Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
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amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

samedi 26 septembre 2015

LA SF

    Pour beaucoup d'éditeurs et de lecteurs la science-fiction c'est l'horreur, la médiocrité et la dégoûtation. Je ne m'explique toujours pas la force de ce rejet. Comme eux, je suis exaspéré par les pâles imitateurs de Tolkien et de Lewis  mais je trouve à ce genre littéraire de la richesse et de la pertinence. Et les meilleurs livres du genre n'ont rien à envier au roman sentimental, psychologique ou réaliste.
    Sa richesse tient à l'absence de brides pour l'imagination et au nombre de sous-genres (exploration, robot et androïde, anticipation, épopée galactique, fantaisie héroïque, post-apocalypse, uchronie,...).
    Malgré tout c'est dans le domaine de la pertinence que la SF se distingue ; les intellectuels et les politiques des années soixante pouvaient faire des gorges chaudes en écoutant les Dumont et les Dorst -"Vos propositions, mon cher, c'est de la science-fiction !"- aujourd'hui leurs successeurs sont confrontés à la réalité des faits.
    Ainsi, tous ceux qui vont pratiquer l'esquive, la langue de bois (donc renouvelable) et les envolées lyriques avec frein à main serré, à l'occasion de la COP 21, seraient bien inspirés de lire deux romans qui ont laissé des traces dans mon esprit : Sècheresse de J.G.Ballard (1964) et Les monades urbaines de R. Silverberg (1971).
    Et s'ils ont besoin d'un petit pousse-café, ils peuvent siroter la longue nouvelle "Fin de siècle" dans le recueil Futurs sans avenir de J.Sternberg (1971).


N.B. : Cette rubrique n'est pas à sens unique. Ceux de mes lecteurs qui auraient des livres à me conseiller peuvent me laisser une note dans les commentaires.

P.S. : Ah, les bougres de petits vampires... Je n'avais même pas achevé mes corrections qu'il y avait déjà six lecteurs. Gourmands, va !

vendredi 25 septembre 2015

SOURIRE

    J'ai bien des reproches à faire aux hommes mais je n'ai ni assez de pessimisme ni assez de mauvaise foi pour contester les bienfaits de l'humanité :
      les relations humaines, la société
      l'artisanat et toutes les formes d'art
      les cités qui sont comme un trésor minéral dans leur environnement
      les jardins d'ornement et l'empreinte paysagère de générations de paysans
      l'humour, l'amour, la gastronomie.
    Et puisque c'est le jour du sourire (parfois sous-rire au vu de mes jeux de mots) voici trois noms de personnes dont les réalisations me réjouissent :
      Simon Vélez et son architecture de bambou
      Paulo Costa et son tabouret en liège
      Laëtitia Dupé et sa maison baluchon.

jeudi 24 septembre 2015

EXPRESSION DURABLE

Dans un article du 26 février [Permaresilience] je m'en prenais à l'entourloupe que constitue la traduction de sustainable development par développement durable. Permettez-moi de revenir sur la signification de cette traduction volontairement décalée.
    Pour un béotien comme moi, un développement durable suppose, soit qu'on va pouvoir continuer à se développer sans rupture dans la croissance, soit qu'on va continuer à se développer sans remettre en cause la durabilité des ressources. Or, les deux options sont, tôt ou tard, insoutenables car du point de vue de l'impact sur notre lieu de vie -notre planète- le développement actuel n'est pas soutenable.
    Quelles que soient la qualité et la finesse des technologies inventées pour pallier les pollutions ou la raréfaction des ressources, notre mode de développement suppose une telle "consommation" de la Terre qu'il est impossible de le soutenir encore longtemps.
    D'où cette prestidigitation linguistique, qui désamorce toute la charge critique de l'expression d'origine.
    Par exemple, l'exploitation du bois est forcément durable puisqu'il s'agit d'une ressource renouvelable, mais rien ne dit qu'elle est soutenable si l'on considère les méthodes et les volumes d'abattage dans les pays nord-américains.
 
    N.B. : Si je me trompe, décillez-moi par un commentaire bien senti. Merci.

mercredi 23 septembre 2015

PREMIERS FRUITS D'AUTOMNE

    Philippe K. Dick a écrit Ubik, une bluette ; aujourd'hui existe big data, dieu de l'ubiquité et de la paranoïa.

