Jésumarijosef, non contents de polluer ma radio, de souiller mes journaux et revues, d'étouper ma boîte aux lettres, d'affliger ma télévision, les publicitaires envahissent ma page fessebouque. Ventre de biche et couille de loup !
Ce matin, revenu d'un week-end de bon aloi, sans téléphone ni internet, je pars comme un béotien à la pêche des petites nouvelles de mes amis fessebouquineurs et... l'ire me prend (et même sauvagement) : les quelques messages de mes compagnons nétiques (moi, je suis plutôt né gosse) sont noyés dans un magma de sollicitations cérébrocides. Évidemment, je ne consomme pas ces pastilles mercantiles, mais le mal est fait et un nuage de corrosion intellectuelle se répand dans la pièce.
Quel esprit, même bétonné par la lecture quotidienne de trois pages de Camus, pourrait résister à ceci : Capitaine Crédit me propose un taux de 2,70 % ; John Lennon a partagé un lien (le retour des morts-vivants, j'ai les chocottes) ; All inclusive en Ardèche, 53% de réduction (et le français, c'est fait pour les chiens, je t'en mettrai des allinclusive !) ; Beauty within m'allèche avec des compléments pour prendre des muscles à un âge avancé (et prendre de l'âge avec des muscles avancés ?) ; Belambra me demande si j'ai envie d'un break (mais je préfère une pause à un break).
A cet instant, je connais un bref instant de détente car mon cerveau se met à folâtrer : Belambra...de chemise, Bel ambré ou des vacances bien bronzé, Bel hombre dans notre club en Espagne.
Mais une vague de jobastronneries buzzfiliennes* me frappe de plein fouet : " les onychopages -un jeu de mots me démange- sont des gens parfaits...à 57 ans il tient 5 h. pendant un concours de gainage...les tweets de Jeanne d'Arc...il utilise le test de grossesse de sa copine...elle poste des photos de son corps pas épilé...deux semaines de prison pour des ébats érotiques hyperdécibéliques". La vague est passée ; j'essuie quelques gouttes de connerie sur mon visage et me crois sauvé !
C'est alors qu'une déferlante perfide vient frapper ma nuque : Quel âge a ton cerveau ? Cette fois-ci je suis KO debout et un dernier crachat d'écume publicitaire vient me porter l'estocade : comment supprimer les acrochordons. Dans un soubresaut d'agonie je tente quelques piètres ludonymes (accrochons d'or, accroche hors dons, à chauds cordons,...) avant de saisir mon morey et de me casser en quête de lames plus liquides et moins nocives. DMOS
*Ne me dites pas que vous ne recevez pas les informations cruciales dispensées par Buzzfil !
Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.
mardi 2 juin 2015
mardi 19 mai 2015
DEUX FLEURS DU PRINTEMPS
Jésumarijosef, aujourd'hui j'ai trempé ma plume dans le miel ; dans la rue j'ai trouvé toutes les femmes belles (enfin, certaines plus belles que d'autres), les hommes sympathiques et le fond de l'air suave ! Il faut dire...
Ce matin deux nouvelles sont venues caresser mon oreille et depuis la vie m'est douce comme un loukoum.
Cela a commencé par les ventes en hausse dans les librairies sauf -bigarreau sur le gâteau- pour Ah, ma zone!, qui a connu une réconfortante stagnation. A ce stade j'ai ressenti les premiers chatouillements d'une intense jubilation.
A peine plus tard, seconde bouffée de bonheur : chiffre d'affaires en baisse pour Ma queue d'os qui s'apprête à fermer 700 de ses garg...restaurants. Là, j'ai mis un frein aux prémices de mon épectase, histoire de ne pas passer l'arme à gauche en un moment aussi rare.
Allez, je ne prends pas mon morey (samedi matin j'ai assez taquiné mon arthrose sur les vagues) mais je me casse, histoire de transmettre les bonnes nouvelles à quelques copains. DMOS
Ce matin deux nouvelles sont venues caresser mon oreille et depuis la vie m'est douce comme un loukoum.
Cela a commencé par les ventes en hausse dans les librairies sauf -bigarreau sur le gâteau- pour Ah, ma zone!, qui a connu une réconfortante stagnation. A ce stade j'ai ressenti les premiers chatouillements d'une intense jubilation.
