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mercredi 10 octobre 2018

C'EST PAS DEMAIN...

    Comme le disait si bien Romain Gary "La plus grande puissance spirituelle de tous les temps c'est la connerie". De la même façon que le soleil est balayé par les éruptions, la terre est secouée par les séismes crétiniques : c'est pourquoi, n'écoutant que mon courage, je reprends les rênes de ce blog, prêt à essuyer les protoplasmes d'imbécillité. Billets d'humeur et autres seront regroupés sous le titre Mon grain de sel.

    Cette semaine je me suis délecté d'un savoureux paradoxe : samedi, la télé me dit que l'IA* s'est attaquée à la détection des maladies, du cancer en particulier, et engrange, pour ce faire, des millions de données ; deux jours plus tard, j'apprends que des chiens détectent la maladie en deux séances de reniflette !
    Dans notre infinie naïveté nous croyons encore que la technologie et la science vont régler tous les problèmes qu'elles ont engendrés. Il se pourrait que nous soyons comme le type qui se débat dans les sables mouvants : à chaque coup de talon il se croit sauvé, à chaque coup de talon il s'enfonce un peu plus. La masse d'intelligences clairvoyantes qu'il faudrait pour sortir de ce piège...

    En ce moment je devrais boire du petit-lait : le dernier programme communiste a pour titre Social et écologie ; des hommes de droite se déclarent écologistes (M. Estrosi, que j'ai entendu de ma propre ouïe) ; certains socialistes le sont -ceux qui n'ont pas eu de mal à donner leur aval à Hamon... Alors, pourquoi ressens-je ce zeste de scepticisme, cette once de doute, ce soupçon de retenue dans la joie ?
    Soit ce sont les dernières humeurs d'un vieux sanglier écolo qui, après 46 ans de lutte inefficace, digère mal d'être supplanté dans la bataille ; soit c'est que l'orchestre joue fort depuis quelques temps mais qu'à part la musique il ne se passe pas grand chose, ou alors rien qui ne soit en proportion des nécessités. Qui plus est, j'en vois dans le fond qui font semblant de jouer... à part les joueurs de pipeau.
    Pour être plus clair, j'entrerai en extase écologiste quand les décideurs accepteront le principe d'une autre croissance**. Mais c'est pas demain la veille...


*Dans ma jeunesse c'eût été l'Inspectrice d'Académie, aujourd'hui c'est l'Intelligence artificielle.
**Comme au Bhoutan, le BIB à la place du PIB.

dimanche 13 mai 2018

REMARQUE


   1° J'effectue ma dernière correction après la publication du billet ; les petits futés qui aspirent l'article à parution ont donc une version avec fautes éventuelles.
   2° Par solidarité avec les cheminots je ne vais pas en faire une rame pendant un mois, alors n'attendez pas mes papiers (rame, papier... très fin !)

ET LA FANTAISIE, BORDEL !

    Jésumarijosef, je pourrais bêler comme la plupart des gars du troupeau, mais... je n'arrive pas à me satisfaire de ce monde ; bien que j'apprécie tout ce qui mérite d'être appelé progrès je ne peux m'empêcher de voir ce qui me déplaît, ce qui meut des plaies en fait.
    Je ne crois pas être le seul à regretter qu'en vertu de certaines "lois" (économico-socialo-urbanistico...) le mouvement général nous pousse vers une Terre : 1 affadie 2 uniformisée 3 dépoétisée, et cela sans que nous ayons voix au chapitre.
    Que certains se plaisent dans un monde formaté et aseptisé, pourquoi pas ? Ils trouvent facilement sur le globe des endroits pour les amateurs de villes rectilignes, débarrassées de toutes vieilleries, où l'urbanisme hygiénique prime sur toute autre considération.
    Mais pour nous, qui aimons les cités de caractère, les maisons qui ont une âme et la végétation profuse, les espaces ad hoc se réduisent comme peau de chagrin.
    Pourquoi n'existerait-il pas des villes qui garderaient un cachet ancien, des rues pittoresques et arborées, des espaces voués à l'imprévu , même dans leurs quartiers les plus récents? Des endroits où l'habitat resterait à taille humaine et accepterait de s'arrêter à la limite des espaces verts sanctuarisés ?
    Qu'il nous soit permis de vivre dans des lieux qui ont du jus et non aseptisés, qui ont du caractère et non dupliqués, qui ont gardé un charme et non dépoétisés. Est-ce trop demander ?
    J'aime la mer parce qu'elle est une mais sans cesse différente ; et il faudrait que j'aime des villes où tous les immeubles sont de la même laide banalité ?
    Allez, je prends mon morey et je me casse pour aller plonger dans l'unité sans cesse changeante des flots. DMOS


