Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

mardi 1 avril 2025

FÉMININ DE COURAGE

     Je n'idéalise pas les femmes ; j'en ai connu, j'en connais, des crétines, des tordues, des sadiques et des businesswomen sans pitié. Malgré tout, il est difficile d'ignorer que plus de 90 % de la criminalité est l'affaire des hommes ... que le monde, globalement mené par des hommes depuis des siècles, est un bordel sans nom... que les masculinistes se trompent quand ils pensent qu'ils ont le monopole de la force physique, de la lucidité politique et de l'aptitude scientifique.

    Un truc qui m'a toujours épaté, c'est le courage des femmes dans les conflits : quand elles s'exposent sciemment à l'arrestation, la prison, l'exécution. Sans compter le viol, dommage collatéral presque automatique (plus rare pour les hommes, encore que...).

    Alors aujourd'hui, moi qui n'arrive pas à cent folohoueurses, qui me bats l'œil d'influencer les achats de qui que ce soit, qui n'ai pas la moindre envie de balancer un selfie pour montrer que je suis un des plus musclés vieillards au monde, j'ai juste besoin de penser à trois femmes formidables...

 

Nargues Mohammadi (normalement, encore en vie) qui défie les théocrates iraniens.

Anna Politkovskaïa qui a défié Poutine, le psychotique.

Berta Caceres (honduras) qui a défié le pouvoir des écocidaires.

 

    Il est temps de trouver un synonyme féminin à courage ; bravoure n'est pas mal ; je préfèrerais force d'âme.

mercredi 12 mars 2025

MOTPHOBIE

     Après un billet dont j'assume la noirceur et le pessimisme, il est temps, chers Nobés, que je revienne à des préoccupations plus légères et que je laisse parler ma fibre d'obtus congénital, mon fond néandertalien, ma goguenardise de nouveau béotien.

    Car, enfin, il faut que j'expectore toute ma irritation quant à certains mots dont on nous rebat les esgourdes, à commencer par genré ! Genré, non genré, pas tout à fait genré, genré mais pas trop... Ça commence à me courir sur le haricot. Depuis ma naissance, je me balade avec mon petit costume trois pièces et je ne me suis jamais plaint à ma maman de ce choix que je n'ai pas fait ; et comme je suis un gentil garçon, je me réjouis de ce que les femmes, de leur côté, promènent des attributs particuliers, auxquels je voue une tendresse particulière. Tout le reste n'est que littérature.

    Réenchanter : celui-là, il me file des frissons dans les dents. Un sommet de niaiserie, de cuculerie pralinesque, souvent récupéré par les plus sordides propositions commerciales. Réenchanter le monde : après vingt siècles de guerre et tous leurs dommages collatéraux : bon courage !

    Tiens, je m'étais presque calmé, et puis voilà qu'un petit présentateur pommadé vient me susurrer, avec la bouche en cul de poule, un inclusif qui me tire l'ire* derechef. Ventre Saint-Gris, l'envie brutale de faire de la purée de cuistre, de la bouillie de trissotin, de la compote de cons !

    Un qui m'a amené au bord de l'explosion, c'est réensauvager : un brave nordique, végan pur et dur, prônait la disparition de la viande et des pâtures concomitantes. L'innocent : près des villes, ce serait la porte grande ouverte à l'urbanisation. Commencez, déjà, par laisser la vie sauvage tranquille.

    Moi qui aime me plonger dans le cœur des forêts auvergnates, rentrer jusqu'à la taille dans les rivières (sans bottes), on vient me provoquer, m'escarmoucher avec des spectacles et des expériences immersifs. Et les mecs, vingt ans de kayak en mer, je ne vous ai pas attendu pour m'immerger, mais pas dans une salle obscure ou avec un coach pour me tenir la main. Cornegidouille !

    Enfin, je vais abréger mon martyre avec, peut-être, le pire de tous : iconique. Et vas-y que je te vois des icônes partout ! Enlève le premier i, ça te fera du bien. Un chanteuse iconique, un(e) acteur(-trice) iconique, un sportif iconique ; enlève le i et met un m, ça me fera des vacances. Ironique, encore, ça passerait.            