A peine plus tard, seconde bouffée de bonheur : chiffre d'affaires en baisse pour Ma queue d'os qui s'apprête à fermer 700 de ses garg...restaurants. Là, j'ai mis un frein aux prémices de mon épectase, histoire de ne pas passer l'arme à gauche en un moment aussi rare.
Allez, je ne prends pas mon morey (samedi matin j'ai assez taquiné mon arthrose sur les vagues) mais je me casse, histoire de transmettre les bonnes nouvelles à quelques copains. DMOS
dimanche 17 mai 2015
L'HOMME A TÊTE DE CHIOTTE
Ce dessin de Lucile Auvray-Dragacci, qui vous est familier, sera l'élément principal dans la couverture de mon livre internet gratuit MA GUEULE OUVERTE.
Normalement, vous pourrez le lire sur internet à partir du 22 mai 18h.30 ! Outre ce dessin, vous y retrouverez quelques articles de mon blog, mais la presque totalité du texte est composée d'inédits.
Je sais que je suis encore tout petit ; seuls vous, mes petits vampires, et tous mes lecteurs pouvez me permettre de grandir, sachant que je veux juste faire bouger les lignes.
La notoriété, le yacht à Saint-Tropez, le mérite agricole, je laisse cela aux autres, sans regrets. Toute mon énergie je la tire de trois volontés : exprimer mon amour de la Terre et l'erreur que nous commettons en pensant vivre en dépit d'elle ; introduire un peu d'air frais dans le monde du livre et notamment le droit au nomadisme littéraire, au mélange des genres ; transmettre mes convictions en passant par la dérision constructive (je tiens à cette expression).
Mon ambition est disproportionnée au vu de ma surface médiatique ? On verra bien : il faut commencer par combattre, même si l'échec ne peut être exclu.
Alors je compte sur vous pour diffuser mon mauvais esprit ; je suis pugnace mais pas haineux, bienveillant mais pas gentil, et je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ce monde -qui est un vrai cadeau- survit dans autant de souffrances.
Je crains d'être encore révolté à l'instant de mon dernier souffle ! Souhaitez-moi juste de ne jamais céder aux sirènes du conformisme, à la tentation du narcissisme et à l'influence pernicieuse de la crétinisation programmée.
A vendredi 22 mai, mes chers petits vampires.
Normalement, vous pourrez le lire sur internet à partir du 22 mai 18h.30 ! Outre ce dessin, vous y retrouverez quelques articles de mon blog, mais la presque totalité du texte est composée d'inédits.
Je sais que je suis encore tout petit ; seuls vous, mes petits vampires, et tous mes lecteurs pouvez me permettre de grandir, sachant que je veux juste faire bouger les lignes.
La notoriété, le yacht à Saint-Tropez, le mérite agricole, je laisse cela aux autres, sans regrets. Toute mon énergie je la tire de trois volontés : exprimer mon amour de la Terre et l'erreur que nous commettons en pensant vivre en dépit d'elle ; introduire un peu d'air frais dans le monde du livre et notamment le droit au nomadisme littéraire, au mélange des genres ; transmettre mes convictions en passant par la dérision constructive (je tiens à cette expression).
Mon ambition est disproportionnée au vu de ma surface médiatique ? On verra bien : il faut commencer par combattre, même si l'échec ne peut être exclu.
Alors je compte sur vous pour diffuser mon mauvais esprit ; je suis pugnace mais pas haineux, bienveillant mais pas gentil, et je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi ce monde -qui est un vrai cadeau- survit dans autant de souffrances.
Je crains d'être encore révolté à l'instant de mon dernier souffle ! Souhaitez-moi juste de ne jamais céder aux sirènes du conformisme, à la tentation du narcissisme et à l'influence pernicieuse de la crétinisation programmée.
A vendredi 22 mai, mes chers petits vampires.
jeudi 14 mai 2015
GABRIEL CHEVALLIER
Voilà un de ces auteurs, bon stylistes, qui risquent de disparaître au cours du siècle. Je n'en suis pas un spécialiste mais les trois de ces ouvrages que j'ai lus sont recommandables et un en particulier mériterait de rester.
La plupart de ceux qui connaissent encore Gabriel Chevallier vous citerons Clochemerle ce récit truculent, à consommer quand on a besoin de faire une cure de bonne humeur. Dans un registre plus acide on peut lire Sainte-Colline, dans lequel les affres du pensionnat sont cuisinées à l'humour corrosif.
