Amis sportifs, je suis le seul intellectuel 50% sportif;
amis intellectuels, je suis le seul sportif 50% intellectuel;
amis cons, allez surfer ailleurs;
amis, jeunes ou vieux, qui ne voulez pas mourir idiots, venez me rendre une petite visite de temps en temps.

vendredi 20 mars 2015

JOSEPH CONRAD

    Jouer le doctus cum libro ce n'est pas trop mon genre, donc ne vous attendez pas un étalage d'érudition ou un foisonnement de références. Ma seule envie c'est de partager mes meilleurs crus littéraires, si vous ne les avez pas lu d'imaginer les paillettes dans vos yeux quand vous les ouvrirez,  si vous les connaissez de vous offrir une confrontation stimulante ou le plaisir d'une harmonie d'analyse.

    Joseph Conrad est ce que j'appelle une "conscience", un des ces humains qui s'est frotté au monde et a tiré de ce qu'il connaissait une riche matière : quand il parle de mer, il ne décrit pas un élément abstrait mais un monde dans lequel il a plongé pendant vingt ans ; quand il parle du monde il convainc parce qu'il y a navigué jusqu'à ses zones de turbulence.
   Voilà ce que j'aime chez Conrad : dans ses meilleurs livres on ne sent jamais la coquetterie, le chiqué, l'exercice de style.
   Regardez son portrait, ses yeux grand ouverts vous happent, comme ses romans, d'une densité qui m'a toujours procuré un rassasiement heureux.
   On a souvent considéré ses oeuvres comme de brillants récits d'aventure, -idée renforcée par les adaptations filmiques - mais c'est un peu court : au détour d'une page haletante vous verrez jaillir une pensée fulgurante. Par exemple que " la perte de la retenue est le début de la décadence" ou que " le monde vit dans le mensonge pour ne pas s'effondrer".
    On pouvait s'attendre à ce qu'un écrivain-marin ait une vision du large...
    Alors, si j'ai titillé votre curiosité, allez naviguer dans les belles pages de Lord Jim, La rescousse, Un paria des îles ou le très curieux Au coeur de ténèbres*.

   Si vous voulez réagir, laissez un commentaire.

*Mes listes de lecture sont forcément réduites car je ne conseille que ce que j'ai lu.

jeudi 19 mars 2015

DMOS, LE RETOUR

    Saperlipopette, mes chers petits vampires lecteurs, quel bonheur de vous retrouver ; j'espère que je vous ai manqué comme vous me manquâtes. Ne plus sentir vos gentils crocs dans le corps de mes textes, quel crève-coeur !
    Pour commencer je me dois de remercier chaudement l'oligophrène qui m'a piraté : grâce à lui, j'ai terminé plusieurs tubes de granules calmants qui traînaient dans mes tiroirs, j'ai reposé mes yeux pendant une huitaine et, surtout, je n'ai pas eu à faire le ménage de ma boîte mail, lequel je repoussais de mois en mois. Ceci dit, si ce charmant jeune homme -car je ne peux pas croire qu'une femme approche ce degré de sottise et d'avidité- a repéré mon lieu de résidence au cours de ses errances dans mes dossiers, il est cordialement invité à me rendre visite : j'ai une matraque de quarante centimètres qui aimerait faire sa connaissance.
    Pour finir, je vous promets un retour un force, à commencer par demain  où un article J'AIME sera consacré à Joseph Conrad.
   Aux amateurs de mon livre HIER, LA TERRE, je dirais qu'après une semaine de grouignage me voilà dégrouigné, ventre de biche !

jeudi 5 mars 2015

NOUVELLE RUBRIQUE

    Il est des animateurs, radio comme télé, qui ignorent le mot nuance : leurs invités sont merveilleux, magnifiques, remarquables, exceptionnels ; les oeuvres sont incroyables, admirables, géniales. Les exclamations qui fusent le plus souvent sont Quel talent ! C'est un chef-d'oeuvre !
    On comprend qu'ils ne peuvent pas dire à un invité Votre film est une grosse bouse ! Votre spectacle est nase ! Votre livre est un torchon ! mais on aimerait de leur part un peu de modération dans les transports.
    Pour ma part j'ai mon petit catéchisme : me refusant à être fan(atique) ou idolâtre de quiconque, je me contente de deux nuances dans l'estime. J'apprécie ou j'admire.
    Mon appréciation va à tous ceux qui ont une forme de talent, un savoir-faire particulier ; par exemple, j'apprécie Luchini, Modiano, Bacon. Moi-même, je me contenterais volontiers de devenir un écrivain appréciable.
   Mon admiration suppose, qu'en plus d'apprécier, je sente des affinités et reconnaisse au créateur un art auquel je ne peux que rêver d'accéder ; il s'agit de personnalités que j'aimerais rencontrer, voire cultiver. Souvent la mort a rendu cette relation inenvisageable ; la vie contemporaine rend celles possibles assez utopiques.
   Alors, pour ne pas rester avec cette sensation d'inachèvement, je partagerai avec vous, dans une rubrique J'AIME, un portrait partial de ceux que j'aurais aimé ou que j'aimerais rencontrer.