   Non, j'ai beau chercher, je ne vois qu'une personnalité iconique -il faut dire qu'elle a deux sacrés jolis cônes- c'est Nab, ma philosophe préférée. Allo! Non, mais allo, quoi !


*Celui-là, déjà fait dans un vieil article de Yadupéku, ne m'a pas rapporté un kopek ! Si vous avez le goût de l'archéologie, vous pouvez toujours le chercher...

 

     

dimanche 9 mars 2025

JET D'HUMEUR NOIRE

     De tous les animaux, le plus indécrottable est l'homme. Aux bêtes, on peut apprendre à tempérer leur agressivité, à dominer leurs instincts, à faire société. L'homme ?

    Des saint laïcs, les plus fins moralistes, des philosophes lumineux, ont eu beau l'inciter à la bienveillance, l'équanimité et la modération, échec sur toute la ligne ! En dépit de vingt siècles de civilisation, de leçons historiques et de vertueuses pensées, ce sont toujours les mêmes violences, les mêmes accaparements, le même sadisme.

    Qu'importe que le viol et le meurtre soient perpétrés en toge, en armure ou en treillis, si la férocité imbécile demeure ! Car, comment appeler celui qui investit une fortune dans des outils de mort et refuse l'argent à la médecine ? Un idiot, un inconséquent, un aliéné ? 

    Malheureusement, c'est un genre d'homme éternel, dont chaque génération engendre sa portée, toujours bien trop nombreuse. Il est parfois considéré comme un héros -au moins au sens historique-, héros dont la légende n'est, sous le manteau de la fable, que ruines de peuples agressés, meurtres, exactions ou destructions. Cet homme, il s'appelle Gengis Khan ou Alexandre le Grand, Napoléon ou Hitler, Franco, Caucescu ou Pinochet, Staline ou Poutine, voire Trump... Tout à sa gloire, à ses rêves de grandeurs, il piétine et écrase, incapable de ressentir la douleur, la souffrance et le désespoir qu'il inflige aux autres.

    Où est l'intelligence de celui qui estropie sous les bombes, torture de façon organisée, viole parce qu'il a momentanément pouvoir sur l'autre ? On en préfèrerait presque l'IA -si elle n'est pas programmée par un des ces dangereux "humanistes"- ou on en viendrait à espérer une invasion d'extra-terrestres qui ratatineraient toutes les fientes humaines, souteneurs, dictateurs, narcotrafiquants, politiciens véreux, marchands de sommeil, prédateurs de tout poil...

    Autant rêver de l'arrivée de Jésus, en astronef, sur la place Saint-Pierre.

 

*Palmarès des trucideurs

Champion, avec félicitations du jury : Mao, 70 millions de morts 

Prix d'excellence : Gengis Khan, 40 millions

Prix d'honneur : Hitler, 25 millions

Premier accessit : Staline, 20 millions

Prix spécial du jury : Pol Pot, 2 millions (mais 1/4 de sa population). 

Prix d'encouragement : Napoléon, 2 millions.

Prix du meilleur espoir : Poutine.

 

jeudi 27 février 2025

PETIT PAPA NOËL

     Ah, mes agneaux, tout un chacun prétend ne pas croire au Père Noël, et pourtant... Des pernoëls, cela fait belle lurette qu'il en traîne, et pas en traîneau, dans la fourmilière démente qu'on appelle le monde ; des lustres qu'ils nous font prendre des vessies pour des lanternes, des corbeaux pour des ortolans, des œufs de lump pour du caviar, et qu'ils nous font étinceler leurs "joujoux par milliers". Tiens, le grand blond foutraque, l'agité du bocal, l'homme au hennin capillaire dit à coiffure papillon, c'est pas un beau pernoël, ça : ils avaient des paillettes dans les yeux, les amerlinches, quand il leur disait "je vais nettoyer tout ça, les métèques, les fonctionnaires, l'union européenne et tous les niaquoués de la planète". Et, cherry on the cookie, il leur a fait don du mot magique, de la parole ultime : le maga* !

    Ce nonobstant, soyons objectifs, on n'a pas attendu Mister T. pour gober à plein bec les billevesées, les charres et autres calembredaines. Je vous ai mis de côté trois petites friandises, chopées dans un livre de référence, le Dictionnaire du Diable, de Roland Villeneuve...