Cet auteur lyonnais à l'humeur rabelaisienne a pourtant écrit un brûlot, l'un des plus intéressants témoignages d'écrivain sur la guerre de 14, longtemps introuvable, La peur, qui, pour ceux qui sont passionnés par la grande guerre, constituera un excellent pendant aux incontournables de Dorgelès, Barbusse, Genevoix, Junger, Remarque.
La plupart de ceux qui connaissent encore Gabriel Chevallier vous citerons Clochemerle ce récit truculent, à consommer quand on a besoin de faire une cure de bonne humeur. Dans un registre plus acide on peut lire Sainte-Colline, dans lequel les affres du pensionnat sont cuisinées à l'humour corrosif.
Cet auteur lyonnais à l'humeur rabelaisienne a pourtant écrit un brûlot, l'un des plus intéressants témoignages d'écrivain sur la guerre de 14, longtemps introuvable, La peur, qui, pour ceux qui sont passionnés par la grande guerre, constituera un excellent pendant aux incontournables de Dorgelès, Barbusse, Genevoix, Junger, Remarque.
lundi 11 mai 2015
L'ART : TAILLÉ EN PLEIN LARD ?
Jésumarijosef, en ce moment ça taille à pleins bras dans les budgets de la culture ; même plus au rabot mais à la tronçonneuse. Et les zopos de nous chanter leur vieille rengaine : le théâtre ça coûte trop cher (mais pas les ronds-points), il ne faut pas favoriser les métiers de fainéants, l'Art c'est bien mais l'emploi
l'équilibre budgétaire
le sérieux dans la gestion... nous contraignent à des arbitrages !
Eh bien, amis surfeurs, je pense tout le contraire (ce qui vous fait une belle jambe, je l'admets) : l'Art n'est pas facile ; il est nécessaire à l'humanité.
Si un dessinateur de BD devait être payé à l'heure, au tarif d'un footballeur, personne ne pourrait s'acheter un album.
Les improvisations du gag debout (On dit stand up ? Ah bon...) laissent croire qu'on peut arriver sur une scène les mains dans les poches alors qu'un spectacle est souvent le fruit de plusieurs mois de travail, et sans machine à pointer... sachant que tout le temps consacré à l'élaboration est rétribué une misère, hormis exceptions notoires.
Par exemple, un livre qui m'a coûté quatre ans et demi de travail -et que certains considèrent comme très honorable- m'a rapporté 220 euros dans l'année, de quoi payer un déplacement de mon plombier...
Pourtant, si j'avais été, par malheur, nommé ministre de l'Education Nationale, j'aurais instauré (je ne sais pas pourquoi, mais tout à coup j'ai les poils de la moustache qui durcissent) une pratique artistique approfondie du primaire à la fin du collège, à raison de six heures par semaine, au moins. Théâtre, musique, écriture, peinture,... Des spécialités où les terroristes recrutent peu d'adeptes.
Mais pas du bricolage, plutôt une pratique exigeante qui supposerait étude et travail avant le jeu.
Pour beaucoup l'Art est de l'ordre du superflu, mais quitte à choisir entre deux producteurs de vents, du trader ou de l'artiste, je préfère le second : au moins c'est du vent plein d'étoiles.
Allez, je vais faire mon artiste sur mon morey. DMOS
l'équilibre budgétaire
le sérieux dans la gestion... nous contraignent à des arbitrages !
Eh bien, amis surfeurs, je pense tout le contraire (ce qui vous fait une belle jambe, je l'admets) : l'Art n'est pas facile ; il est nécessaire à l'humanité.
Si un dessinateur de BD devait être payé à l'heure, au tarif d'un footballeur, personne ne pourrait s'acheter un album.
Les improvisations du gag debout (On dit stand up ? Ah bon...) laissent croire qu'on peut arriver sur une scène les mains dans les poches alors qu'un spectacle est souvent le fruit de plusieurs mois de travail, et sans machine à pointer... sachant que tout le temps consacré à l'élaboration est rétribué une misère, hormis exceptions notoires.
Par exemple, un livre qui m'a coûté quatre ans et demi de travail -et que certains considèrent comme très honorable- m'a rapporté 220 euros dans l'année, de quoi payer un déplacement de mon plombier...