lundi 7 mai 2018

SANS TERRES PARCS

    Jusqu'à ce que mon articulation devienne déficiente, je ne cesserai de répéter qu'un de nos plus gros problèmes c'est notre conception faussée du monde, plus précisément de notre environnement. En même temps que nous détruisons la Nature si elle constitue un gisement de ressources ou d'espaces à bâtir, nous l'idéalisons à travers une imagerie presque naïve, dans des films ou dans des mises en scène touristiques.
    La concrétisation la plus représentative de notre incompréhension est concentrée dans le phénomène du Center parc. Outre l'anglichonnerie de rigueur, il est remarquable de constater que, sous une sorte de bulle, nous nous délectons d'une nature artificielle et aseptisée.
    Pour moi la nature ce sont des odeurs, suaves comme violentes, des moments contrastés en lumière, en température et en climat, des visions d'une incroyable douceur autant que des instants d'une grande brutalité.
    La nature sous cloche c'est comme la poésie chez Disneyland et la cuisine des viandes chez Maqueued'os : une fois, ça va, mais au quotidien je préfère consommer les produits d'origine.
    Des Centre parcs en ville -ou tout près- pourquoi pas, mais en pleine nature, non ! Lâchez-nous la grappe et laissez-nous renifler nos fleurs des champs...

vendredi 4 mai 2018

FRANGLICHE

    On me taquine, on me cherche, on me provoque : à cause de certains animateurs d'émissions de divertissement radiophonique qui émaillent leur bavardage d'anglichonneries et des journalistes qui jouent les trissotins, l'envie de passer un coup de karsher linguistique me titille furieusement.
    Voici les trois dernières taches de cuistrerie que j'ai dû essuyer sur ma belle langue française (je vais la déposer à la blanchisserie de l'Académie) : j'ai d'abord été frappé de plein fouet par un punchline, puis par un one shot, avant de prendre un black bloc en pleine poire.
    Alors, pour garder mon Français propre, je propose de remplacer punchline par phrase choc, saillie, boutade, trait d'esprit ou bon mot, voir mot tout court. Ainsi, les jeunes pourraient se "gazouiller" : Je t'ai mis un mot dans la face, tu as mangé ta race !
    Pour ce qui est du one shot, pourquoi ne pas utiliser le mot jet, ou l'expression jet-seul ? Par exemple, au lieu d'une vente one shot, une vente en jet-seul. Cet anglicisme peut se traduire par une nouvelle en littérature, une vente express dans le commerce et le coup d'un soir en matière de badinerie.
    Enfin les black blocs qui défraient la chronique ne sont-ils pas des casseurs, des autonomes, des jobastrons encagoulés, comme on dirait dans le Midi ?

    Pour que l'on ne me taxe pas de négativisme, je me dois de vous infliger quelques saillies de mon cru, dans le but purement pédagogique de prouver l'excellence de notre langue natale.

    Jean-Paul Sartre a délaissé le Goncourt puis le le con gourd de Simone [interdit aux moins de 18 ans]
    L'huile d'argan, très employée au Maghreb, est donc une pommade pour peau mate
    D'Alain Rey, artisan des  mots, patient tisserand de dictionnaires, on dira, quand il travaille à la maison : il file au logis la philologie.

    Pour vous achever, une définition. Mariage : moteur à explosions.

jeudi 3 mai 2018

Il FAUT BIEN LE DIRE...