mardi 3 mars 2015

ADDENDUM

Et voilà ! Je vous en parlais le 20 mai 2014 (Panpan) : ils vont finir par nous interdire la fessée. D'ici à ce qu'ils nous interdisent l'autoflagellation... Ceci dit, j'ai la flemme, alors relisez mon article du 20 mai, je n'ai pas une virgule à y changer.

lundi 2 mars 2015

COUCOUCHE PAS NIAIS

    Depuis que je suis entré dans la soixantaine, je reçois toute une littérature publicitaire qui, dans un mouvement spontané d'empathie, me propose de soulager mes arthroses, d'aider à mon ambulation devenue difficile, d'étancher mes fuites urinaires, de faire tenir mon dentier et d'assouplir ma feuille qui -comme chacun sait- devient dure avec l'âge.
    Mais ma lecture préférée c'est celle qui s'inquiète de ma virilité défaillante ; l'un de ces courriers commence ainsi : "Vous souvenez-vous de vos meilleurs rapports sexuels ? Faites appel à votre mémoire !..." Exquise délicatesse, océan de légèreté et de bon goût. Ceux qui, pour répondre à cette question, doivent remonter aux calendes grecques seraient inspirés de commander d'urgence le coffret Formule Intense, avec son filme érotique gratuit en cadeau. Moi, comme je n'aime ni les capsules, ni les nunucheries érotiques, je m'abstiendrai.
    Venons-en maintenant à ce que j'ai gardé pour la bonne bouche : le petit tract joint au courrier, qui s'ouvre sur la photo d'une bombe blonde, poitrine -à damner un séminariste- tendant un fin soutien-gorge à fanfreluches. D'une main concupiscente je retourne le feuillet et là, toutes mes illusions tombent, avec un bruit de verre brisé. Sarah, star du porno, la dame aux seins XXL, dévoile ses secrets :
    1-des hommes d'âge mûr doublent les jeunes acteurs vite fatigués,
    2-leurs sexes sont "énormes et rigides"
    3-la star a perdu le contrôle et, après cinq heures de plaisir intense, est restée couchée sur le lit, essoufflée,
    4-elle donne des capsules à son ami (67 ans ce mois-ci) et ils forniquent trois fois par jour, et non trois joies par four(née).
    Enthousiasmé, je suis allé voir ma femme, qui bouquinait inconsciemment un livre de genre philosophique, FEMMES QUI COURENT AVEC LES LOUPS, et je lui ai dit que pour faire face au prochain tsunami automnal des impôts je me proposais d'effectuer quelques petits extras. Mais ça ne l'a pas emballée...

samedi 28 février 2015

DESOBEISSANCE

   Jésumarijosef, tous ceux qui s'esbaudissent devant le Traité de désobéissance civile de Thoreau -moins arnachiste qu'on pourrait le penser- devraient soutenir Erri de Luca, écrivain minéral comme Le Clézio, qui a le courage de s'opposer à la folie dispendieuse et naturocide des dirigeants de France et d'Italie.
   Nous ne sommes pas loin du stade où on entreprend des grands travaux, non par nécessité d'équipement, mais pour maintenir des activités (il y a eu moins d'indulgence pour la métallurgie) ou se tailler un costume de grand décideur.
   Pour l'instant, pas trace, dans ce genre de décision, de questions philosophiques sur le sens que nous donnons à la civilisation, les droits des habitants ou notre façon de disposer de notre environnement.
   Il ne faut avoir lu aucun des livres de De Luca pour s'indigner de sa résistance ; je vous conseille Sur la trace de Nives et Le poids du papillon : vous comprendrez son amour de la montagne et ce qu'il peut souffrir de l'inconséquence des politiciens, alors qu'ils font des moulinets avec les bras pour annoncer des sommets trompe-l'oeil et des réformes poudrozieux.
   Allez, je me casse, sans prendre mon morey, car ce matin je me suis offert une petite séance de surf en kayak. N'abusons pas. DMOS