Pourtant, si j'avais été, par malheur, nommé ministre de l'Education Nationale, j'aurais instauré (je ne sais pas pourquoi, mais tout à coup j'ai les poils de la moustache qui durcissent) une pratique artistique approfondie du primaire à la fin du collège, à raison de six heures par semaine, au moins. Théâtre, musique, écriture, peinture,... Des spécialités où les terroristes recrutent peu d'adeptes.
Mais pas du bricolage, plutôt une pratique exigeante qui supposerait étude et travail avant le jeu.
Pour beaucoup l'Art est de l'ordre du superflu, mais quitte à choisir entre deux producteurs de vents, du trader ou de l'artiste, je préfère le second : au moins c'est du vent plein d'étoiles.
Allez, je vais faire mon artiste sur mon morey. DMOS
samedi 9 mai 2015
PARTAGE
Chers petits vampires, comme je vous fais très souvent cadeau de mes humeurs, j'ai décidé de me racheter (temporairement) en partageant avec vous un moment heureux.
Aujourd'hui, onze heures du matin. Je pêche à la traîne sur mon kayak ; mer trop calme, chaleur qui monte. D'un coup je remonte une jolie oblade et dans le même instant une brise d'ouest, douce comme un souffle de jeune fille, me rafraîchit, m'enveloppe, m'aère. Je regarde le poisson étincelant, le ciel bleu marbré des filaments de cirrus, et je respire le monde...
Quelques minutes de bonheur.
Aujourd'hui, onze heures du matin. Je pêche à la traîne sur mon kayak ; mer trop calme, chaleur qui monte. D'un coup je remonte une jolie oblade et dans le même instant une brise d'ouest, douce comme un souffle de jeune fille, me rafraîchit, m'enveloppe, m'aère. Je regarde le poisson étincelant, le ciel bleu marbré des filaments de cirrus, et je respire le monde...
Quelques minutes de bonheur.
vendredi 8 mai 2015
GUEULE DE CAFETIÈRE
Parfois je me regarde dans un miroir et je vérifie que je n'ai pas une gueule de cafetière, parce que je suis souvent en ébullition.
Tenez, deux petits bouillons qui viennent d'arriver à la surface de mon cerveau : quand je compare, parmi tous ceux que je connais, le nombre des gens sympathiques et paisibles avec celui des crapules et des tordus je me demande pourquoi le monde est si malheureux, si vilain. Ce matin, j'ai entendu à la radio une publicité du style " You miss me, de Stephen Goodguy, le livre qui a conquis l'Amérique" et j'ai rêvé d'un lancement identique pour mon prochain roman : "Dévastation, de Dan Matthew, le livre qui a conquis l'amer Rick". Ou, si j'ai une groupie nonagénaire et alcoolique : "Dévastation, de Daniel Mathieu, le livre qui a conquis la mère hic!"
Voilà, c'était ma contribution à la déconfiture de la littérature française...
Tenez, deux petits bouillons qui viennent d'arriver à la surface de mon cerveau : quand je compare, parmi tous ceux que je connais, le nombre des gens sympathiques et paisibles avec celui des crapules et des tordus je me demande pourquoi le monde est si malheureux, si vilain. Ce matin, j'ai entendu à la radio une publicité du style " You miss me, de Stephen Goodguy, le livre qui a conquis l'Amérique" et j'ai rêvé d'un lancement identique pour mon prochain roman : "Dévastation, de Dan Matthew, le livre qui a conquis l'amer Rick". Ou, si j'ai une groupie nonagénaire et alcoolique : "Dévastation, de Daniel Mathieu, le livre qui a conquis la mère hic!"
Voilà, c'était ma contribution à la déconfiture de la littérature française...
jeudi 7 mai 2015
J'HÉSITE : BADER ou BAD DAY ?
Jésumarijosef, on ne peut donc jamais être tranquille ! Je regardais fumer le earl grey à la russe dans mon bol à moi personnel quand, enfer et déréliction, je fus sauvagement agressé par ma radio que j'avais allumée par inadvertance.
Et qu'ouïs-je ? La voix, toute d'assurance savante, d'un spécialiste à côté duquel je ne suis qu'un cloporte ; les sentences économiques et les visions politiques se succédaient, péremptoires, et déjà le goût de mon thé s'altérait (ne cherchez pas le calembour ou la contrepèterie).
