Voilà un moment que l'envie me titille de changer une orthographe : je brûle d'écrire les économystes.
Pourquoi ?
Bien qu'elle se pousse du col en espérant qu'on la prenne pour une science dure, l'économie reste une science humaine, soumise à de multiples aléas qui rendent incertaines toutes solutions proposées et toutes prévisions. J'aurai la charité de ne pas rappeler les vertigineux plantages de nombreux spécialistes à l'époque de la crise des subprimes ; un historien qui se serait dix fois moins trompé aurait été cloué au pilori et considéré comme la honte de la profession.
On peut penser que, comme l'histoire, la science économique a une belle capacité d'analyse, mais dès qu'elle prétend soigner ou prédire elle s'aventure, et finit par nous mystifier.
Plus grave, certains de ses séides la pratique comme une religion, la sacralisent, la mettant bien au-dessus des enjeux sociaux et environnementaux. Ils tombent alors dans l'aveuglement de l'économystique.
L'économie n'est qu'un instrument, indispensable, qu'il faudrait peut-être remettre à sa juste place, comme internet ou la robotisation. Il n'y a là-dessous aucun dieu caché, aucun mystère terrifique, pas plus qu'il n'y a une science exacte dont les oracles seraient sacrés.
Bien entendu, en tant que pratiquant d'une science molle (les Lettres) je devrais la jouer modeste, cependant les romanciers ont au moins ce mérite qu'ils ne se cachent pas de produire des mystifications séduisantes.
Sans rapport : en écrivant cet article j'aperçois l'enveloppe bleue de mon prochain test de dépistage du cancer colorectal et je ne peux échapper à une crise instantanée de dégénérescence motsculaire*. A la place d'hemoccult je lis des mots cultes. Incurable !
*Voir l'article DEGENERESCENCE du 4/12/2015.
Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.
lundi 10 octobre 2016
vendredi 7 octobre 2016
COMMENT MAIGRIR
Voici un régime qui va vous faire perdre du poids à coup sûr sans faire maigrir votre porte-monnaie. Je le tiens d'un ami yogi qui, du point de vue de la minceur, peut en remontrer aux stockfishs et aux mannequins anorexiques.
Il suffit de s'alimenter de la façon suivante : trois noisettes le matin, trois dattes à midi, trois pruneaux le soir*1, eau à volonté, et ce, tout le temps qui sera nécessaire pour que vous ressembliez à une statue de Giacometti.
Si au bout d'un an vous n'êtes pas mort(e) recommencez à vous alimenter un peu plus copieusement. Par exemple, le midi passez à six dattes ET une poignée d'amandes.
Autres façons de maigrir :
-courir vingt kilomètres chaque matin
-se déguiser en mammouth puis aller voir M. Allègre, il se fera un plaisir de vous dégraisser
-boire à jeun un cocktail composé, à parts égales, de larmes de vierge afghane, de rosée récupérée sur un coussin de belle-mère*2, d'urine de poisson-chat et de mort subite comme excipient
-je ne conseille l'anneau gastrique qu'aux rouquines si elles ont le clin d'oeil honnête (le fameux "franc clin, de l'anneau rousse svelte", jeu de mots à trois balles).
-ne pas lire fidèlement mon blog yadupeku? ou ne lui faire aucune publicité : vous serez sûr(e) de m'aigrir...
Du même auteur :
Comme un maigre, rire ( Livre sur l'art de se tenir les côtes quand elles sont bien apparentes)
Comme en maigre ire (Autofiction sur mes petites colères)
Annexe :
Comment m'écrire labesse06@gmail.com
*1 On peut les remplacer par des olives à condition de ne pas sucer le noyau trop longuement.
*2 Le cactus évidemment ; laissez belle-maman tranquille !
Il suffit de s'alimenter de la façon suivante : trois noisettes le matin, trois dattes à midi, trois pruneaux le soir*1, eau à volonté, et ce, tout le temps qui sera nécessaire pour que vous ressembliez à une statue de Giacometti.
Si au bout d'un an vous n'êtes pas mort(e) recommencez à vous alimenter un peu plus copieusement. Par exemple, le midi passez à six dattes ET une poignée d'amandes.
Autres façons de maigrir :
-courir vingt kilomètres chaque matin
-se déguiser en mammouth puis aller voir M. Allègre, il se fera un plaisir de vous dégraisser
-boire à jeun un cocktail composé, à parts égales, de larmes de vierge afghane, de rosée récupérée sur un coussin de belle-mère*2, d'urine de poisson-chat et de mort subite comme excipient
-je ne conseille l'anneau gastrique qu'aux rouquines si elles ont le clin d'oeil honnête (le fameux "franc clin, de l'anneau rousse svelte", jeu de mots à trois balles).
