Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

lundi 23 mars 2015

USURE PRÉCOCE ?

    Vous avez tous connu ce moment d'exception : en enfilant une chaussette récemment lavée vous constatez que son extrémité est devenue fine comme la gaze, laissant deviner dans sa quasi transparence un orteil assez peu sexy.
    Eh bien...
    Certains mots sont aussi usés que la pointe de ladite chaussette, érodés par la littérature et le cinéma : je t'aime dans les bluettes sirupeuses, je suis désolé dans les films de repentir, vite ou dépêchez-vous* dans les films catastrophes.
    Aussi râpées, les expressions des hommes politiques après le premier tour des élections départementales. (Pour éviter tout ennui, je continuerai à flouter les noms embarrassants) HUE AIME PET qui se voit déjà revenu aux affaires ; PET EST-CE ? même pas mal après la fessée ; HAIT FÂINES chantant "je m'voyais déjà...".
    Tous abusent de la langue de bois (l'eau... ce qui se justifie quand on boit la tasse) : pour les uns un triomphe, pour les autres une résistance héroïque, sans se demander si ce n'est pas leur impéritie qui a retenu la moitié des électeurs à la maison.
    Il n'y a plus guère que les hommes politiques pour croire à leurs propres billevesées et, à bien y penser, quand je les regarde je le trouve aussi sexy que mon orteil tapi derrière la trame lessivée de ma socquette.


*J'ai toujours adoré ces scènes où le héros crie aux autres de se remuer les arpions tandis qu'une coulée de lave déboule : dans la même situation il aurait intérêt à démarrer tôt pour me rattraper !

dimanche 22 mars 2015

AH, MER ! TU ME...

    Jésumarijosef, non seulement les quinze jours de repos forcé de mon blog -merci, pirate de mes deux- ont éparpillé mes chers petits vampires mais cette fin de semaine m'a irrité comme un vieux rasoir passé à sec sur mes joues.
    Cela a commencé avec cette éclipse qui s'est éclipsée ; des milliers de jobastrons* attendaient avec leurs lunettes et n'ont vu que de la purée de pois... Étonnez-vous qu'après cela ils n'avaient plus la patate !
    Cela a continué avec la marée du siècle ; déjà, j'habite au bord de la grande bleue, alors le coefficient de marée, bernique ! Ensuite, j'avais passé trois heures de la matinée sur l'eau -au pointage d'un merathon- balloté par des jolies mémères (creux de deux mètres et vagues croisées) et le soir que vois-je ? Un peu d'eau qui vient toucher les quais puis les mêmes jobastrons -sans lunettes- qui marchaient sur la passerelle du mont Saint-Michel pensant voir passer un tsunami !
    Alors je me suis dit " Calmons-nous avec un brin de lecture." et j'ai empoigné mon Télérama : hélas ! La Jalousie aux dents jaunes et à l'haleine fétide s'y était tapie : couverture sur Eric Reinhardt, prix du Roman des Etudiants, titrée ILS ONT VOTÉ POUR LUI ; page 6, interview de Marc Dugain, homme d'affaires, entrepreneur,écrivain, cinéaste... Écrasé par ma petitesse j'ai expédié la revue sur la table basse.
    Croyez-moi, écrivain méconnu c'est pas de la tarte, à peine du clafouti... Allez, je ne prends pas mon morey parce que j'ai eu mon content d'écume, mais je me casse vite fait. DMOS


*De nombreux lecteurs (trois ou quatre?) s'interrogent sur la différence entre jobastron et bigassole.
   Un jobastron c'est vous et moi, béotiens qui croyons encore aux lendemains qui chantent, mais aussi tout fatigué du bulbe qui croit avoir la solution miracle aux problèmes du monde.
   Les bigassoles sont tous ceux qui nous pourrissent la vie, gros oiseaux qui viennent fienter sur notre transat au moment où nous arrivons avec notre café, nos lunettes et un bon livre pour buller au soleil.

vendredi 20 mars 2015

JOSEPH CONRAD

    Jouer le doctus cum libro ce n'est pas trop mon genre, donc ne vous attendez pas un étalage d'érudition ou un foisonnement de références. Ma seule envie c'est de partager mes meilleurs crus littéraires, si vous ne les avez pas lu d'imaginer les paillettes dans vos yeux quand vous les ouvrirez,  si vous les connaissez de vous offrir une confrontation stimulante ou le plaisir d'une harmonie d'analyse.