    Jésumarijosef, j'enfile les perles en disant que le monde n'est ni tout à fait blanc ni tout à fait noir mais admettez que l'homme est un animal paradoxal : le saint et l'ignoble habitent parfois le même immeuble, et le modernisme dont se réclame chaque génération ne fait rien à l'affaire : on finit pas penser que le mal est le revers du bien. Tournez la pièce, la beauté du côté face cède à l'ambiguïté du côté pile. J'irai déguster les racines de pissenlit avoir d'avoir compris cette contradiction.
    Ainsi de la gendarmerie,  si noble quand un de ses fils sacrifie sa vie pour en sauver une autre et dégradée quand on la missionne pour monnayer les excès de vitesse infimes ou -je l'ai vécu- un oubli de plaque d'immatriculation sur des vélos pourtant suspendus bien assez haut.
    A ce propos -et je ne doute pas que cette réflexion va m'attirer de nombreuses sympathies- je digère mal cette histoire des radars en voiture privée ; et après cela, quoi ? Il y a des portes qu'il est dangereux d'ouvrir.
    Autre paradoxe qui me turlupine : alors que des hommes réparent les femmes, d'autres les détruisent ! Tandis que le docteur Mukwege les reconstruit au Congo, en Espagne des juges faillissent. Si tout viol est odieux, le viol en réunion est le comble de la lâcheté et anéantit en moi toute velléité de pardon : que des juges puissent trouver des circonstances atténuantes à des pourritures échappe à mon entendement.
    Si vous entendez un bruit désagréable, ce sont mes dents qui grincent...
    Pour finir dignement ce billet peu réjouissant, je vous dirais que, contrairement à Cioran et Beckett, je m'efforcerai de ne pas mourir pessimiste -sauf maladie effroyable- car à quoi sert de désespérer de l'inévitable. Même vieux, aidons les autres à continuer leur chemin par notre bonne humeur, faisons de chaque jour une "fête" de l'intelligence et de la délicatesse, ne serait-ce que par décence vis-à-vis de ceux qui, comme notre cher Scarron (l'auteur du Roman comique) ont souffert -souffrent- le martyre au cours de leur vie.
    Voilà, j'espère que mon ordinateur -l'ignoble me refusait l'accès à mon blog depuis plusieurs jours- va se montrer plus fraternel, ce qui me permettra de retrouver mon humeur primesautière. Allez, je prends mon morey et je me casse. DMOS

vendredi 20 avril 2018

MÉDITATION OU IRRITATION

    Tous les matins je me le répète : n'ouvre pas ta radio ! Médite, assis en tailleur, dans les parfums d'encens et la musique de Ravi Shankar, plutôt que d'avaler, avec ton bol de thé, un saladier de nouvelles irritantes. Mais, bernique ! Mon doigt refuse de m'obéir et appuie sur la touche, libérant l'acide médiatique.
    Ce matin, je fus promptement puni de ma faiblesse et atteint de plein fouet par deux brèves à caractère irritant. Occasion de savourer toute l'amertume de mon énervement.
    Première pastille anti-calme : l'annonce d'une fédération française de foot virtuel : encore des gonzes qui vont demander à figurer aux jeux olympiques ! Déjà que -quoique pétanqueur occasionnel- je vois mal ce que vont faire les boulistes au milieu des décathloniens ou des kayakistes, alors les rois du pouce en folie...
    Deuxième pastille : TF1 demande à pouvoir diffuser trois coupures publicitaires pendant les films, au lieu de deux. Prêtez-moi une masse d'arme, un bazooka, une bombe à neutrons, que je taille en pièces toute cette valetaille mercantile, ventre-saint-gris ! Une coupure c'est insupportable, alors trois, c'est massacre à la tronçonneuse, charcutage cathodique, carpaccio de films et longs métrages en chiffonnade.
    J'ai la faiblesse de penser qu'un des plaisirs du film (ou du livre) c'est l'immersion : or une pub vous arrache la tête de l'eau au moment où vous contemplez les algues et les poissons. Même pour ceux qui enregistrent les films, le seul fait de devoir zapper est déjà un arrachement à la plongée douillette dans l'espace sidéral du cinéma.
    Dès demain, j'irai porter un cierge à Sainte Rita pour qu'on ne touche pas à notre télé du service public, dernier refuge gratuit de la diffusion sans rondelles.

jeudi 19 avril 2018

EXCÈS DE VITESSE

      Je viens de réaliser avec stupeur que je ponds mes infamies littéraires depuis plus de quatre ans : le premier article de ce blog date du 27 avril 2014 ! Comme quoi, on peut durer dans l'humour besogneux et la philosophie de pilier de bar...
    Pour fêter dignement cette performance inespérée, je me dois de vous asséner une de ces turlupinades intellectuelles qui laisseraient pantois les Finkielkraut et autres Onfray (d'ailleurs Onfray pas mieux).