-ne pas lire fidèlement mon blog yadupeku? ou ne lui faire aucune publicité : vous serez sûr(e) de m'aigrir...
Du même auteur :
Comme un maigre, rire ( Livre sur l'art de se tenir les côtes quand elles sont bien apparentes)
Comme en maigre ire (Autofiction sur mes petites colères)
Annexe :
Comment m'écrire labesse06@gmail.com
*1 On peut les remplacer par des olives à condition de ne pas sucer le noyau trop longuement.
*2 Le cactus évidemment ; laissez belle-maman tranquille !
mardi 4 octobre 2016
FRANGLAIS 4
Aaah, les cuistres, les jocrisses, les bachi-bouzouks ! Bateleurs télévisuels, animateurs radios snobinards, vous tartinez votre logorrhée de work in progress... Que Belzébuth m'asticote les arpions, ça vous arracherait les amygdales de dire oeuvre en cours ou, mieux encore, oeuvre en chantier. Pour pas une syllabe de plus !
À VOMIR
Sur la plage, suite à un bain roboratif, je me laissais sécher au soleil de fin d'après-midi en feuilletant le dernier Télérama, illuminé par le visage d'Higelin. A la page des programmes d'hier (lundi 3 septembre) je me mets à lire un article El Sicario, room 164, attiré par les trois T (émission passionnante) et le mot principal qui me rappelle les sicaires de l'Antiquité. Vieux professeur de Lettres j'imagine déjà une émission sur les Zélotes, d'autant plus que le documentaire passe sur Arte.
Ma lecture ne tarde pas à me glacer ; il s'agit du témoignage d'un tueur à la solde d'un narcotrafiquant mexicain. Quand j'arrive à "...par quels moyens on exacerbe sa [la victime] souffrance sans la laisser fuir dans la mort" je décroche. Je pose la revue et regarde la mer splendide, la lumière chaude de 17 heures. Mais le mal est fait : une boule germe dans mon ventre et envahit jusqu'à ma gorge.
Je ne suis pourtant pas un "gentil" garçon : j'étais rugueux dans les sports collectifs, violent quand on m'agressait. Malgré tout, cet homme qui torture et tue m'est aussi étranger qu'une éventuelle créature extra-terrestre.
Je suis honteux de partager mon humanité avec des gens comme lui, sans m'empêcher de penser que la violence et le sadisme sont, comme des maladies silencieuses, tapis au fond de nous-mêmes. L'honneur de la civilisation c'est de ne pas les laisser se déclarer, ou de les sublimer.
Pour moi, celui qui s'abaisse à ces ignominies n'est plus un humain ; j'ai plus d'estime pour un chien ou une truite de mon ruisseau auvergnat.
Ma lecture ne tarde pas à me glacer ; il s'agit du témoignage d'un tueur à la solde d'un narcotrafiquant mexicain. Quand j'arrive à "...par quels moyens on exacerbe sa [la victime] souffrance sans la laisser fuir dans la mort" je décroche. Je pose la revue et regarde la mer splendide, la lumière chaude de 17 heures. Mais le mal est fait : une boule germe dans mon ventre et envahit jusqu'à ma gorge.
Je ne suis pourtant pas un "gentil" garçon : j'étais rugueux dans les sports collectifs, violent quand on m'agressait. Malgré tout, cet homme qui torture et tue m'est aussi étranger qu'une éventuelle créature extra-terrestre.
Je suis honteux de partager mon humanité avec des gens comme lui, sans m'empêcher de penser que la violence et le sadisme sont, comme des maladies silencieuses, tapis au fond de nous-mêmes. L'honneur de la civilisation c'est de ne pas les laisser se déclarer, ou de les sublimer.
Pour moi, celui qui s'abaisse à ces ignominies n'est plus un humain ; j'ai plus d'estime pour un chien ou une truite de mon ruisseau auvergnat.
lundi 3 octobre 2016
DEUX FOIS RIEN
Bientôt, dans le Cabinet de curiosités du Dr. M., une série d'articles passionnants qui vont laisser Goûtgueule loin derrière ; le premier sera titré COMMENT MAIGRIR.