    Si l'homme devait ne plus vivre dans le mensonge, il ne pourrait plus se supporter et s'effondrerait devant son vide et son inconséquence.

    Fourmi de l'écriture, j'ai la trouille de la drouille.

    Ludonymes gratuits inspiré par une bibition aussi récente que déplorable : café des gueux, café dégueu, café fécal ; dépit de boisson.

N.B. : bonjour de ma part à  Wiktionary et Reverso.

NÉ GRILLÉ

     Jésumarijosef, ma bonne dame, où est passé le bon temps de l'esclavage à la papa ? Parce que le servage moderne c'est pas une vie !
    Si vous achetez un troupeau de salariés non domestiqués -une entreprise quoi !- il va falloir suer comme une bête pour réussir leur dressage. Par bonheur, un philantrope de mes amis (Bernard T.) m'a communiqué la recette du Vol au vent financier :
    § travailler vigoureusement la pâte à l'aide d'un bon licenciement boursier
    § asservir les salariés, bien les assaisonner avec un sublimé de peur et de division
    § assécher les fournisseurs (ils ne sont jamais assez amincis)
    § emprunter gros (le banquier se dresse gentiment et l'on n'a jamais trop de farce) 
    § optimiser les restes [les bénefs] dans un PF*.
    Vous en conviendrez, c'est épuisant et tout cela ne vaut pas la méthode traditionnelle : rapt et  razzia, chaînes et fouet, marché au bois d'ébène...
    Décidément, il n'y a plus de poésie en ce bas-monde ; même l'asservissement n'est plus ce qu'il était. Les négriers portent costume-cravate, pérorent sur les vertus du libéralisme, et on aurait presque envie de les remercier.
    Bien, bien ; avant que Bolloré ne privatise ma plage et mes vagues, je vais prendre mon morey et me casser, histoire de me soumettre à la mer. DMOS

*PF : paradis fiscal, parfisc pour les amateurs d'abréviations.

mardi 22 septembre 2015

DMOS À AIX

    Mon morey est jaloux parce que jeudi dernier, après avoir essayé un paddle, j'ai surfé en kayak tout l'après-midi ; à présent il boude dans le garage. D'autant que cet été je ne l'ai pas emmené sur les plages de sable fin du Cotentin... Enfin, ça lui passera !
    A propos de paddles -qui squattent les bons spots comme des morpions sur du poil douteux- je me permettrai deux remarques : d'abord c'est stand up paddle (on rame debout), sinon faire du paddle signifie seulement pagayer ; ensuite, nous avons connu (nous les sexa) l'ancêtre de cet engin, le gondolys, mais à l'époque la notion de surf en France se limitait aux disques des Beach Boys... Par ailleurs c'était un engin pour draguer les sirènes plutôt que l'écume.
    Je ne dirai rien de la prochaine COP21, CMP11 sur la CNUCC ; j'aiguise juste mes flèches en attendant le fruit de la parturition du mammouth...
    Samedi et dimanche, week-end du patrimoine à Aix : au-delà du bonheur de revoir le musée Granet, un terrible choc : la confrontation de deux images qui a ouvert dans mon esprit un abîme douloureux et amer. Samedi, flânerie dans le parc du jas de Bouffan, enserré par un boulevard, une autoroute et des immeubles sans âme ; dimanche, une toile lumineuse de Cézanne, du même jas, en 1874. Ce fut comme une brûlure morale.
    En cent cinquante ans l'admirable paysage a sombré dans la banalité bruyante (j'évite "laideur consternante" pour rester objectif) et une question a pénétré mon crâne comme un fer rouge : que gagnons-nous à être 140 000 là où nos arrière-grands-parents étaient 29 000 et nos parents 54 000 ?
    Plus de bruit, plus de béton, moins d'arbres, moins d'espace et de perspectives charmantes ? Je ne parviens pas à comprendre le dogme de la natalité dans ce monde qui rétrécit ; venant des planificateurs, des patrons de grandes entreprises, des zopos*, je peux le comprendre même si je le désapprouve. Les uns pensent à l'équilibre des retraites, les autres à la masse nécessairement croissante d'acheteurs, les derniers à un des rares chiffres qui soient encore à leur avantage.
    Mais que des gens normalement constitués puissent se réjouir des dix milliards d'individus promis pour la fin du siècle (imaginant que les hommes vont faire une pause une fois ce chiffre atteint !), cela échappe à mon entendement. Si, comme moi, vous naviguez entre deux âges, plus proche du Cap Horn que de celui de Bonne Espérance, vous pouvez imaginer, à la mesure de ce qu'étaient les villes et les paysages de votre tendre enfance, ce que regarderont vos arrière-petits-enfants.
    Si encore les considérations ci-dessus étaient le fait d'un vieillard grincheux et atrabilaire... Au quotidien je ne crois pas passer pour un rabat-joie, un pisse-vinaigre ou un bonnet de nuit (un barbu oui, un barbon non) ; j'aimerais juste que mes descendants aient encore le choix, la possibilité de rincer leur oeil au spectacle d'un paysage modeste mais charmant, sans avoir à acquitter un droit d'entrée ou solliciter une autorisation administrative, sans avoir à rouler deux heures avant de pouvoir se retremper à la vue d'arbres et de prairies harmonieusement disposés.
    Y aura-t-il jamais un homme de pouvoir pour poser cette question : pourquoi devrions-nous être sans cesse plus nombreux ? Un homme prêt à braver l'anathème du malthusianisme. On peut toujours rêver.
    Bon, je vais aller voir mon morey, au cas où il ne me ferait plus la gueule.


