Après un billet dont j'assume la noirceur et le pessimisme, il est temps, chers Nobés, que je revienne à des préoccupations plus légères et que je laisse parler ma fibre d'obtus congénital, mon fond néandertalien, ma goguenardise de nouveau béotien.
Car, enfin, il faut que j'expectore toute ma irritation quant à certains mots dont on nous rebat les esgourdes, à commencer par genré ! Genré, non genré, pas tout à fait genré, genré mais pas trop... Ça commence à me courir sur le haricot. Depuis ma naissance, je me balade avec mon petit costume trois pièces et je ne me suis jamais plaint à ma maman de ce choix que je n'ai pas fait ; et comme je suis un gentil garçon, je me réjouis de ce que les femmes, de leur côté, promènent des attributs particuliers, auxquels je voue une tendresse particulière. Tout le reste n'est que littérature.
Réenchanter : celui-là, il me file des frissons dans les dents. Un sommet de niaiserie, de cuculerie pralinesque, souvent récupéré par les plus sordides propositions commerciales. Réenchanter le monde : après vingt siècles de guerre et tous leurs dommages collatéraux : bon courage !
Tiens, je m'étais presque calmé, et puis voilà qu'un petit présentateur pommadé vient me susurrer, avec la bouche en cul de poule, un inclusif qui me tire l'ire* derechef. Ventre Saint-Gris, l'envie brutale de faire de la purée de cuistre, de la bouillie de trissotin, de la compote de cons !
Un qui m'a amené au bord de l'explosion, c'est réensauvager : un brave nordique, végan pur et dur, prônait la disparition de la viande et des pâtures concomitantes. L'innocent : près des villes, ce serait la porte grande ouverte à l'urbanisation. Commencez, déjà, par laisser la vie sauvage tranquille.
Moi qui aime me plonger dans le cœur des forêts auvergnates, rentrer jusqu'à la taille dans les rivières (sans bottes), on vient me provoquer, m'escarmoucher avec des spectacles et des expériences immersifs. Et les mecs, vingt ans de kayak en mer, je ne vous ai pas attendu pour m'immerger, mais pas dans une salle obscure ou avec un coach pour me tenir la main. Cornegidouille !
Enfin, je vais abréger mon martyre avec, peut-être, le pire de tous : iconique. Et vas-y que je te vois des icônes partout ! Enlève le premier i, ça te fera du bien. Un chanteuse iconique, un(e) acteur(-trice) iconique, un sportif iconique ; enlève le i et met un m, ça me fera des vacances. Ironique, encore, ça passerait.
Non, j'ai beau chercher, je ne vois qu'une personnalité iconique -il faut dire qu'elle a deux sacrés jolis cônes- c'est Nab, ma philosophe préférée. Allo! Non, mais allo, quoi !
*Celui-là, déjà fait dans un vieil article de Yadupéku, ne m'a pas rapporté un kopek ! Si vous avez le goût de l'archéologie, vous pouvez toujours le chercher...