Au chapitre politique on est en plein cinéma : vous aurez noté que ça défouraille à tout va, c'est Rififi à Paname. Comme dans les Tontons flingueurs les bastos volent bas mais je trouve que ça manque de gueule à la Blier, à la Ventura. Il y a juste Sarkozy qui me rappelle un peu Jean Lefebvre.
Au chapitre politique on est en plein cinéma : vous aurez noté que ça défouraille à tout va, c'est Rififi à Paname. Comme dans les Tontons flingueurs les bastos volent bas mais je trouve que ça manque de gueule à la Blier, à la Ventura. Il y a juste Sarkozy qui me rappelle un peu Jean Lefebvre.
samedi 1 octobre 2016
INFOX et OJI
A tout hasard je signale, à ceux qui n'auraient pas lu mon article du 15 février 2016, que je réclame la paternité du mot infox (pour information toxique) ainsi que de l'OJI (Observatoire du Jobastron International, qui offre une analyse acérée de la vie politique).
Par ailleurs, je me demande comment aucun rédacteur en chef n'a, jusqu'à présent, repéré ce blog ; si vous en connaissez un, prenez-le par la manche et convainquez-le de me contacter avant que je ne mange les pissenlits par la racine.
Par ailleurs, je me demande comment aucun rédacteur en chef n'a, jusqu'à présent, repéré ce blog ; si vous en connaissez un, prenez-le par la manche et convainquez-le de me contacter avant que je ne mange les pissenlits par la racine.
TROIS FEUILLES D'AUTOMNE
Chers petits vampires lecteurs, attention ! Aujourd'hui j'ai mes humeurs : la lecture aura un fond d'acidité.
Je ne pronostique rien pour ne pas rejoindre la multitude des prophètes ratés, des Philippulus aux petits bras, mais si, par malheur, plusieurs autres et moi (zécolos) avons raison l'avenir sera cruel.
J'entends souvent parler de "quête de sens" : velléité paradoxale quand on voit les efforts de certains pour ôter au monde tout pittoresque, toute poésie, toute magie. A moins que vous ne considériez que Disney "réenchante" le monde !
Je vous l'avais bien dit le 6 septembre : ça va saigner ! Ainsi, Buisson est sorti du bois pour tirer à vue sur le marcassin Sarkozy ; Coppé, planqué derrière un bosquet, en a profité pour lui expédier une décharge de chevrotines dans le dos. Elle est pas belle la vie !!!
Je ne pronostique rien pour ne pas rejoindre la multitude des prophètes ratés, des Philippulus aux petits bras, mais si, par malheur, plusieurs autres et moi (zécolos) avons raison l'avenir sera cruel.
J'entends souvent parler de "quête de sens" : velléité paradoxale quand on voit les efforts de certains pour ôter au monde tout pittoresque, toute poésie, toute magie. A moins que vous ne considériez que Disney "réenchante" le monde !
Je vous l'avais bien dit le 6 septembre : ça va saigner ! Ainsi, Buisson est sorti du bois pour tirer à vue sur le marcassin Sarkozy ; Coppé, planqué derrière un bosquet, en a profité pour lui expédier une décharge de chevrotines dans le dos. Elle est pas belle la vie !!!
vendredi 30 septembre 2016
HUBRIS, LE MONSTRE DU SIÈCLE
Même si nous avons facilement l'impression que les siècles précédents ne peuvent nous égaler dans l'extraordinaire, il me semble que la démesure -comme la violence ou l'oppression- sont en l'homme depuis la nuit des temps.
Sans citer la tour de Babel, il suffit de regarder les pyramides ou les cathédrales pour comprendre que l'hubris (comme disent les gens qui savent causer) est dans la nature de certains humains.
Si le XXIème siècle se distingue des autres c'est par le nombre de Terriens qui acceptent de vivre sans réaction au milieu de la démesure, et par la puissance des machines qui nous permettent d'assouvir cette tendance.
Voilà ce qui me frappe : de moins en moins d'humains résistent à cette furie qui broie dans ses mâchoires une planète non extensible, périssable et unique. Certaines nations, comme les USA et la Chine, se font même les champions de l'énormité, du gigantisme.
Combien de dirigeants du globe entend-on appeler à une gestion plus raisonnable de la Terre qui laisserait quelques ressources à nos descendants, qui permettrait à la planète de souffler, de reconstituer ses populations animales et végétales ?
Bien au contraire, devant les ratés du moteur libéral chacun y va de son plan de relance, de ses projets pharaoniques. Y aura-t-il un jour un politique pour poser une question presque philosophique : sommes-nous là pour dilapider le seul lieu de l'univers où nous pouvons vivre ? Quel est le sens de notre action sur Terre quand la démesure ne cesse de s'amplifier ?