Qui me direz-vous ? Je n'ai pas bien retenu son nom ; Malin Mince... ou Minque, il me semble. Vous savez, un monsieur qui est conseiller politique, économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise. A côté de lui j'ai l'impression d'être nu (je me réconforte mesquinement en me disant que je suis beaucoup plus musclé, notamment des quadriceps et des pectoraux). Dire que nous n'avons que deux ans de différence. Tant d'intelligence pour autant d'erreurs mémorables...
Voilà, j'étais énervé.
Je bus alors une gorgée de thé tiède, qui n'avait pas la suavité d'une tétée, et entendant parler de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes je concentrai ma colère sur ce thème -en quelque sorte, une ire à cibles-, me remémorant le projet du même type (jurassic project) de Ciudad Real.
Je décidai alors de réchauffer mon thé et mon ire ; dès que le liquide fut à même de me brûler la gueule j'allai me vautrer devant l'ordi et ranimai ma mémoire défaillante (on n'a pas si bien écrit depuis Guy Des Cars).
Résultat : aéroport de Ciudad Real, ouvert en 2008 et fermé en 2012 ; financé à 100% par le secteur privé ; situé à une heure de TGV de Madrid et de la côte andalouse ; d'un coût de 1,1 milliard, il était en vente à 100 millions (je n'ai pas trouvé de nouvelles fraîches sur son acquisition mais les acheteurs n'ont pas dû se bousculer au portillon).
Voilà comment -ô fatal petit déjeuner- un paisible muesli aux fruits se transforma en raisins de la colère : l'aéroport nantais relève de la même démesure et je me demande toujours ce qui, chez les hopos*, l'emporte de l'art du mensonge ou de l'aveuglement...
Sur ce, je parvins à rétablir mon humeur en me livrant à un suicide diététique : une tartine de pain-beurre-miel !
Allez, je prends mon morey et je me casse. DMOS
*J'hésite, pour cette contraction, entre les hopos et les zopos. Si mes petits vampires lecteurs veulent bien laisser leur avis sur le sujet, je suis preneur.
Et qu'ouïs-je ? La voix, toute d'assurance savante, d'un spécialiste à côté duquel je ne suis qu'un cloporte ; les sentences économiques et les visions politiques se succédaient, péremptoires, et déjà le goût de mon thé s'altérait (ne cherchez pas le calembour ou la contrepèterie).
Qui me direz-vous ? Je n'ai pas bien retenu son nom ; Malin Mince... ou Minque, il me semble. Vous savez, un monsieur qui est conseiller politique, économiste, essayiste et dirigeant d'entreprise. A côté de lui j'ai l'impression d'être nu (je me réconforte mesquinement en me disant que je suis beaucoup plus musclé, notamment des quadriceps et des pectoraux). Dire que nous n'avons que deux ans de différence. Tant d'intelligence pour autant d'erreurs mémorables...
Voilà, j'étais énervé.
Je bus alors une gorgée de thé tiède, qui n'avait pas la suavité d'une tétée, et entendant parler de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes je concentrai ma colère sur ce thème -en quelque sorte, une ire à cibles-, me remémorant le projet du même type (jurassic project) de Ciudad Real.
Je décidai alors de réchauffer mon thé et mon ire ; dès que le liquide fut à même de me brûler la gueule j'allai me vautrer devant l'ordi et ranimai ma mémoire défaillante (on n'a pas si bien écrit depuis Guy Des Cars).
Résultat : aéroport de Ciudad Real, ouvert en 2008 et fermé en 2012 ; financé à 100% par le secteur privé ; situé à une heure de TGV de Madrid et de la côte andalouse ; d'un coût de 1,1 milliard, il était en vente à 100 millions (je n'ai pas trouvé de nouvelles fraîches sur son acquisition mais les acheteurs n'ont pas dû se bousculer au portillon).
Voilà comment -ô fatal petit déjeuner- un paisible muesli aux fruits se transforma en raisins de la colère : l'aéroport nantais relève de la même démesure et je me demande toujours ce qui, chez les hopos*, l'emporte de l'art du mensonge ou de l'aveuglement...
Sur ce, je parvins à rétablir mon humeur en me livrant à un suicide diététique : une tartine de pain-beurre-miel !