    Dans les années 50, Paul Decoray, un charlatan, créa un talisman, le pentacle sacré hindou, qui vous mettait à l'abri des coups du sort mais pas des aigrefins.

     En 1969, un mage, qui se baptisait Prophète du soleil, avait coutume, dans le jardin de la secte, de s'enfermer dans une tente avec une belle disciple, pour mettre à l'épreuve la force de sa vertu. Avant de procéder à ce test effrayant, il demandait aux autres membres de prier avec vigueur contre les démons qui viendraient interrompre son "commerce mystique". Hélas, à son corps défendant, il faisait subir les derniers outrages à la jeune personne, à "couilles rabattues", si vous me permettez l'expression. Après avoir cédé sans rémission au sortilège lubrique, il sortait de la tente et engueulait les disciples pour la mollesse de leurs prières...

    Autre pernoel cocasse, le Père Ginoux qui avait créé, dans les années 80, Le temple d'exorcisme. Il pouvait désenvouter le quidam pour 200 francs la consultation et, n'écoutant que son altruisme, il organisait des séances collectives pour lesquelles les malheureux maléficiés ne s'acquittaient que de 600 misérables francs !

 

Et vous me dites que le Père Noël n'existe pas... Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Make America great again.

mercredi 12 février 2025

SPÉCIAL CLUNOBÉ

     Chers membres du Clunobé,

     Je sais que vous êtes des érudits modestes, que sous votre carapace de citoyen bougon et rugueux, se cache un penseur subtil, amateur des belles lettres, c'est pourquoi je n'hésite pas, aujourd'hui, à "taper dans le haut niveau". Je pousserai même l'audace, le culot, voire le toupet, jusqu'à vous conseiller une lecture !

    L'envie de vous concocter cet article m'est venue comme pousse un bouton de fièvre sur la lèvre d'une jeune beauté. En fait, je lisais -à la fois ignominieux et concupiscent- Le banquet des Léopards du regretté Alphonse Boudard, auteur de quelques livres roboratifs, tels que La cerise, Le corbillard de Jules et, œuvre par laquelle je perdis ma virginité argotique, La métamorphose des cloportes (à moins que ce ne fût par Si "queue d'âne" m'était conté de Frédéric Dard).

     Alors que je tournais les pages d'un doigt ému et pudique, je suis tombé sur ces lignes :

 "Il aimait lui les femmes bien en chair... les grosses, comme Dédé Hardellet le poète. [...] Hardellet, on ne l'a jamais reconnu pour ce qu'il était, pour ce qu'il reste... Un écrivain infiniment précieux, un chercheur proustien du temps perdu... un ange fourchu du bizarre. Dans les belles lettres comme partout règne l'injustice la plus évidente. On adule plusieurs générations de pauvres plumitifs à l'écriture fade... faux penseurs, poètes pacotilles ! Certains, dès leur apparition, leur premier bout de texte. Un pâlichon roman gallimardien, toute la coterie, les affectés spécieux, les salons, les petites revues vous le proclament grand tauteur... celui qu'on attendait. Ça se discute plus ultérieur... c'est admis une fois pour toutes. Il peut pondre n'importe quel pensum, faribole... on étudie ses pauvres fientes en faculté, on ensnobe les garnements... on le traduit dans toutes les langues. Il est le messager de la France. D'autres pourront produire, pendant ce temps, des choses sublimes, des petits joyaux ciselés d'émotion, d'expérience, de goût... personne, mis à part quelques amateurs obscurs sans influence aucune, ne parle de leurs œuvres. Ce qu'il faut faire je crois, beaucoup de schproum, de salades, de proclamations, de scandale, un exercice pour lequel Hardellet n'était pas doué." 

    Je ne commenterai pas ce texte ; je me contenterai de vous conseiller la lecture de Irréfutable essai de successologie, de Lydie Salvayre. Elle m'a fait sourire plus d'une fois.

    Pour alléger cet article, permettez-moi, chers Nobés, de vous transmettre une nouvelle, que seul mon ignoble abandon de Yadupéku? ces dernières années m'a empêché de diffuser : il y a un peu plus de quatre ans, Gwyneth (à l'origine, je crus que c'était gouinette) Paltrow, l'actrice américaine, a commercialisé un parfum puis une bougie aux senteurs* de son vagin. La chandelle a connu un succès éclatant, même pour un prix oscillant entre 67 et 75 dollars. Brutale rupture de stock : j'eus une pensée émue pour cette courageuse personne qui dut pratiquer des milliers de fois l'inductio lucernae (enfin, je suppose).