    Joseph Conrad est ce que j'appelle une "conscience", un des ces humains qui s'est frotté au monde et a tiré de ce qu'il connaissait une riche matière : quand il parle de mer, il ne décrit pas un élément abstrait mais un monde dans lequel il a plongé pendant vingt ans ; quand il parle du monde il convainc parce qu'il y a navigué jusqu'à ses zones de turbulence.
   Voilà ce que j'aime chez Conrad : dans ses meilleurs livres on ne sent jamais la coquetterie, le chiqué, l'exercice de style.
   Regardez son portrait, ses yeux grand ouverts vous happent, comme ses romans, d'une densité qui m'a toujours procuré un rassasiement heureux.
   On a souvent considéré ses oeuvres comme de brillants récits d'aventure, -idée renforcée par les adaptations filmiques - mais c'est un peu court : au détour d'une page haletante vous verrez jaillir une pensée fulgurante. Par exemple que " la perte de la retenue est le début de la décadence" ou que " le monde vit dans le mensonge pour ne pas s'effondrer".
    On pouvait s'attendre à ce qu'un écrivain-marin ait une vision du large...
    Alors, si j'ai titillé votre curiosité, allez naviguer dans les belles pages de Lord Jim, La rescousse, Un paria des îles ou le très curieux Au coeur de ténèbres*.

   Si vous voulez réagir, laissez un commentaire.

*Mes listes de lecture sont forcément réduites car je ne conseille que ce que j'ai lu.

jeudi 19 mars 2015

DMOS, LE RETOUR

    Saperlipopette, mes chers petits vampires lecteurs, quel bonheur de vous retrouver ; j'espère que je vous ai manqué comme vous me manquâtes. Ne plus sentir vos gentils crocs dans le corps de mes textes, quel crève-coeur !
    Pour commencer je me dois de remercier chaudement l'oligophrène qui m'a piraté : grâce à lui, j'ai terminé plusieurs tubes de granules calmants qui traînaient dans mes tiroirs, j'ai reposé mes yeux pendant une huitaine et, surtout, je n'ai pas eu à faire le ménage de ma boîte mail, lequel je repoussais de mois en mois. Ceci dit, si ce charmant jeune homme -car je ne peux pas croire qu'une femme approche ce degré de sottise et d'avidité- a repéré mon lieu de résidence au cours de ses errances dans mes dossiers, il est cordialement invité à me rendre visite : j'ai une matraque de quarante centimètres qui aimerait faire sa connaissance.
    Pour finir, je vous promets un retour un force, à commencer par demain  où un article J'AIME sera consacré à Joseph Conrad.
   Aux amateurs de mon livre HIER, LA TERRE, je dirais qu'après une semaine de grouignage me voilà dégrouigné, ventre de biche !