Les villes jettent leurs tentacules à des kilomètres de leur centre, le fourmillement humain colonise toujours plus d'espaces, nos machines creusent encore plus profond roche et terre en quête d'énergie et de matériaux.
J'attends encore le ou la responsable qui couvrira les autres voix pour affirmer que le temps de la mesure est venue. Le temps d'économiser la Terre, où la cure de sobriété commencera par les gros mangeurs, les goinfres d'aujourd'hui.
Mais je suis en pleine utopie ; étant donné que nous courons vider les magasins à la première menace de pénurie, imaginez le spectacle si nous venions à manquer de pétrole, de gaz ou d'eau ?
Comment n'arrive-t-on pas à comprendre que l'hubris est un poison aussi séduisant que mortel ? Dans trente ans, quand le grand Paris aura poussé ses pseudopodes jusqu'à Rouen, Compiègne, Troyes, Orléans, que ferons-nous ? Le très grand Paris, jusqu'au Havre ? Et après, nous aménagerons la mer ?
Alors, plutôt que de me pendre dans l'heure, je vais continuer à écrire des livres -pas trop- en y glissant des pensées antidotes, avec l'espoir risible qu'un jour mon petit germe taquineur se répande. On ne se refait pas...
N.B. : Le mariage de l'année... Bayer et Monsanto : et ils eurent beaucoup d'enfants, toxiques et accapareurs.
Sans citer la tour de Babel, il suffit de regarder les pyramides ou les cathédrales pour comprendre que l'hubris (comme disent les gens qui savent causer) est dans la nature de certains humains.
Si le XXIème siècle se distingue des autres c'est par le nombre de Terriens qui acceptent de vivre sans réaction au milieu de la démesure, et par la puissance des machines qui nous permettent d'assouvir cette tendance.
Voilà ce qui me frappe : de moins en moins d'humains résistent à cette furie qui broie dans ses mâchoires une planète non extensible, périssable et unique. Certaines nations, comme les USA et la Chine, se font même les champions de l'énormité, du gigantisme.
Combien de dirigeants du globe entend-on appeler à une gestion plus raisonnable de la Terre qui laisserait quelques ressources à nos descendants, qui permettrait à la planète de souffler, de reconstituer ses populations animales et végétales ?
Bien au contraire, devant les ratés du moteur libéral chacun y va de son plan de relance, de ses projets pharaoniques. Y aura-t-il un jour un politique pour poser une question presque philosophique : sommes-nous là pour dilapider le seul lieu de l'univers où nous pouvons vivre ? Quel est le sens de notre action sur Terre quand la démesure ne cesse de s'amplifier ?
Les villes jettent leurs tentacules à des kilomètres de leur centre, le fourmillement humain colonise toujours plus d'espaces, nos machines creusent encore plus profond roche et terre en quête d'énergie et de matériaux.
J'attends encore le ou la responsable qui couvrira les autres voix pour affirmer que le temps de la mesure est venue. Le temps d'économiser la Terre, où la cure de sobriété commencera par les gros mangeurs, les goinfres d'aujourd'hui.
Mais je suis en pleine utopie ; étant donné que nous courons vider les magasins à la première menace de pénurie, imaginez le spectacle si nous venions à manquer de pétrole, de gaz ou d'eau ?
Comment n'arrive-t-on pas à comprendre que l'hubris est un poison aussi séduisant que mortel ? Dans trente ans, quand le grand Paris aura poussé ses pseudopodes jusqu'à Rouen, Compiègne, Troyes, Orléans, que ferons-nous ? Le très grand Paris, jusqu'au Havre ? Et après, nous aménagerons la mer ?
Alors, plutôt que de me pendre dans l'heure, je vais continuer à écrire des livres -pas trop- en y glissant des pensées antidotes, avec l'espoir risible qu'un jour mon petit germe taquineur se répande. On ne se refait pas...
N.B. : Le mariage de l'année... Bayer et Monsanto : et ils eurent beaucoup d'enfants, toxiques et accapareurs.
lundi 26 septembre 2016
PARABOLE DU BROCHET
Toute chose a une fin, même les vacances : j'ai donc mis hier soir un point final aux congés que je me suis généreusement octroyés cette année. Me voilà définitivement de retour, prêt à en découdre avec tous ceux qui retourneront leur veste, décidé à leur tailler un costume et à leur coller aux basques...