Allez, je prends mon morey et je me casse. DMOS
*J'hésite, pour cette contraction, entre les hopos et les zopos. Si mes petits vampires lecteurs veulent bien laisser leur avis sur le sujet, je suis preneur.
vendredi 1 mai 2015
ANNEXES
ANNEXE
1
J’ai
titré ce pamphlet LA REPUBLIQUE DES JOBASTRONS parce que comme moi, vous êtes
des jobastrons, des gens qui croient au père Noël libéral : quand
l’entreprise Monsanto dit que les molécules d’un insecticide disparaissent en
arrivant sur le sol, nous la croyons ; quand des
« spécialistes » nous expliquent qu’on retraite le mercure et le
cyanure utilisés pour l’extraction de l’or –ou l’acide sulfurique et la soude
pour l’uranium- nous nous rassurons ; quand un aménageur rase une pinède
pour édifier une technopole « respectueuse de l’environnement » nous
l’écoutons bouche bée.
Nous
gobons tout ce que ces messieurs qui dirigent le monde et savent tout sur tout
assènent sans se troubler. Quelle que soit la dimension de leurs erreurs, rien
ne semble les troubler, les décontenancer : nuage de Tchernobyl ;
assèchement de la mer d’Aral, en cinquante-quatre ans, de 66458 à 3300
km2 ; les douze POP –polluants organiques persistants- qui truffent des
produits laitiers, des viandes, des poissons, des crustacés… et le bateau de la
suffisance décidoriale vogue, imperturbablement.
ANNEXE 2
Si,
d’aventure, mes textes sont lus par quelques uns et atteignent par miracle la
sphère médiatique qui flotte dans nos cieux comme un astre omnipotent, je me
propose de fournir à d’éventuels contradicteurs le matériau d’objections bien
senties. Voici quelques termes qui, jetés à ma face indigne d’écolo-anarchiste,
seront du meilleur effet : immobiliste, passéiste, nostalgique d’une France
disparue, anti-progressiste, irréaliste, idéologie dangereuse, déphasé par
rapport à la réalité économique,
illusionnisme, déclaration de guerre à l’entreprise, doux rêveur, hurluberlu,
candide, utopiste.
POUR AIGUISER VOTRE
ESPRIT
TOINOU Antoine
Sylvère
LE DESERT DES DESERTS
Wilfried Thesiger
L’ETE GREC
Jacques Lacarrière
LE CHEVAL D’ORGUEIL
Pierre-Jakez Hélias
UN VILLAGE D’AUTREFOIS
Mahmout Makal
SOLEIL HOPI Don C.
Talayesva
LES DERNIERS ROIS DE THULE
Jean Malaurie
TRISTES TROPIQUES
Claude Lévi-Strauss
Les
pionniers :
LE PRINTEMPS SILENCIEUX (1962) Rachel Carson
AVANT QUE NATURE MEURE (1964) Jean Dorst
LA BOMBE P (1969)
Paul Ehrlich
NOUS N’AVONS QU’UNE TERRE (1971) René Dubos et Barbara Ward
HALTE A LA CROISSANCE (1972) Club de Rome quasi introuvable
L’UTOPIE OU LA MORT (1973) René Dumont
Les
aiguillons :
ARCHITECTURE SANS ARCHITECTE Bernard
Rudofsky
LA FABRICATION DU CONSENTEMENT Noam Chomsky
HISTOIRE DU PAYSAGE…
Jean Robert Pitte
L’HORIZON NEGATIF
Antoine Virilio
SUR LA TELEVISION,
CONTRE-FEUX Pierre Bourdieu
ENTROPIE Jeremy
Rifkin
LA SOCIETE DU SPECTACLE
Guy Debord
LE TRIOMPHE DE LA CUPIDITE Joseph Stiglitz
L’ARGENT NOIR
Pierre Péan
LE ROUGE ET LE VERT
Boris Komarov
A consommer sans
modération :
Edgar Morin, Michel Serres, Jean-Marie Pelt, Théodore Monod,
Hubert Reeves, Albert Jacquart
Pour le plaisir du
furetage :
Ivan Illich, André Gorz (à lire absolument « Lettre à
D. Histoire d’un amour), Yves Luginbuhl (surtout Paysages)
jeudi 30 avril 2015
NON-CONCLUSION
EN GUISE DE
NON-CONCLUSION
Ma
vision peut paraître pessimiste, mais quand j’entends les journalistes,
notamment les spécialistes de l’économie, je m’aperçois que je suis un amateur
dans le catastrophisme. Voyons… quels sont les mots qui reviennent tout le
temps dans leur bouche… ah, oui, inquiétant, inquiétudes, s’inquiéter.