    Quel germe diabolique a-t-il atteint les hommes dans le courant du 19ème siècle ?
     Celui de la vitesse, qui s'est porté instantanément au cerveau. Et, depuis lors, cette maladie mentale -que j'appellerai dromomanie- n'a cessé d'empirer ; elle pousse l'individu à tout évaluer selon le filtre de la vitesse et engendre chez lui une horreur de la lenteur. Des mots tels qu'attente, délai, patience, provoquent chez le malade des horripilations, allant même jusqu'aux convulsions.
    La vitesse étant addictive, le sujet atteint est en demande constante de nouveaux gains de temps et son affection finit par gangrener tous les aspects de sa vie. 
    Les transports, par exemple : dans le années 60 la dauphine de mon grand-père nous emmenait de Nice à l'Auvergne en deux jours ; aujourd'hui une grosse matinée suffit et nous avons l'impression de nous traîner. D'aucuns rêvent d'un train en tunnel sous vide (une sorte de suppositoire ferroviaire) qui mettrait Paris à moins d'une heure de Bayonne. Il s'appelle Hyperloop et s'il peut remplacer l'avion je suis preneur : ceci dit, mettre deux ou trois heures pour aller au bout du monde et constater que toutes les villes se ressemblent ou que les Chinois portent des Nike et du Tacchini, bof !
    Dans l'industrie, les robots finiront par permettre de produire nuit et jour, dimanche et férié pendant que nous regarderons d'un oeil attendri l'artisan qui confectionnera notre chaussure inusable et ressemelable à vie, en plusieurs heures.
    Dans le sport, on trouve une forme particulière de dromomanie : la recordite aigüe. S'il ne veut pas passer pour un ringard, l'athlète victorieux se doit de pulvériser les chronos, le nombre de victoires ou de titres. Ne parlons pas de ceux qui ont le mauvais goût de terminer quatrième ou cinquième d'une compétition mondiale : pour garder un semblant de dignité, ils devraient se faire hara-kiri sur le champ, ou sur la piste, ou sur le stade !
    Dans la communication le règne de la vitesse est absolu : tout ce qui la ralentit provoque des réactions hystériques ou violentes. Dire qu'à une époque Monsieur de la Popelinière s'esbaudissait de recevoir un pli contenant information en huit jours ; aujourd'hui, une minute et son descendant, le doigt sur sa tablette, atteint le seuil de l'intolérable.
    Quelle est la morale de l'histoire ? Bien que quelques trublions isolés fassent l'éloge de la lenteur, gageons que nous pousserons la dromomanie jusqu'à son point ultime, jusqu'au stade où nous irons tellement vite que tous les objets deviendront invisibles pour l'oeil humain. Il ne nous restera plus, alors, qu'à nous diluer dans l'espace-temps et à laisser les fourmis prendre en main le destin de la Terre.


lundi 16 avril 2018

DEUX PÉTALES D'AVRIL


   C'est fou comme mon bol de thé m'ouvre des mondes chaque matin : il suffit que je le contemple, comme un puits sans fond, et les idées viennent éclater comme des bulles à la surface d'un étang.

