, aller peindre la girafe dans la galaxie pendant que toutes les coutures de la Terre pètent.


*Authentique.

mercredi 18 décembre 2024

POINTE D'AMERTUME

     À la suite d'une amère déception, due à la trahison de deux de mes meilleurs amis (qui ne le sont plus), j'ai du mal à croire à l'amitié fusionnelle. En revanche, je connais un "tas" d'humains formidables, amis plus ou moins proches, et quand je pense à eux, quand je les vois ou quand nous discutons, je n'arrive pas à comprendre comment le monde peut être mené par des gens qui n'ont ni bienveillance, ni sens de la mesure et de l'équilibre, et pas la moindre honnêteté intellectuelle.

    Qu'ils s'appellent Poutine, Trump ou Kim Jong Un, c'est la même putréfaction à visage à peine humanisé. Un seul homme a le pouvoir de gâcher la vie de millions d'autres. Consternant !

    Et, trop souvent, nous les conduisons au pouvoir. Ça me donnerait presque l'envie de relire le Discours de la servitude volontaire et le Traité de désobéissance civile...


*Discours de la servitude volontaire, Étienne de La Boétie (1574)

*Traité de désobéissance civile, Henry David Thoreau (1849)

mardi 17 décembre 2024

MUSK : ÇA SENT MAUVAIS ?

     Chers condisciples du Clunobé*, je ne vous avais pas menti : le nouveau béotien que je suis ne reculera devant aucun jeu de mots, aussi pourri soit-il. Joignant le geste à la parole, je commets donc (point noir... sortez promptement le tire-comédon) ce douteux "ça sent mauvais" qui, appliqué à Elon Musk (musc) me semble délicieusement infâme.

    Pourquoi vous parler de ce quidam dont tous les médias font leurs choux gras ? D'abord, pour soulever une objection : le tam-tam informationnel a fixé sa fortune à 440 milliards de dollars ; or, après vérification, il s'agit, très exactement, de 439,4 milliards. C'est à dire que (bisque bisque rage) M. Musk échoue à atteindre ce beau chiffre bien rond par défaut de la somme misérable de 600 millions de dollars... La honte !

    Et dire que, comme la plupart de Terriens, une somme de quelques millions de dollars me paraît stratosphérique.

    Accordons-nous un instant de récréation ; d'abord, traduisons en chiffres la fortune de Mr. Musc : 439 400 000 000, puis, d'un geste primesautier, comparons-la au relevé mensuel de notre compte bancaire. Moment de franche rigolade. Ne me remerciez pas.

    À présent, venons-en au fond. Car, en réalité, je ne vous parle de Mr. Scum que dans un seul but : vous dire qu'il me fiche la trouille. Quand je le regarde j'ai les miquettes, les chocottes, les jambes en pâté de foie ! J'ai vu sa tête quand il a décroché le bazooka politique : pire qu'une attaque du grand requin blanc dans un banc de thon. À l'entendre, il va organiser la purge des ces feignasses d'employés fédéraux, nettoyer l'État profond, envoyer des ondes de choc dans le système. Roi du cost killing, Mr. Scud.

    Croyez-moi, M.Sarkozy, rugissant jadis contre nos fonctionnaires, c'était de la roupie de sansonnet.

    Alors, amis béotiens, serrez les fesses, avant que le bon monsieur Musk ne parte s'envoyer en l'air, quelque part sur Mars.


*Je ne vais pas vous le répéter à chaque article : Club des Nouveaux Béotiens.




vendredi 13 décembre 2024

LE RETOUR DU PRÉSIDENT

     Deux ans que je n'en fiche pas une rame, que je glande, que je paresse, me contentant d'écrire un roman, par-ci, par-là, quelques écologisteries et, comble de la fainéantise, des mini-conférences telles que SF et humour, Trois figures du voyage, Écolauserie, Littérature écologiste et humour (celle-là, une pure provocation intellectuelle).

    Il est donc temps que votre serviteur, DMOS, alias Green Dad, président du Clunobé -Club des Nouveaux Béotiens- reprenne le collier ; on entend beaucoup de conneries ces derniers temps et je ne vois pas pourquoi je ne rajouterais pas les miennes à ce délectable ensemble. Quel bonheur de pouvoir, à nouveau, assumer mon fond d'imbécillité, de niaiserie et de mauvaise foi ! Clubistes aguerris et futurs Nouveaux Béotiens, bienvenue à Yadupéku, mon blog scélérat, intégralement fait à la main, sans le moindre résidus de "chatte j'ai pété".

 


    Nous, les écrivains, sommes vraiment des demeurés : passer une ou plusieurs années à se torturer le bulbe pour pondre une oeuvre qui, en général, rapporte quelques milliers d'euros ! 

    Regardez Maurizio Cattelan, le plasticien : une banane collée sur un fond blanc avec un bout de scotch argenté... 150 000 dollars. Voilà ce que j'appelle de l'efficacité, du rendement, de la compétence, de la percussion et -si j'ose dire- de la fructification.

    Quand l'art devient artiche.

    Il y en a qui protestent, qui s'indignent, qui poussent de haut cris ? Benêts que vous êtes, gourdiflots, niquedouilles. Voilà près d'un siècle que cela a commencé, avec deux phares du pipicacart, qui éclairent nos esprits de Nobés* : l'urinoir devenu Fontaine de Marcel Duchamp (1917) et le Merda d'artista de Piero Manzoni (1961), quatre-vingt-dix estrons sertis dans des boîtes de conserve jaunâtres.

    Quelques faibles d'esprit ont suggéré que c'étaient plutôt les amateurs d'art qui s'étaient fait mettre en boîte. Pitoyable... En revanche,  l'oeuvre de Manzoni a cet extrême mérite de permettre aux flâneurs des musées de s'exclamer -enfin-, sans la moindre honte : "Cette oeuvre ! Mais... c'est de la merde !"

     Qu'il en soit remercié. Qu'Allah, Jésus et Boudha l'aient en leur sainte garde !

 

*Pour les nouveaux, Nobés pour Nouveaux Béotiens.

     


lundi 11 avril 2022

BILLET DU CLUB DES NOUVEAUX BÉOTIENS, I

      En ma qualité de chef de file des Nouveaux Béotiens, je me dois de m'indigner d'un travers journalistique qui prend une ampleur inquiétante : la tendance de certain(e)s à caviarder le discours de leurs invités de questions à développement télescopique, de remarques sournoises et de commentaires en  voix off permanente, le tout alors que ledit invité essaie désespérément d'en placer une.

    Le résultat de cette jacasserie (déjà agaceries, d'ailleurs) c'est une sorte de pâté verbal, un salmigondis de mots dans lequel l'interviewé se débat pour éviter la noyade. Écoute assez pénible et frustrante pour le béotien moyen, accompagnée de l'envie de stranguler les journalistes malotrus.

    Si je ne devais fournir qu'un exemple, je donnerais celui de Jean Lassalle, réduit aux borborygmes par des journalistes discourtois, et qui devins d'une limpidité étonnante devant le questionnement apaisé et le silence respectueux de sa parole, de Carine Bécard et d'Eric Delvaux, un samedi matin sur France Inter.

    En tant que simple d'esprit je considère que la vedette d'une interview c'est l'invité, pas les journalistes, aussi célèbres soient-ils.

    Longue vie aux Béotiens nouveaux !