vendredi 27 février 2015

NOUVEAUX VOLS DE BIGASSOLES

   Vous n'êtes pas sans savoir que je suis le chasseur, à l'exclusion de tout autre animal,  d'un volatile grégaire et prolifique : la bigassole. On a beau en éliminer ils abondent, ils pullulent ; en cette saison où la nature s'apprête à bourgeonner comme un ado à peau grasse, les colonies de bigassoles envahissent nos ciels, saturant l'air de leurs cris navrants, de leur odeur d'imbécillité et de leurs dandinements outranciers.
   Deux vols ont particulièrement attiré mon attention : l'un au Proche-Orient où des néo-archéologues ont retouché des statues millénaires. Après la maison de maçon, voilà le musée de mes cons ! S'ils pouvaient venir revisiter certaines oeuvres bidon qui encombrent les MAM...
  L'autre aux Etats-Unis, où deux clébards ont officiellement convolé en des noces rupines, ce qui m'a rappelé qu'en 2012 un caniche et un coton -ça ne s'invente pas- s'étaient mariés pour la modique somme de 200 000 euros : j'avais dû combattre pendant quinze jours une furieuse envie d'aboyer.

MAM : pas maman abrégé, mais musée d'art moderne.

jeudi 26 février 2015

PERMARESILIENCE

   Si vous êtes un habitué de Yadupeku? vous connaissez ma modeste invention, le mot grigri, que j'applique à ces termes magiques qui guérissent toutes les plaies de la pensée, qui repoussent les attaques hostiles des hétérodoxes et provoquent l'adoration de béotiens qui les entendent [cf moderne, développement, éco-quartier,...].
   L'expression développement durable est de la même farine ; plus chargée de symbolique que de sens, elle est une traduction -volontairement ?- incorrecte de sustainable development. Même si vous n'êtes pas un angliciste distingué, je n'ai pas besoin de vous faire un dessin...
   Des couloirs caverneux de l'actualité viennent de surgir deux mots grigri promis à un avenir sans doute radieux : il s'agit de résilient(e) et permaculturel(le). C'est oeuvre d'écrivain que de tirer sur le sens des mots pour les amener à traduire ce qui lui est propre : une sensation, un sentiment, une idée. Apparemment, journalistes et politiques se découvrent les mêmes ambitions littéraires -on connaissait déjà leurs livres barbants, nous aurons maintenant leurs mots rasoirs (attention, les fines lames,  là c'est de l'extra-fin !).
   Il est temps que je vous expose les corps du délit : deux expression ronflantes, fourre-tout, qui permettront aux "meilleurs d'entre nous " de continuer à nous enfumer sur les questions d'environnement.
   Il s'agit de villes permaculturelles -Paris en est une- et d'énergie résiliente qui va blackbouler la fameuse énergie verte d'une pichenette.
   Je vous laisse méditer sur ces profondeurs linguistiques.

mercredi 25 février 2015

ECRIRE... POURQUOI ?