  Allo! Non, mais allo, quoi !



*Senteurs définies comme "un mélange de pamplemousse acidulé, de néroli et de baies de cassis mûres mélangées avec du thé en poudre et des absolus de rose turque".

vendredi 7 février 2025

DÉGONFLER LE MELON

     Parmi les écrivains, il en est dont l'orgueil suinte par tous les pores de la peau ; ils commencent par avoir les chevilles qui gonflent, puis, la vanité suivant un mouvement ascendant, ils finissent par avoir le melon. Si l'on peut comprendre cette hypertrophie autophile chez des célébrités comme Philippe Sollers (Dieu ait son âme), on peut s'étonner de celle d'auteurs bien plus obscurs (j'en fus le témoin sidéré).

    S'ils ne sont pas affligés, comme certains de mes confrères et moi-même, d'une tendance féroce à l'autodérision, les infatués risquent un éclatement du bulbe, particulièrement dangereux pour leurs thuriféraires qui bourdonnent et volètent dans leur aura. Dans un esprit à la fois charitable et œcuménique, je leur propose trois remèdes pour éviter cette explosion cérébrale.

    1- Le passe-livre : j'en ai visité un, dernièrement, à Colmars-les-Alpes, fort bien fourni, cimetière des éléphants d'une autre époque. Les "gros vendeurs" d'hier gisaient, éparpillés sur le sol, mordant la poussière : les Troyat, Sabatier, Denuzière, Des Cars... Cet édicule bourré d'ouvrages m'est apparu comme une sorte de purgatoire, lieu transitoire avant la disparition dans les limbes.

    2- La librairie d'occasion : hormis quelques recoins où, comme la laisse de mer, des bouquins ont échoué, pêle-mêle, déjà empoussiérés, c'est un espace où les exemplaires sont à peu près rangés. Ici demeure un reste de dignité, mais les couvertures gercées et le papier jauni trahissent le début de la déchéance, la glissade initiale dans la pente fatale de l'oubli. 

    3- Le catalogue de dernière page d'un livre déjà daté : c'est peut-être l'expérience la plus radicale. Elle éradique toute illusion. J'ai parfois épluché ces listes de quelques pages, sans trouver auteur que je connusse, moi qui ai quelques connaissances en littérature. Cinquante, cent écrivains parfois, dont je n'avais pas lu une traître ligne : espoirs de leur éditeur, vedettes en devenir, aujourd'hui cadavres décomposés, victimes de la broyeuse temporelle.

    Alors, chers confrères, faites comme moi : cueillez dès à présent les roses du lectorat, avec simplicité et reconnaissance. Déjà heureux d'avoir procuré quelque plaisir à d'honnêtes gens. Dites-vous bien que dans cinquante ans, presque toutes les gloires seront parties en fumée, que les jeunes gens du futur se jetteront sur vos livres comme je me jette sur le chansons de Rina Ketty.

    Avant de laisser le dernier mot à ma philosophe préférée (qui restera, elle, ne serait-ce que pour ses pleins et ses déliés), permettez-moi, amis Nobés, de donner la parole à Céline : "Invoquer la postérité, c'est faire un discours aux asticots."

      Allo! Non, mais allo, quoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche 26 janvier 2025

SE BERLURER

    Voyons, comment dit-on ?  Prendre des vessies pour des lanternes, se monter le bourrichon, s'autocouillonner, se balancer du guano dans les mirettes, se jouer de la mandoline ? 

    L'humain, dont je suis un exemplaire lambda (mais néo-béotien) a l'art de se faire des illusions : comme mon ami Trump qui croit sauver la planète en la forant (Drill, baby, drill !) ;  comme Bryan Johnson qui pense ne jamais vieillir et encore moins mourir.