*zopos : les hommes politiques, pour ceux qui ne me lisent pas régulièrement.
   


mercredi 16 septembre 2015

DMOS, LE RETOUR

    Deux mois, quasiment sans radio, ni télé, aveugle et sourd à internet ! Léger comme un papillon et futile comme une Paris Hilton méridionale... Revenu en mes terres pradétanes, je sens mon cerveau qui rebouillonne, mes doigts qui me démangent.
    Déjà, je ne peux retenir mes hoquets sarcastiques à l'idée de l'éléphantiasis médiatique du COP21 qui accouchera de l'immanquable souris (et si je me trompe j'essuierai quolibets et crachats avec délice, car quelque chose aura enfin changé).
    Vous allez devoir me laisser un peu de temps pour que j'organise ma pensée, tant est grande la profusion de matière à saillies.
    Toutefois, ayant laissé plus de soixante jours jeûner votre esprit, si friand des mes foucades verbales, je me devais de vous offrir deux pralines littéraires pour tromper votre faim.

    Ce ne sont pas les poignards, les kalachnikovs et les bombes qui tuent le plus, c'est le cynisme, loin devant le fanatisme.

    J'ai acheté un mini-tube d'orange pour faire un zeste de peinture.

mardi 7 juillet 2015

AVANT DE PARTIR

    Mes chers petits vampires, vous allez me manquer et mes humeurs vont se dissoudre dans quelques lieux champêtres et retirés. Je crains que pendant deux mois vous ne voyiez guère passer d'articles sur ce blog : cela vous fera des vacances.
    Cependant, je ne vous laisse pas totalement démunis puisque vous pouvez toujours aller grignoter des morceaux de MA GUEULE OUVERTE [http://www.youscribe.com/catalogue/tous/litterature/autres/ma-gueule-ouverte-2576863], regarder le court-métrage sur HIER LA TERRE [https://www.youtube.com/watch?v=jbtYDj3ChmQ], commander mon dernier roman, DÉVASTATION chez mon éditeur -en précommande, livré en octobre- [http://petroleuses-editions.com].
    Je vous souhaite un bon été. DMOS

samedi 4 juillet 2015

FEMME, VOIS-LES !

    Je tiens avant tout à prévenir mes lecteurs fidèles que cet article est un peu particulier: pas de jeux de mots, pas de boutades. Je ne me suis permis qu'une fantaisie, dans le titre.