    Aujourd'hui, allez savoir pourquoi, j'ai pensé à mon nom ? Ce prénom et ce patronyme qui me définissent, que je n'ai pas choisis mais qui me font l'usage d'un bon vieux tricot, finalement à ma taille, rassurants et confortables.
     Si j'ai un reproche à faire à ce daniel et à ce mathieu c'est plutôt à propos des livres : déjà, se faire un nom dans la littérature est à peu près aussi facile que monter au sommet de l'Everest en tongs, mais s'y présenter sous celui de Daniel Mathieu... Qu'est-ce que je reproche à ces deux mots ? Il leur manque le petit éclat qui attire le chaland-lecteur. Je me fusse appelé Daniel Blas de Roblès ou Daniel d'Ormesson qu'une petite paillette de noblesse m'aurait fait scintiller. Et si j'étais né Daniel Chandernagor ou Daniel Houellebecq, j'aurais promené avec moi un léger halo exotique.
    Certes, je pourrais opter pour une version anglo-saxonne, mais je crains que le pseudonymat soit un peu comme un exil de soi-même. Dan Matthews, pourtant, est assez tentant...
    Après tout, qu'importe le nom con pourvu qu'on ait livre, Hesse*.

    Il arrive parfois qu'une photo me tire l'ire** : au petit déjeuner, bouffée de contrariété en regardant le dessin du projet Europacity. Au nord de Paris, sur 280 hectares de terre à blé, le groupe Auchan et un malin Chinois, veulent édifier un méga centre commercial et de loisir : tout ce que j'aime. J'aurais bien des arguments mais je voudrais rester calme ; il vous faudra donc attendre la sortie de mon livre L'écologie décomplexée pour les connaître.
 


*J'ai bien le droit de m'adresser à un autre auteur ! Herman Hesse, un très grand du 20ème siècle : essayez Le loup des steppes ou Narcisse et Golmund.
*Comme on dit à la Caisse d'épargne.


   

jeudi 12 avril 2018

FRANÇAIS, RÉAGISSEZ !

    Jésumarijosef, allez savoir pourquoi, l'émotion, parfois, vous étreint de façon incongrue : je mastiquai ma pomme matutinale lorsque mon esprit s'attrista à la pensée de trois grands frères disparus. Je ne peux m'empêcher d'imaginer ce qu'ils diraient devant les aberrations de notre monde. Vous me manquez, Albert (Camus), Pierre (Desproges) et Jean (Cabu). Et maintenant, Jacques (Higelin) vous a rejoints.
    Par exemple, quels-les lignes assassines, dessins corrosifs ou chansons poético-satiriques inventeriez-vous devant ce déferlement crétinoïde d'anglichonneries ?
    J'en suis arrivé à un tel degré de saturation que je suis prêt à en appeler à l'émeute, à l'insurrection, voire à la révolution. J'aimerais que l'on réintroduise le carcan et le pilori pour exposer les cuistres en place publique, en particulier les journalistes -surtout sportifs- et les publicitaires !
    Avez-vous honte de votre langue ou la maîtrisez-vous aussi peu qu'une phrase sur deux est émaillée de pitch, de followers qui likent à doigts raccourcis ? Les commentateurs sportifs vous assènent des coaches qui font du turn-over pour booster leur team. Et moi j'ai envie de sortir mon bazooka pour dézinguer toute cette race moutonnière qui croit pratiquer le "top" du langage contemporain.
    Mes poils se hérissent, mes yeux s'exorbitent et ma panse s'acidifie en oyant les vols low coast*, les open space ou les fashion week. Je frôle l'apoplexie quand j'esgourde que transposer les mots anglais constitue un Tchallenge...
    Même mon Télérama me trahit. Cette semaine, à la page 5, annonce pour les vêtements Gudrun Sjoden : "It's all about flowers". Trahison, infiltration, amertume et ignominie. L'ennemi langagier est parmi nous !
    Si seulement nos baragouineurs de frangliche domestiquaient la langue de Shakespeare : la charité chrétienne nous pousse à ne pas faire état de certaines entrevues (interview, mes fesses !) pitoyables et de prises de paroles hilarantes.
    D'aucuns diront que je radote -ils n'ont pas tort- mais je propose d'envoyer à tous les services concernés, des listes de propositions dès qu'un mot superfétatoire anglichon fait irruption dans notre quotidien. A vos plumes, à vos dicos ! Donnez libre court à votre imagination afin que l'entraîneur puisse requinquer son équipe en faisant tourner son effectif, palsembleu !
    Allez, je prends mon body-b... ma planche à glisser et je me casse.

*Pourquoi pas les vols éco ?