    Ceci dit, en ce qui concerne Bryan Johnson, je confesse une certaine mauvaise foi. Mais j'ai des excuses ; en fait, je suis terrifié à l'idée que lui ou un autre transhumaniste trouve le moyen de renvoyer Jeanne Calmant au statut d'ex-recordwoman du retard à clamser. Pourquoi ? S'ils y arrivent, connaissant ces humanistes désintéressés, ils mettront leurs produits et technologies sur le marché à des prix stratosphériques. Et qui se les paiera ? Moi, mon épicier arabe, mon facteur, mon garagiste ?

    Pas besoin de vous faire un dessin : j'en transpire déjà... Trump*, Poutine, Kim Jong-UN, vivant jusqu'à 130, 140, 150 ans. Allo ! Non mais allo, quoi !

    Toujours dans le registre du doux rêve, du pot au lait pérettien, du château espagnol, je me délecte de la floraison des monnaies virtuelles : ah ! mes agneaux, heureusement qu'il y a cette bonne vieille amnésie qui nous vide le carafon, sinon, nous nous rappellerions le papier-monnaie du père Law, les assignats, les emprunts russes (j'en ai une liasse dans un dossier), les placements Madoff**. Même le bitcoin m'inspire un anxieux respect ; déjà que ce nom fait chauffer ma cafetière cérébrale : la machine à biter les cons, le paradis du bête et con, effondrement des bourses et des bit co(i)ns. Doux Jésus ! 

    Pour achever cet article, dont je suis particulièrement content, je vous signale, chers Nobés, que, dorénavant, je conclurai mes bafouilles par cette citation de ma philosophe préférée, l'hypertétinoïdale Nabilla : Allo! Non, mais allo, quoi !

 

*Je vous conseille mon article du 3/06/2016, Trump (Trump pète, de là renommé).

**Pour la petite histoire, Madoff, mort à 83 ans, était un sacré bon financier, puisqu'il s'est gavé 48 ans et n'a remboursé sa dette que 11 ans et 4 mois.

vendredi 17 janvier 2025

DÉCHIRURE PSYCHOLOGIQUE

     Ah, mes enfants, quel souk astronomique s'annonce à Prayagraj, petite bourgade d'à peu près 1,2 millions d'habitants, qui accueille le fameux (soyons francs, je le connais depuis avant-hier) pèlerinage du Kumb Mela !

    Un mois et demi à se marcher sur les pieds, à se baigner dans une eau qui fait concurrence à la Seine ; les quatre cents millions de fidèles qui vont barboter dans le Sangam (confluent du Gange et de la Yanuma), sous les largages de fiente des tapées de mouettes en goguette, dans les pissettes des pèlerins incontinents et les diverses sanies de tout ce populo, ont un métabolisme en béton pour ne pas revenir avec la malaria, le typhus ou la chaude-lance !

    On peut subodorer que l'eau va un peu perdre en qualité ; mauvais temps pour le danio moustachu ou le stigmatogobius sadanundio, à moins que ces sympathiques poissons ne trouvent nourriture dans ce qui va flotter sur les eaux sacrées.

    J'étais plongé dans cet abîme de réflexions quand une information m'a foudroyé, preuve que je suis le mauvais sujet, l'escargot informatique, l'aï -paresseux- du net, l'holothurie des réseaux sociaux : et oui, mes chers Nobés, j'ignorais que Britney Spears (et d'autres, paraît-il) diffuse régulièrement des selfies où elle se montre en petite culotte fripée, mules mickey et autres tenues désaffriolantes.

    Le choc de ces deux informations m'a anéanti, au point que j'ai dû recourir à un remède extrême pour rétablir ma psyché dévastée : je me suis "tapé" trois carrés de chocolat, une bière ambrée avant de feuilleter un San Antonio. C'est dire la gravité de la situation.

    Aujourd'hui, après avoir longuement invoqué sainte Paris Hilton* et sainte Kim Kardashian, je reprends le dessus et songe même à lire les oeuvres complètes de Nabilla. Non, mais allo quoi !

 

*À genoux devant une photo d'elle recueillant un chien abandonné (véridique).

mardi 7 janvier 2025

VOUS AVEZ DIT SPORT ?

         En tant que Nobé (nouveau béotien) assumé, je tiens à m'indigner : trop c'est trop !