Au cours de mes méditations sur les sommets de la Haute Auvergne, il m'est venu une idée simpliste et -comme toutes les vapeurs incontrôlées de ma pensée- je ne résiste pas à l'envie de la partager avec vous : il s'agit d'une modeste parabole qui résume la situation de l'Homme aujourd'hui, une synthèse de l'anthropocène (mot que j'entends tous les jours, maintenant que les journalistes et les zopos l'ont découvert).
Un jour, un paysan attrapa, au hasard de la pêche, un sifflet, un brocheton mâle mangeur d'alevins, et comme il lui trouvait un museau sympathique il le jeta dans son seau au lieu de le remettre dans la rivière.
Revenu à sa ferme il le relâcha dans une grande mare qui jouxtait son verger. La pièce d'eau pullulait de gardons : pour se remettre de ses émotions, le brochet miniature dévora quelques gardonneaux de l'année.
Dans sa mare il vécut heureux de nombreuses années jusqu'au jour où le paysan apporta un de ses congénères pour lui tenir compagnie : idée funeste. Le nouveau étant aussi mâle que lui, il ne put s'adonner aux plaisirs du déduit amoureux ; le nouveau ayant à peu près sa corpulence, il ne put l'éliminer d'un claquement de bec ; le nouveau ayant aussi bon appétit que lui, la concurrence fut tout de suite effroyable. Les deux brochets se détestèrent illico et se firent la gueule ce qui, pour un brochet, n'est pas anodin.
Les coupes sombres qu'ils pratiquaient dans la blanchaille finit par raréfier la nourriture, les gardons n'ayant même plus le temps de se reproduire.
La logique ne leur proposait qu'une solution : se serrer drastiquement la ceinture et attendre que le cheptel se reproduise, mais, la concurrence qui les opposait les rendant stupides, chacun envisageait plutôt d'éliminer son adversaire et de boulotter plus tard le reste des poissons blancs.
Et voilà ! Finkelkraut et Onfray ne seraient pas parvenus à résumer la situation de l'homme contemporain aussi magistralement. Nous sommes les brochets, la mare notre monde et les gardons toutes les ressources -animales, végétales et minérales- dont nous disposons.
N.B. : Pour ménager votre sensibilité je n'ai pas décrit la troisième branche de l'alternative, c'est à dire la consommation des gardons jusqu'au dernier avant d'entrer dans un combat à mort, le survivant n'obtenant qu'un sursis à sa fin programmée.
P.S. : Ne me remerciez pas, mais vous venez d'éviter la lecture d'un gros livre, aussi indigeste que déprimant.
Au cours de mes méditations sur les sommets de la Haute Auvergne, il m'est venu une idée simpliste et -comme toutes les vapeurs incontrôlées de ma pensée- je ne résiste pas à l'envie de la partager avec vous : il s'agit d'une modeste parabole qui résume la situation de l'Homme aujourd'hui, une synthèse de l'anthropocène (mot que j'entends tous les jours, maintenant que les journalistes et les zopos l'ont découvert).
Un jour, un paysan attrapa, au hasard de la pêche, un sifflet, un brocheton mâle mangeur d'alevins, et comme il lui trouvait un museau sympathique il le jeta dans son seau au lieu de le remettre dans la rivière.
Revenu à sa ferme il le relâcha dans une grande mare qui jouxtait son verger. La pièce d'eau pullulait de gardons : pour se remettre de ses émotions, le brochet miniature dévora quelques gardonneaux de l'année.
Dans sa mare il vécut heureux de nombreuses années jusqu'au jour où le paysan apporta un de ses congénères pour lui tenir compagnie : idée funeste. Le nouveau étant aussi mâle que lui, il ne put s'adonner aux plaisirs du déduit amoureux ; le nouveau ayant à peu près sa corpulence, il ne put l'éliminer d'un claquement de bec ; le nouveau ayant aussi bon appétit que lui, la concurrence fut tout de suite effroyable. Les deux brochets se détestèrent illico et se firent la gueule ce qui, pour un brochet, n'est pas anodin.
Les coupes sombres qu'ils pratiquaient dans la blanchaille finit par raréfier la nourriture, les gardons n'ayant même plus le temps de se reproduire.
La logique ne leur proposait qu'une solution : se serrer drastiquement la ceinture et attendre que le cheptel se reproduise, mais, la concurrence qui les opposait les rendant stupides, chacun envisageait plutôt d'éliminer son adversaire et de boulotter plus tard le reste des poissons blancs.