Vérifiez, vérifiez.
Alors,
me direz-vous, que fait-on ? Aiguise-t-on déjà le sabre du sepuku ?
Pas encore. Il reste malgré tout quelques raisons d’espérer.
1-Il y a
des gens qui luttent : pêle-mêle, petits producteurs de terroir, Finance
Watch, Confédération paysanne, Colibri, Kokopelli, Criirad, Sherpa, Collectif
Roosvelt, LPO,…
2-Vous
pouvez aiguiser votre esprit critique en pratiquant la chasse aux
bobards ; je vous propose d’ailleurs des lectures subversives à la
dernière page, en nombre limité parce que je ne conseille que ce que j’ai lu et
apprécié.
3-Vous
pouvez agir par de petits gestes, en soignant votre bilan carbone –éviter les
déplacements inutiles-, en évitant la surconsommation, en privilégiant le
commerce de proximité.
N’attendez
pas que les choses se fassent d’elles-mêmes, vous risqueriez d’attendre
longtemps. On nous parle d’un monde en transition, d’une nouvelle ère :
persuadez-vous bien que ceux qui dévorent le plus gros du gâteau n’autoriseront
le début d’une « civilisation environnementale » qu’au moment où ils
auront calé leur business pour tirer profit de ce « nouvel âge ».
S’il n’était question que d’argent, l’affaire ne serait pas si dramatique, mais
les conséquences de l’idéologie dominante pourrait être des désordres majeurs
de notre biotope et, à leur suite, la dégringolade sociale, la violence et
l’égoïsme démultipliés puisque, la deuxième guerre mondiale l’ayant démontré,
dans une situation de grande crise les humains se répartissent en : une
fraction d’ignobles que nul sentiment n’arrête, un masse d’impuissants qui
essaient de survivre, une frange de résistants qui sacrifient leur vie à leur
idéal.
Je ne
parierai pas sur la partie qui serait la mienne ; en tous cas la seule
planche de salut c’est qu’un (des) homme(s), issu de la dernière catégorie,
prenne les rênes, entraîne la masse dans un mouvement salutaire et limite les
entrepreneurs à une activité commerciale aussi nécessaire que raisonnée.
En
l’absence d’une personnalité de cette force, il ne faut pas attendre de solutions de la
bonté et de la sagesse humaines dont l’idée qu’elles sont partagées par tous
est un pur fantasme. Je n’en veux pour preuve que ce que j’appelle le syndrome
du dodo-Nauru.
Nauru,
appelée aussi l’ile plaisante, c’est 21 km2 de paradis dans le Pacifique sud,
jusqu’au jour où l’on découvre puis exploite le phosphate de son sous-sol. L’exploitation
commence en 1907 et fait de Nauru un des plus riches pays du monde ; à partir de 1986 le gisement décline, les
cours du phosphate baissent : exploitation sans freins, dépenses
somptuaires, la république de Nauru –créée en 1968- dépose le bilan en 2004. Il
n’y a plus d’argent, plus de terre arable, quasiment plus d’arbres ; les
habitants, presque tous obèses, regardent leur île au 9/10 dévastée, leurs 4x4
et leurs bus qui rouillent, leur banque inutile, leur futur laminé.
Dans les
îles Mascareignes de l’Océan indien vivaient les dodos, ou drontes. Ce bon gros
volatile de la taille d’un dindon, pataud, incapable de voler, fut découvert
sur l’île Maurice par des marins hollandais en 1598. Il faut admettre qu’un
beau dodo rôti à la broche, c’était tentant ! Capture facile, viande
abondante, pourquoi se priver ? Malgré tout, qu’auriez-vous fait au moment
où il ne restait que quelques couples ; comme les gens du 18ème
siècle, les manger jusqu’à la dernière cuisse ? Qu’a pu penser celui qui
l’a croquée ? Si vous voulez voir un dodo aujourd’hui il vous reste les
livres ou les musées (Londres, Copenhague, Prague).
Voilà ;
pour moi ces deux exemples sont l’illustration absolue de la sagesse humaine.
Ne comptons pas sur le bon sens planétaire pour ralentir ce monde, voiture sans
freins lancée dans une pente qui, au lieu de rétrograder, ne cesse d’accélérer.
