Chers Nobés, vous avez cru que j'avais cassé ma pipe, avalé mon extrait de naissance, passé l'arme à gauche. Que nenni ! Les termites de la vieillesse ont bien commencé à m'attaquer, mais elles n'en sont qu'à l'écorce. Et puis, que voulez-vous, je ne peux pas être au four et au moulin, en Auvergne en train de soigner des brebis, des radis et des taillis, et en Provence à tapoter sur un ordi mes ordinaires billevesées.
Voilà, c'est dit. Maintenant, vous pouvez -légitimement- vous demander : pourquoi cette résurrection, cette réapparition, cette épiphanie (pour utiliser un mot à mode) ?
Mais, mes agneaux, vous avez regardé par la fenêtre* ? Je n'arrive plus à compter sur mes doigts les timbrés au pouvoir, les grands projets délirants, les guerres hallucinantes. Certes, vous me direz que Cro-Magnon écrasait déjà la gueule de son voisin à coups de massue, mais c'était un gentil amateur, un bricoleur préhistorique, un pisse-menu de la violence délirante.
Si vous n'êtes pas éco-anxieux, ou anxieux tout court, ce monde est une merveilleuse source d'hilarité sarcastique et de poilades amères. L'humanité est trop généreuse avec nous ; c'est le festin, la régalade, la fête du slip sur la tête. Juste Trump... à lui seul, il enfonce le père Ubu, big brother, Caligula et Néron.
Alors je vous le dis, chers Nobés, sucez l'os jusqu'à la moelle, faites vos choux gras des dérapages de nos autocrates, sirotez les nouvelles des furiosités diverses, de mon côté j'essaierai de trouver le temps pour quelques articles aussi agréables que le moustique de minuit qui vient vrombir près de vos esgourdes. En attendant, n'hésitez pas à remonter le cours de ce blog : vous y trouverez de vieux textes consacrés à Trump, Poutine et d'autres, qui aideront à votre édification.
*fenêtre médiatique, bien sûr.