    Il y a une quinzaine, je patientais dans une queue aux caisses d'un grand magasin. Comme nous devons être nombreux à le faire, je laissais errer mon esprit pour tromper mon impatience. A un moment est arrivé, au bout de la file la plus proche, un couple dont la femme, la trentaine, disparaissait sous un très beau vêtement gris souris qui ne laissait de visible qu'une bande de visage : les yeux, le nez et le haut des joues.
    A regarder cette femme, murée dans sa robe, je me suis senti blessé. Pas exaspéré ou choqué. Ce n'était pas un réflexe xénophobe ou à relents anti-religieux mais sa violence m'a mis mal à l'aise, au point que j'ai dû m'expliquer avec moi-même.
    Voilà quelques temps que j'ai dépassé mes premières réactions à cet affichage d'habits que je juge oppressifs : énervement devant l'envie de "provoquer le gaulois" ; irritation devant la volonté d'étaler sa religion -ainsi commence toute intolérance ; navrement à l'idée que cette emprisonnement vestimentaire est le fruit d'une contrainte.
    Non, ce que je ressentais avec une brutalité si intime c'était le malaise qu'on éprouve lorsqu'on assiste à une trahison : en fait, toutes celles qui arborent des vêtements coercitifs -si elles n'y sont pas obligées- trahissent leurs soeurs qui ont lutté pour leur émancipation et toutes celles qui se battent dans le monde pour sauvegarder ou obtenir le droit à vivre en êtres autonomes et responsables d'eux -mêmes.
    On sent tellement de forces réactionnaires tapies dans l'ombre de la respectabilité, prêtes à remettre les femmes à leur "juste place", que le choix d'une tenue qui efface la personne est déjà un acte conséquent.
    Je ne vois pas d'autre raison à l'intensité de ma réaction... Et ceux qui me lisent avec fidélité savent que je n'ai pas plus de tendresse pour les poupées barbies qui font commerce médiatique de leurs attributs.
    Oui, je suis blessé de voir des femmes que l'on séquestre dans leur vêtement et je crains qu'il n'y ait pas loin de cette claustration à d'autres restrictions encore moins recommandables.

jeudi 2 juillet 2015

JURASSIQUE

     Chers petits vampires, vous pourriez penser que je suis un râlichonneur de première, moi qui suis doux et suave comme un rahat loukoum ; de même vous pourriez croire que je suis passéiste... Que nenni : je n'ai jamais idéalisé le passé. D'ailleurs, je n'aurais pas aimé vivre à des époques où la dénonciation d'un "bon voisin" vous expédiait dans les salles de torture de l'Inquisition ou de la gestapo, où la chirurgie pouvait se fournir au BHV, où les famines rendaient l'idée de cure amincissante aussi réelle qu'une baisse généralisée des impôts.
    Mais il me semble être capable de trier dans le vieux temps ce qui était bon et que je vois se réduire comme peau de chagrin. Les paysages, la qualité globale de la nourriture, l'abondance de la vie animale, la dimension humaine des villes, un rythme de vie plus en rapport avec notre métabolisme.
    Je n'ai jamais accepté la notion de rançon du progrès ; cette expression funeste couvre toutes les abominations, intellectuelles, sociales, environnementales.
    Le dévoiement même du mot progrès mériterait un livre : en son nom... (suite demain, j'ai une urgence).

    Nous voilà déjà demain, et aujourd'hui est devenu hier. Et après demain ce sera encore un aujourd'hui : j'en ai le vertige.
    Bien entendu, j'ai perdu le fil de mes idées, mais ne croyez pas que je vais vous laisser tranquille, car ma petite personne est encore agitée de pensées multidirectionnelles.
    Ainsi, je déplore en mon for intérieur cette propension humaine, aussi répandue dans l'Antiquité que de nos jours, à détruire, pour des motifs qui échappent souvent à mon entendement : les arbres aux bords des routes qui avancent une racine pour faire un croche-pied aux voitures, les serres d'Auteuil qui empiètent honteusement sur les courts de tennis, les requins qui ont la malencontreuse idée de vivre dans la mer et de becqueter des surfeurs,...
    Je me souviens aussi de mes condisciples à la fac qui, outre l'invective de passéiste (j'avais entre 19 et 22 ans), me traitaient volontiers de malthusien. La première fois j'ai cru à un mauvais jeu de mots sur mon nom ; puis j'ai lu l'Essai sur le principe de population, dans lequel je ne me suis pas reconnu. Par la suite, à chaque fois qu'ils me décochaient cette flèche je jouais le benêt - je suis très bon dans ce registre- et je leur disais que je n'étais pas utilisateur de malt.
    Ceci dit, et bien que le dogme du dynamisme démographique soit encore intouchable, l'humanité peut toujours hurler contre les dénatalistes, elle ne pourra pas faire l'économie de cette question de notre nombre dont les paradigmes sont autrement plus subtils et nombreux que ce que nous laissent entendre les égéries médiatiques.
    Voilà, chers petits vampires, cet article en deux journées est certes un peu décousu mais au prix où vous l'avez payé, c'est donné. Pour demain je vous promets quelque chose de plus construit ; titre : FEMME, VOIS-LES !