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dimanche 25 janvier 2026

PILULE DU MATIN

    Chers Nobés, je vais être honnête : j'envie mon ancêtre Cro-Magnon. Certes, quand, le matin, il posait son pied, fourré de toison d'auroch, hors de la grotte, il pouvait mesurer les aléas de la vie préhistorique : la concurrence déloyale d'autres tribus de chasseurs-cueilleurs, le mètre cinquante de neige tombé dans la nuit, la raréfaction hivernale du gibier, Cro-Magnonne qui râlait devant le garde-manger bientôt vide...

    Mais, franchement, c'était le bon temps !

    Les primitifs les plus astucieux -ou les plus chanceux, vivaient dans une région tempérée et consacraient, selon les calculs du fameux ethnologue Marshall Sahlins, trois heures à la quête de nourriture alors qu'un smicard doit travailler deux heures et demie pour s'acheter une côte de boeuf et pas loin d'un mois s'il veut siroter un Château Margaux.

    Aujourd'hui ? Le matin, au bord du lit, en enfilant la charentaise (je ne tolèrerai aucun jeu de mots) les vicissitudes modernes s'abattent sur l'homme : dans la salle de bains, pas d'eau chaude (cumulus mort dans la nuit) ; dans les latrines, pas de PQ (et vous comprenez l'interrogation fondamentale de ce blog) ; dans la cuisine, plus de café, ou plus de confiture, ou plus de pain. C'est le début du calvaire, l'entame du golgotha, l'entrée du purgatoire, suivi du plat de résistance : la première douche de la matinée, l'aspersion médiatique. Télé, tablette, smartphone ou journal papier, pas une bonne nouvelle à se mettre sous la dent... La dernière turlupinerie du grand blond à la banane orange et au teint étrange (à moins que ce ne soit l'inverse) ; le dernier "running gag" du tsar kremlinois (qui est plus gremlins que kremlin's) : un éconduit qui trucide belle-maman (à la limite on comprend), femme, enfants, chien, voisins, facteur, avant de s'autocider ; un train qui déraille et qui ratatine x personnes ; un missile qui ne déraille pas et ratatine xxx personnes (pour le pays, vous avez l'embarras du choix) ; un fatigué du bulbe qui prédate sexuellement tout ce qui bouge ; une vague de licenciements dans le narcotrafic (signature de la lettre à l'aide d'un pistolet PSS2 -le silencieux au format de poche)...

    Il y a des matins où je me demande pourquoi je me réveille. Ah, sortir de ma hutte, aux pieds mes charentaises en peau de mammouth, avec, pour seule préoccupation, de trouver un peu de bois sec, quelques baies et un lagopède roupillant sous les saules !

    Ceci dit, finissons sur une note enjouée. Scrollant sans espoir de sourire, je suis tombé sur une photo de Veronika... Le vache des Alpes autrichiennes qui se gratte le dos avec un balai, comme une grande.

    L'homme s'avachit, la vache progresse. 

     

     Allo! Non, mais allo, quoi !

 

P.S. : pour ceux qui ont la charentaise morose, je conseille mon article du 7/4/2017. Marcel Prou(s)t. Ils ne seront pas déçus.

lundi 19 janvier 2026

JOURNAL D'UN PRISONNIER

     Mes chers Nobés, vous savez que je n'ai aucune propension à la satire, pas plus qu'à la raillerie ou à la dérision. Donc, je vais vous raconter une histoire édifiante dans un esprit dépourvu de fiel comme d'acidité.

    N'y voyez pas de similitude sarcastique avec le livre d'un certain N.S., dont quelques esprits pervers se sont gaussé comme quoi jouer les Hugo (Le dernier jour d'un condamné) quand on a passé quinze jours dans le carré VIP de la Santé, c'est un peu gonflé.

    Voici, mon journal d'un prisonnier... 

    "Un jour, dans une zone isolée d'un lieu public, un de mes amis, M.X, torturé par une envie de miction matutinale, se mit en quête d 'un lieu d'aisance, un goguenot quoi ! De nature timide, il en a recherché un sis dans un secteur discret, éloigné de toute foule. Quand ce fut chose faite, il s'empressa de vidanger ce que certains prennent pour des lanternes et, s'étant rembraillé, sa prostate satisfaite, il empoigna d'une main, douteuse sur le plan microbien mais virile, la poignée des latrines. 

    Las ! Sort funeste, scoumoune ignoble, injuste poisse, le coude métallique lui resta dans la main. Impuissant, il entendit l'autre moitié (celle qui commandait le pêne) tomber à l'extérieur. Impossible d'ouvrir la porte. Il leva les yeux : l'espace entre le haut du mur et le plafond était trop étroit pour pouvoir s'échapper. Il était prisonnier. Il appela, cria, tambourina, vitupéra, couina, feula : en vain. Quelle idée de venir se soulager dans la partie la plus déserte d'un espace très fréquenté ! 

    Il dut attendre plus d'une heure pour être désincarcéré, subissant, après les affres de l'emprisonnement, les ricanements mal contenus de ses sauveteurs." 

    Eh bien, croyez moi, mon ami X aurait eu de quoi écrire le journal d'un prisonnier, mais cédant à son tempérament pétri de modestie et d'humilité, il s'est contenté de me narrer sa mésaventure. Moi-même, je me sentirais bien d'en tirer un best-seller, comme l'illustre N.S., que j'intitulerais Deep inside the gogues.

     Allo! Non, mais allo, quoi !

lundi 12 janvier 2026

RETOUR D'ÂGE

     Chers Nobés, vous avez cru que j'avais cassé ma pipe, avalé mon extrait de naissance, passé l'arme à gauche. Que nenni ! Les termites de la vieillesse ont bien commencé à m'attaquer, mais elles n'en sont qu'à l'écorce. Et puis, que voulez-vous, je ne peux pas être au four et au moulin, en Auvergne en train de soigner des brebis, des radis et des taillis, et en Provence à tapoter sur un ordi mes ordinaires billevesées.

    Voilà, c'est dit. Maintenant, vous pouvez -légitimement- vous demander : pourquoi cette résurrection, cette réapparition, cette épiphanie (pour utiliser un mot à mode) ?

    Mais, mes agneaux, vous avez regardé par la fenêtre* ? Je n'arrive plus à compter sur mes doigts les timbrés au pouvoir, les grands projets délirants, les guerres hallucinantes. Certes, vous me direz que Cro-Magnon écrasait déjà la gueule de son voisin à coups de massue, mais c'était un gentil amateur, un bricoleur préhistorique, un pisse-menu de la violence délirante. 

    Si vous n'êtes pas éco-anxieux, ou anxieux tout court, ce monde est une merveilleuse source d'hilarité sarcastique et de poilades amères. L'humanité est trop généreuse avec nous ; c'est le festin, la régalade, la fête du slip sur la tête. Juste Trump... à lui seul, il enfonce le père Ubu, big brother, Caligula et Néron.

    Alors je vous le dis, chers Nobés, sucez l'os jusqu'à la moelle, faites vos choux gras des dérapages de nos autocrates, sirotez les nouvelles des furiosités diverses, de mon côté j'essaierai de trouver le temps pour quelques articles aussi agréables que le moustique de minuit qui vient vrombir près de vos esgourdes. En attendant, n'hésitez pas à remonter le cours de ce blog : vous y trouverez de vieux textes consacrés à Trump, Poutine et d'autres, qui aideront à votre édification.

 

*fenêtre médiatique, bien sûr.