jeudi 5 mars 2015

NOUVELLE RUBRIQUE

    Il est des animateurs, radio comme télé, qui ignorent le mot nuance : leurs invités sont merveilleux, magnifiques, remarquables, exceptionnels ; les oeuvres sont incroyables, admirables, géniales. Les exclamations qui fusent le plus souvent sont Quel talent ! C'est un chef-d'oeuvre !
    On comprend qu'ils ne peuvent pas dire à un invité Votre film est une grosse bouse ! Votre spectacle est nase ! Votre livre est un torchon ! mais on aimerait de leur part un peu de modération dans les transports.
    Pour ma part j'ai mon petit catéchisme : me refusant à être fan(atique) ou idolâtre de quiconque, je me contente de deux nuances dans l'estime. J'apprécie ou j'admire.
    Mon appréciation va à tous ceux qui ont une forme de talent, un savoir-faire particulier ; par exemple, j'apprécie Luchini, Modiano, Bacon. Moi-même, je me contenterais volontiers de devenir un écrivain appréciable.
   Mon admiration suppose, qu'en plus d'apprécier, je sente des affinités et reconnaisse au créateur un art auquel je ne peux que rêver d'accéder ; il s'agit de personnalités que j'aimerais rencontrer, voire cultiver. Souvent la mort a rendu cette relation inenvisageable ; la vie contemporaine rend celles possibles assez utopiques.
   Alors, pour ne pas rester avec cette sensation d'inachèvement, je partagerai avec vous, dans une rubrique J'AIME, un portrait partial de ceux que j'aurais aimé ou que j'aimerais rencontrer.

mardi 3 mars 2015

ADDENDUM

Et voilà ! Je vous en parlais le 20 mai 2014 (Panpan) : ils vont finir par nous interdire la fessée. D'ici à ce qu'ils nous interdisent l'autoflagellation... Ceci dit, j'ai la flemme, alors relisez mon article du 20 mai, je n'ai pas une virgule à y changer.

lundi 2 mars 2015

COUCOUCHE PAS NIAIS

    Depuis que je suis entré dans la soixantaine, je reçois toute une littérature publicitaire qui, dans un mouvement spontané d'empathie, me propose de soulager mes arthroses, d'aider à mon ambulation devenue difficile, d'étancher mes fuites urinaires, de faire tenir mon dentier et d'assouplir ma feuille qui -comme chacun sait- devient dure avec l'âge.
    Mais ma lecture préférée c'est celle qui s'inquiète de ma virilité défaillante ; l'un de ces courriers commence ainsi : "Vous souvenez-vous de vos meilleurs rapports sexuels ? Faites appel à votre mémoire !..." Exquise délicatesse, océan de légèreté et de bon goût. Ceux qui, pour répondre à cette question, doivent remonter aux calendes grecques seraient inspirés de commander d'urgence le coffret Formule Intense, avec son filme érotique gratuit en cadeau. Moi, comme je n'aime ni les capsules, ni les nunucheries érotiques, je m'abstiendrai.
    Venons-en maintenant à ce que j'ai gardé pour la bonne bouche : le petit tract joint au courrier, qui s'ouvre sur la photo d'une bombe blonde, poitrine -à damner un séminariste- tendant un fin soutien-gorge à fanfreluches. D'une main concupiscente je retourne le feuillet et là, toutes mes illusions tombent, avec un bruit de verre brisé. Sarah, star du porno, la dame aux seins XXL, dévoile ses secrets :
    1-des hommes d'âge mûr doublent les jeunes acteurs vite fatigués,
    2-leurs sexes sont "énormes et rigides"
    3-la star a perdu le contrôle et, après cinq heures de plaisir intense, est restée couchée sur le lit, essoufflée,
    4-elle donne des capsules à son ami (67 ans ce mois-ci) et ils forniquent trois fois par jour, et non trois joies par four(née).
    Enthousiasmé, je suis allé voir ma femme, qui bouquinait inconsciemment un livre de genre philosophique, FEMMES QUI COURENT AVEC LES LOUPS, et je lui ai dit que pour faire face au prochain tsunami automnal des impôts je me proposais d'effectuer quelques petits extras. Mais ça ne l'a pas emballée...