     Parler de sports mécaniques à propos des compétitions de motos et voitures relève de l'abus linguistique ; considérer la pétanque comme une activité sportive me paraît abusif ; quant à aujourd'hui, en visionnant un championnat du monde, je me suis dit "la coupe est pleine".

    Jeu de mots pitoyable, j'en conviens, mais réalité irréfragable : dans ce siècle de flou et de relativisme, nous confondons sport et jeux de société, notamment lorsqu'une chaîne sportive, plutôt honorable, retransmet un mondial de fléchettes (à l'Alexandra Palace de Londres). L'idée qu'on appelle cette activité sport m'est insupportable.

    Tout béotien sachant pérorer, j'argumente donc, a contrario.

    I- D'abord, le sens du mot sport. Définition du Nouveau Larousse Universel, tome 2, de 1949 : "exercice physique intense [...] les jeux offrant trop peu d'activité physique ne sont pas des sports". Et tac, dans les gencives !

    II- Ensuite, le spectacle dans cette Mecque des fléchettes : d'une part, celui des spectateurs, dont la principale performance physique consiste à écluser un maximum de pintes de bière, à hurler et à trépigner sur place ; de l'autre, celui des compétiteurs, les deux finalistes en particulier, gras comme des moines, antithèses des silhouettes athlétiques des sportifs de haut niveau.

    III- Enfin, l'exemple de la pêche, domaine où l'on distingue la pêche sportive de celle pour retraités. 

Pêche à la papa : siège relax, petite mousse, amorçage, friture de gardons.

Pêche sportive : siège vissé au pont du bateau, matériel cyclopéen, prise de thon ou autre monstre. Évidemment, on fait travailler ses bras (quand on n'est pas aidé par le guide de pêche).

Le vraie pêche sportive : pour moi, dans des gorges où il faut sauter de roc en roc, grimper, lutter à chaque traversée contre le courant et le fond glissant, prendre à l'ultra-léger une truite à la défense explosive. 

    Voilà ce que j'appelle une vraie démonstration de Nobé assumé, de celles qu clouent le bec à toute réfutation. Quel bonheur ! Et encore, je ne compte pas le plaisir de me faire tant de nouveaux amis : motards, pilotes automobiles, boulistes et archers à mini-flèches. Peut-être, d'ici quelques temps, pourrais-je y ajouter les pokéristes, les rois de la queue de billard et autre gamers...

jeudi 2 janvier 2025

AGACEMENT MATUTINAL

     Et voilà, j'étais presque zen, tant bien que mal, buvant mon thé vert "mélange oriental" et toc, la petite étincelle qui enflamme la poudre... J'ai eu beau naviguer sur trois chaînes radio, même nouvelle de portée mondiale : le nouveau Squid Game, série coréenne, et blablabla. Les oreilles me cornaient, mes trompes d'eustache saturaient, mes esgourdes s'engourdissaient, mais, jusque-là, je ne m'impatientais que de la redite, lorsque, enfer et putréfaction, un journaliste profère les termes "idée totalement originale".

    Ah, le cuistre, le bélître, le sombre paltoquet ! Le thème du jeu dont la sanction, pour les perdants, est un prompt décès, on le trouve dans Le prix du danger (1982) d'Yves Boisset, qui s'était inspiré d'une nouvelle de 1958, de l'excellent Robert Sheckley, dont je recommande Et quand je vous fais ça vous sentez quelque chose ? (1971).

    Alors, petits trissotins de l'info, remuez vingt fois votre langue dans votre bouche et vos idées dans votre cerveau avant de parler d'idée totalement originale. À ce moment-là, je serai indulgent, car créer c'est souvent accommoder les restes ; comme le disait du théâtre Tristan Bernard "Le secret du best-seller, n'est-ce pas de surprendre le public avec ce qu'il attend ?"

    Vous direz que je m'emporte un peu facilement, mais j'avais des circonstances atténuantes : la veille, déjà, j'avais dû prendre un bain de siège avec glaçons pour rafraîchir ma bile car, après les martienneries de M. Musk, je venais d'apprendre des projets ubuesques : blanchir les nuages, poser des voiles réfléchissants dans l'espace (à construire sur la lune), tout cela pour lutter contre le dérèglement climatique*.

    Finalement, aller peindre la girafe dans la galaxie pendant que toutes les coutures de la Terre pètent.


*Authentique.