   La littérature est vaine en ce sens qu'aucun livre, aussi sublime qu'il soit, n'a produit de bouleversements notoires dans une société. La preuve ? Le dernier jour d'un condamné de Victor Hugo n'a pas fait abolir la peine de mort -Badinter a été plus efficace- ; Walden de Henry David Thoreau, L'utopie ou la mort de René Dumont n'ont pas fait des Terriens des écologistes acharnés.
   Quand un livre a un impact, il est limité à un domaine, un évènement ; c'est le cas de Voltaire dans  l'affaire Calas ou de Zola dans l'affaire Dreyfus.
   Alors, me direz-vous, pourquoi écrire ?
   C'est la question que je me suis posée pendant les vingt ans où je n'ai pas cherché d'éditeur à mes six livres, parce que tout me disait que le destin de la littérature est dérisoire : tous ces auteurs, adulés de leurs vivants, tombés dans les culs-de-basse-fosse des anthologies et des encyclopédies ; tous ces livres, fiertés du catalogue d'un éditeur, dont on lit avec consternation la liste à la fin d'un roman et dans laquelle on ne connaît qu'un ou deux auteurs sur une centaine ; tous ces soleils littéraires défunts dont la pensée est mise en pièces selon les appétits des uns et des autres, parfois trahie, parfois utilisée par ceux qui le mériteraient le moins (Albert Camus, par exemple, dont se réclament des indignes).
   Alors, pourquoi écrire ?
   En ce qui concerne les autres j'en suis réduit aux suppositions : narcissisme, vanité, psychothérapie, concrétisation d'une disposition naturelle (comme quelqu'un qui court vite avec un ballon devient footballeur professionnel), besoin de transmission, nécessité intérieure (si je n'écris plus je meurs... pourquoi pas !), obligation financière -une fois qu'on est lié à une grosse maison-, et que sais-je encore !
   Quant à moi, comme je suis un fruit tardif je l'ai réalisé très tard, le jour où j'ai aperçu la constante environnementale de mes livres : moi qui n'attends de la littérature ni notoriété -quel emmerdement !- ni argent -pour l'instant j'en ai plutôt perdu- j'écris pour trouver la petite fissure, la minuscule fente dans laquelle je pourrais m'introduire dans la muraille médiatique. Une fois introduit dans la citadelle j'essaierais -à ma façon plus grotesque que scientifique- d'exprimer une certitude qui m'a investi il y a près de quarante-cinq ans, et que l'état de la planète n'a cessé depuis de justifier : notre façon d'appréhender le monde est en contradiction avec sa réalité. Cette distorsion ne cesse d'augmenter et les effets délétères qu'elle engendre (et qui n'en sont qu'aux prémices) frapperont impitoyablement nos descendants.
   Depuis quarante-cinq ans j'espère tous les jours me tromper. J'écris donc pour pouvoir un jour ouvrir ma gueule et crier le plus fort possible dans le porte-voix ; à défaut de cela,  je n'aurais pas cherché d'éditeur et mes manuscrits dormiraient encore au fond d'un carton.

   Je sais, aujourd'hui je ne vous aurai pas fait sourire, c'est assez dire la confiance que j'ai en votre intelligence.

mardi 24 février 2015

QU'A TARE ?

    Jésumarijosef, merci ! Ils l'ont fait : la coupe du monde de football en hiver.                                        Ô infinie jubilation !
   Alors que depuis ce matin je n'ai d'actif que mon pinceau, le trempant mécaniquement dans le pot de blanc, la délivrance vient d'intervenir à 18 h. avec cette merveilleuse nouvelle. En 2022 le mondial -le Qatar recevant cet évènement sportif majeur- aura lieu pendant les frimas proche-orientaux. Chantez hautbois, résonnez musette !
   Mon cerveau, vide depuis mon premier pas sur la carpette matutinale, se réveille : 2022... 22 v'là les frics ! Vingt-deux billes sur le tapis vert. On n'en a pas fini avec les conneries... je ne vois pas le cas tari. Voilà la coupe du monde de Fous de balle, la coupe immonde de foot pâle, le mondial du bas-long-rond, la grand messe des shorteux millionnaires, les "pas nems êtes sire qu'en cesse" (du pain et des jeux) du vingt-et-unième siècle, le dernier refuge du sacré sur cette Terre bouffée par l'intolérance et le cynisme.
   Alors que le 14 février 2014 je me gaussais déjà du choix du Qatar et des stades climatisés, je n'espérais pas deux secondes une pareille foutraquerie. C'est tellement beau que je n'arrive plus à refroidir mon cerveau ; imaginez toutes les merveilles que cette décision -si elle est entérinée- va rendre possible : défilé de pères Noël sur le stade à la place des pom-pom girls ; ballon blanc pour rappeler les boules de neige ;  dôme du stade décoré de boules et de guirlandes géantes auxquelles on suspendra des pancartes publicitaires des produits conseillés pour l'hygiène sportive [Ma queue dos, Qu'au cas qu'holà, Bure guerre quine, Harry beau, Pet peut si qu'au las, Smyrne off, Riz quart, Jauni wok heure,...] ; et pourquoi pas, lors de la cérémonie d'ouverture, un petit show sur Jesus from Nazareth sauce business [Marie avec le "ballon", l'âne et le boeuf  remixés en chameau et fennec, défilé de l'apôtre pride, défilé de mode tendance rois mages,...].

   Mon Dieu, mon Dieu, je crois que nous n'avons pas fini de vous distraire. Dès que le vent aura fini de décorner les cocus, je prendrai mon morey et je me casserai. DMOS