samedi 28 février 2015

DESOBEISSANCE

   Jésumarijosef, tous ceux qui s'esbaudissent devant le Traité de désobéissance civile de Thoreau -moins arnachiste qu'on pourrait le penser- devraient soutenir Erri de Luca, écrivain minéral comme Le Clézio, qui a le courage de s'opposer à la folie dispendieuse et naturocide des dirigeants de France et d'Italie.
   Nous ne sommes pas loin du stade où on entreprend des grands travaux, non par nécessité d'équipement, mais pour maintenir des activités (il y a eu moins d'indulgence pour la métallurgie) ou se tailler un costume de grand décideur.
   Pour l'instant, pas trace, dans ce genre de décision, de questions philosophiques sur le sens que nous donnons à la civilisation, les droits des habitants ou notre façon de disposer de notre environnement.
   Il ne faut avoir lu aucun des livres de De Luca pour s'indigner de sa résistance ; je vous conseille Sur la trace de Nives et Le poids du papillon : vous comprendrez son amour de la montagne et ce qu'il peut souffrir de l'inconséquence des politiciens, alors qu'ils font des moulinets avec les bras pour annoncer des sommets trompe-l'oeil et des réformes poudrozieux.
   Allez, je me casse, sans prendre mon morey, car ce matin je me suis offert une petite séance de surf en kayak. N'abusons pas. DMOS

vendredi 27 février 2015

NOUVEAUX VOLS DE BIGASSOLES

   Vous n'êtes pas sans savoir que je suis le chasseur, à l'exclusion de tout autre animal,  d'un volatile grégaire et prolifique : la bigassole. On a beau en éliminer ils abondent, ils pullulent ; en cette saison où la nature s'apprête à bourgeonner comme un ado à peau grasse, les colonies de bigassoles envahissent nos ciels, saturant l'air de leurs cris navrants, de leur odeur d'imbécillité et de leurs dandinements outranciers.
   Deux vols ont particulièrement attiré mon attention : l'un au Proche-Orient où des néo-archéologues ont retouché des statues millénaires. Après la maison de maçon, voilà le musée de mes cons ! S'ils pouvaient venir revisiter certaines oeuvres bidon qui encombrent les MAM...
  L'autre aux Etats-Unis, où deux clébards ont officiellement convolé en des noces rupines, ce qui m'a rappelé qu'en 2012 un caniche et un coton -ça ne s'invente pas- s'étaient mariés pour la modique somme de 200 000 euros : j'avais dû combattre pendant quinze jours une furieuse envie d'aboyer.

MAM : pas maman abrégé, mais musée d'art moderne.

jeudi 26 février 2015

PERMARESILIENCE

   Si vous êtes un habitué de Yadupeku? vous connaissez ma modeste invention, le mot grigri, que j'applique à ces termes magiques qui guérissent toutes les plaies de la pensée, qui repoussent les attaques hostiles des hétérodoxes et provoquent l'adoration de béotiens qui les entendent [cf moderne, développement, éco-quartier,...].
   L'expression développement durable est de la même farine ; plus chargée de symbolique que de sens, elle est une traduction -volontairement ?- incorrecte de sustainable development. Même si vous n'êtes pas un angliciste distingué, je n'ai pas besoin de vous faire un dessin...
   Des couloirs caverneux de l'actualité viennent de surgir deux mots grigri promis à un avenir sans doute radieux : il s'agit de résilient(e) et permaculturel(le). C'est oeuvre d'écrivain que de tirer sur le sens des mots pour les amener à traduire ce qui lui est propre : une sensation, un sentiment, une idée. Apparemment, journalistes et politiques se découvrent les mêmes ambitions littéraires -on connaissait déjà leurs livres barbants, nous aurons maintenant leurs mots rasoirs (attention, les fines lames,  là c'est de l'extra-fin !).
   Il est temps que je vous expose les corps du délit : deux expression ronflantes, fourre-tout, qui permettront aux "meilleurs d'entre nous " de continuer à nous enfumer sur les questions d'environnement.
   Il s'agit de villes permaculturelles -Paris en est une- et d'énergie résiliente qui va blackbouler la fameuse énergie verte d'une pichenette.
   Je vous laisse méditer sur ces profondeurs linguistiques.