Pour ranimer l’économie, cette moribonde, quoi de mieux que les grands
travaux : encore plus d’autoroutes, de zones commerciales, de bâtiments
divers, d’aéroports ; on arrive à saturation dans pas mal
d’endroits ? On verra bien ; dans cinquante ans on aura trouvé
des solutions !
Comme
Guy Debord je verrais bien un retour au sensible, au réel, à la vie
quotidienne. Ce qui me sidère c’est l’imperméabilité de l’univers des
décideurs ; ils ont construit un monde parallèle régi par leurs propres
règles, de plus en plus distant des réalités organiques et physiques ; ils
ignorent superbement, depuis quarante ans, les avertissements et les analyses
de scientifiques reconnus, de sociologues et de penseurs plus qu’estimables.
Dans leur univers une forêt n’est pas une forêt mais un potentiel de loisirs
rémunérés, un atout marchand, un gisement de ressources pour construction,
chauffage ou papier. Cette vision déformée –et c’est là le problème- prévaut en
tous lieux, à tous moments et n’épargne(ra) , à plus ou moins long terme,
ni beauté, ni caractère sacré.
De même
toute terre est vue comme un terrain, c'est-à-dire une surface qui s’offre à
l’aménagement urbain et non pas comme le tissu vivant de notre planète ;
l’eau est un bien rare dont la captation engendre conflits d’intérêts,
convoitise, commerce.
Prenant
appui sur l’expansion démographique et les nécessités économiques les décideurs
peuvent appliquer –avec quelques légers freins- leur doxa impitoyable : ce
qu’ils font à la nature il est logique qu’ils le fassent aux hommes, simples
machines humaines à la valeur marchande dérisoire.
Il n’est
pas nécessaire de sortir de Polytechnique pour comprendre que l’équation monde fini x croissance perpétuelle de
l’économie x démographie explosive = crises
à répétition de plus en plus fréquentes et dévastatrices.
Aussi
admirable que soit une tablette tactile, elle ne produit pas le légume qui me
nourrit, l’eau qui me désaltère, le bois qui me chauffe, la plante qui me
soigne, les pierres qui m’abritent. Si, pour profiter d’un smartphone je dois
renoncer pour toujours à trouver une eau potable, mon choix est vite fait.
Pourquoi
changer, me direz-vous ? Parce qu’à moins de croire à la petite souris
sous l’oreiller et au marchand de sable, les désordres peuvent avoir raison de
notre « civilisation » [regardez les états de barbarie dans des
villes sud-américaines, par exemple], la Terre ne grandira pas pour nous faire
plus de place, les déchets toxiques n’auront pas la courtoisie de s’évanouir
dans la nature et, ayant exploité les gisements faciles, nous devrons bousiller
encore plus la planète pour utiliser les moins accessibles. Parce que j’ai
envie que mes arrière petits-enfants voient en moi un humain sympathique et non
un de ces « connards » qui leur ont laissé des factures à régler pour
des biens dont ils ne peuvent plus profiter.
Si vous
n’êtes pas d’accord, continuez, mais soyez prêts à assumer ce que vous vivrez
et ce que vous lèguerez à vos descendants : un monde artificialisé où les
idées de nature proche, de charme des paysages familiers, seront de plus en plus virtuelles pour les
citadins, puisqu’il faudra, pour les besoins humains et le maintien des emplois,
multiplier bâtiments, routes, autoroutes, parkings,… Vous avez entendu comme
moi que la Chine (où l’on se promène avec un masque dans les grandes villes)
urbanise l’équivalent de l’lle-de-France tous les cinq ans (les Chinois :
de futurs visiteurs si nous préservons nos vertes campagnes).
Ce sera
également un endroit où feront rage les guerres sans visage pour l’accès aux
ressources (eau, terre, minerai,…) ; un lieu aux aménagements inhumains,
une sorte de jungle urbaine où nos germes héréditaires trouveront un milieu
accueillant (paranoïa, délinquance et sadisme, exploitation des autres,
tyrannie législative et réglementaire).
Messieurs,
en route pour Cythère, mais ne vous rassurez pas en vous disant que je délire,
examinez les chiffres, relisez historiens, ethnologues et poètes, et vous m’en
direz des nouvelles.
P.S. : Demain, deux annexes et la liste des lectures subversives.
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