Et voilà ! Finkelkraut et Onfray ne seraient pas parvenus à résumer la situation de l'homme contemporain aussi magistralement. Nous sommes les brochets, la mare notre monde et les gardons toutes les ressources -animales, végétales et minérales- dont nous disposons.
N.B. : Pour ménager votre sensibilité je n'ai pas décrit la troisième branche de l'alternative, c'est à dire la consommation des gardons jusqu'au dernier avant d'entrer dans un combat à mort, le survivant n'obtenant qu'un sursis à sa fin programmée.
P.S. : Ne me remerciez pas, mais vous venez d'éviter la lecture d'un gros livre, aussi indigeste que déprimant.
mardi 6 septembre 2016
GOURMANDISES FUTURES
Jésumarijosef, après avoir siroté un mois et demi de vacances j'ai déjà besoin d'une petite resucée de trois semaines ! Car j'ai déjà oublié le goût de la lenteur et l'odeur du silence. A part cela, la cafetière qui me sert de tête continue à bouillir régulièrement et je m'attends à vivre des mois particulièrement stimulants vu que l'approche des présidentielles va accélérer la distribution de friandises médiatiques.
Nous avons pu, d'ailleurs, déguster les premières pralines : le tacle assassin de l'avant-centre Fillon ; le but contre son camp de l'Attali en herbe (l'Attila qui bouffe le gazon socialo), si grosse tête qu'on le surnomme déjà le Macroncéphale ; le petit crochet intérieur pour se débarrasser du marquage sur l'aile droite et la protection virile du ballon chez le candidat-président.
Au chapitre ignominie et viscosité, un ancien ministre mis en justice vient de se défausser sur un mort : au niveau d'un excellent Dumas ou d'un bon Balzac.
Croyez-moi, j'en salive déjà. Rien que d'y penser il me vient une faim de loup... Évidemment, nous allons bien moins rigoler quand il va falloir passer aux urnes ; le désespoir du vide pourrait nous saisir, et le lendemain du deuxième tour coïncider avec une belle gueule de bois.
Si les coulisses de la campagne s'annoncent prometteuses, pour ce qui est des discours programmatiques je pronostique un ennui sans fond, un emmerdement sidéral, une monotonie migrainogène : les premières déclarations que j'ai pu entendre me laissent supposer que je vais pouvoir me passer de rasoir quelques temps...
Il y a bien Mélanchon dont la parole et la pensée brisent la routine, mais je n'aimerais pas être traité de mélanchonien, le mot me paraissant râpeux sous la langue. Mélanchon, cela sonne comme merluchon, et malgré toute mon estime pour ce vaillant zopo je ne le rejoindrai que par défaut, lorsque tous les autres m'auront donné envie d'aller m'installer sur Mars.
En attendant, je me casse pour finir mes valises. Je laisse mon morey, peu utile en Auvergne. DMOS
Nous avons pu, d'ailleurs, déguster les premières pralines : le tacle assassin de l'avant-centre Fillon ; le but contre son camp de l'Attali en herbe (l'Attila qui bouffe le gazon socialo), si grosse tête qu'on le surnomme déjà le Macroncéphale ; le petit crochet intérieur pour se débarrasser du marquage sur l'aile droite et la protection virile du ballon chez le candidat-président.
Au chapitre ignominie et viscosité, un ancien ministre mis en justice vient de se défausser sur un mort : au niveau d'un excellent Dumas ou d'un bon Balzac.
Croyez-moi, j'en salive déjà. Rien que d'y penser il me vient une faim de loup... Évidemment, nous allons bien moins rigoler quand il va falloir passer aux urnes ; le désespoir du vide pourrait nous saisir, et le lendemain du deuxième tour coïncider avec une belle gueule de bois.
Si les coulisses de la campagne s'annoncent prometteuses, pour ce qui est des discours programmatiques je pronostique un ennui sans fond, un emmerdement sidéral, une monotonie migrainogène : les premières déclarations que j'ai pu entendre me laissent supposer que je vais pouvoir me passer de rasoir quelques temps...
Il y a bien Mélanchon dont la parole et la pensée brisent la routine, mais je n'aimerais pas être traité de mélanchonien, le mot me paraissant râpeux sous la langue. Mélanchon, cela sonne comme merluchon, et malgré toute mon estime pour ce vaillant zopo je ne le rejoindrai que par défaut, lorsque tous les autres m'auront donné envie d'aller m'installer sur Mars.
En attendant, je me casse pour finir mes valises. Je laisse mon morey, peu utile en Auvergne. DMOS
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